A Blida, après plus d'un mois d'une campagne plutôt terne et remarquable par le désintéressement des électeurs ainsi que le manque d'entrain et de savoir-faire des candidats, nous voilà enfin, devant des résultats qui ont fait pleurer et les uns et les autres. Une partie des candidats a pleuré de joie alors que l'autre l'a fait par dépit. Ceux qui n'ont pas eu la chance de décrocher la timbale, par électeurs interposés, se sont retirés en silence et il y a les autres, ceux qui ont glané des sièges. Mais, au lieu que ces heureuses personnes se reposent quelque peu, avant de reprendre le flambeau des mains des sortants, ces nouveaux élus n'ont pas dormi depuis l'annonce des résultats car une autre bataille les attendait : celle du leadership ! Pour les listes ayant obtenu la majorité absolue des sièges, le problème ne se pose qu'entre les candidats de la même liste car, selon la nouvelle loi, le maire est choisi parmi la liste qui a obtenu la majorité des sièges. Mais là où les problèmes ont commencé à surgir c'est quand aucune des listes n'a eu cette chance, et dans ce cas, les tractations ont commencé, dès jeudi, après que les résultats préliminaires aient commencé à être connus. En effet, les candidats proposaient des alliances, même contre nature, avec les autres formations afin que la coalition qui en sortira, arrivera à la majorité absolue, ce qui lui permettra de choisir le président de l'APC parmi ses élus. Il faut dire que l'enjeu est si important que ni les élus, ni leurs sympathisants n'ont cessé de courir, à droite et à gauche, proposant ceci ou cela pour conclure des accords. De «mauvaises langues» affirment que de riches élus «ont essayé d'acheter des alliances à coups de milliards, le principal pour eux étant de se retrouver à la tête de l'APC». Vendredi, samedi, dimanche se sont écoulés et la rue fait et défait la composante de la future APC, surtout le maire, car les autres ne feront que de la figuration et chacun voudrait avoir l'appui d'un maire qui lui soit proche, afin de lui accorder logement social désiré, ou l'eau tous les jours, ou une petite place pour ériger un kiosque, ou un marché juteux ou même le bitumage des rues du quartier où il habite. De leur côté, les nouveaux élus voudraient plus encore, c'est-à-dire présider l'assemblée et être seuls maîtres à bord, d'abord pour les grandes affaires à conclure durant les cinq années du mandat afin de sortir de la gharga' puis pour la galerie, pour être courtisé et montrer son importance devant la plèbe des électeurs. Pourtant, les tractations n'en finissent pas, les coups bas non plus, ni les plaintes pour trafic d'élection, ce qui fait que la commission qui en est chargée, n'a pas encore réussi à démêler l'écheveau du scrutin. La question, la grande, revient à chaque fois: pourquoi sont-ils à courir ainsi derrière une fonction qui est censée être sans contrepartie mais avec des tracas qui feront oublier femme et enfants ? Se peut-il vraiment que tous ces gens ne cherchent que l'intérêt de leurs villes ? Il faut dire pourtant que leurs prédécesseurs n'ont pas laissé bonne impression ni de bons souvenirs à leurs électeurs et, petit à petit, ces électeurs ont appris à ne demander à l'élu que de les avantager pour une chose ou une autre. Mais espérons, quand même, que l'avenir les fera réfléchir et travailleront pour ceux qui leur ont fait confiance et non pas pour eux-mêmes et leurs commanditaires, bien que, malheureusement, nous assistions plutôt à un partage de la ghanima' au sortir d'une guerre de moyen-âge.