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Saignée pour un mouton
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 14 - 11 - 2010

L'avant-veille de l'Aïd El-Kébir 2010, le nombre de voitures se dirigeant vers les villages de la Mitidja est si grand que toutes les routes sont bloquées, du matin au soir. Il y a bien sûr des moutons jusque dans les places publiques d'Alger, mais il paraît que nos citadins préfèrent acheter à Boufarik, L'Arba, Bougara ou encore en faisant une pointe vers Tablat, ou même un peu plus loin si les circonstances le permettent. Dès sept heures du matin et alors que le soleil n'a pas encore paru, des centaines de véhicules se dirigent vers ces villes qui ceinturent la capitale, les enfants étant aussi nombreux que les adultes. Les policiers ont fort à faire pour réguler un tant soit peu ce flux trop important de voitures et, bien entendu, les parkings improvisés par des jeunes, qui s'arrogent le droit de gardiens, naissent un peu partout. A circonstance exceptionnelle, prix exceptionnel: il faut payer jusqu'à 100 DA pour une place de parking n'importe où et gare à celui qui rouspète. Comme les parkings, les aires de vente de moutons apparaissent un peu partout, au bord de la route, dans des garages, dans des champs et même une boulangerie dans une certaine ville a été transformée en point de vente de moutons ! Ni la boue, ni les grosses flaques d'eau, ni la foule ne rebutent ces milliers de personnes qui se dirigent vers les marchés ainsi improvisés pour la vente de moutons.
Dans ces marchés, vous trouverez de tout: des moutons de six mois à trois ou quatre ans, des gros, des gras, des maigres, des hauts sur pattes ou des trapus, des avec cornes et des sans cornes. Pour les prix, les moins chers valent 15.000 DA et certains béliers sont arrivés jusqu'à 5 millions de centimes mais les plus nombreux restent dans une fourchette comprise entre 20 et 30.000 DA. Dans beaucoup de cas, ce sont les innombrables revendeurs qui font augmenter les prix car ils achètent des bêtes chez les éleveurs et les revendent sur place avec des bénéfices dépassant souvent les 2.000 DA. A l'intérieur des marchés, des adolescents essaient de gagner un peu d'argent en ramenant des brouettes ou des remorques et proposent de transporter les moutons jusque chez les acheteurs ou vers leurs voitures si elles sont garées trop loin. Le prix de la course varie de 50 à 150 DA, selon la distance à parcourir. D'autres achètent des bottes de foin, les divisent en de petites quantités et les revendent à ceux qui vont garder leurs moutons deux ou trois jours avant de les égorger. Ceux-là aussi font de substantiels bénéfices pouvant arriver jusqu'à 3.000 DA par jour, de quoi leur faire oublier jusqu'à leurs études. Le marchandage est de rigueur et les vendeurs proposent toujours leurs bêtes à des prix plus élevés que ceux qu'ils voudraient avoir: «comme cela le client croira que je lui ai fait une remise et il part tout content», explique l'un d'eux.
De leur côté, les clients ne sont pas dupes mais le deal est respecté par les deux parties et chacun y trouve finalement son compte. Mais il faut dire aussi que de très nombreux citoyens repartent les mains vides, parfois avec des enfants qui pleurent car «l'argent que j'ai ramené avec moi ne m'a pas permis d'acheter un mouton, même le plus petit», déclare l'un d'eux qui avait beaucoup de peine à faire taire son fils qui réclamait ‘son' mouton. D'autres, enfin, tournent en rond, vont d'un groupe de personnes à un autre, font mine de soupeser un mouton par-ci, un autre par-là, demandent les prix, puis se dirigent ailleurs en faisant une moue pitoyable. Ils sont là, passant des heures à s'imprégner des odeurs particulières des moutons, de la sueur des gens et de celle de l'urine des animaux dans laquelle ils pataugent. Quand ils sont fatigués, ils repartent la tête basse, les yeux dans le vague, en regardant avec envie ceux qui ont acheté un bélier. Ce sont des pères de famille qui ne peuvent se payer le luxe d'acheter un mouton pour leurs enfants et viennent là, pour faire comme tout le monde et sauver les apparences ! Puis le soir, une fois la nuit tombée, les gens repartent chez eux, ceux qui ont acheté et ceux qui ont regardé seulement.
L'Aïd approche à grands pas et nombreux seront qui le passeront sans le mouton, sans la fierté d'être «un homme qui peut», ils se terreront chez eux après la prière de l'Aïd puis, le lendemain, reçoivent leurs parts de viande envoyées très tôt par les voisins et les parents et finiront par oublier, jusqu'à l'année prochaine.


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