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L'une des explications du malaise d'être algérien
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 04 - 12 - 2014

Une info insistante dans la tête : comme un affaissement de terrain mental : «Il y a très peu de textes d'auteurs algériens dans les manuels scolaires. Cette situation est dramatique. Nous sommes presque des coopérants dans notre pays», a déclaré M. Benramdane, l'inspecteur général de la pédagogie au ministère de l'Education nationale. Dramatique, oui. Comme un abîme. Peut-être que tout vient de là : ce vide de soi. Cela permet à d'autres d'y installer leur fatwas, reliques, chameaux, avis, dieux et visions. La nature a horreur du vide. Et l'identité aussi. C'est peut-être ce cratère que le chroniqueur cherchait et pressentait depuis toujours : on commence la vie par un vide, un creux, un trou, un déni et une condition d'orphelin. Alors tout le reste peut arriver, y compris l'insulte de soi, par soi et siens. «Nous avons des statistiques qui montrent que dans le livre scolaire de la 4e année par exemple, 2% des textes sont d'auteurs algériens et 38% sont anonymes. Cela est une insulte à l'intelligence culturelle algérienne. Comme si nous n'avions pas d'auteurs », a révélé l'inspecteur. Cela explique presque tout : les années 90, la haine de soi, des siens, l'ennui, le refus du reflet, la détestation, le malaise et l'envie de partir : on est vide de l'intérieur, dès la naissance, statistique à l'appui désormais. L'abîme est un chiffre.
Le monde est horrible sans un récit, un mythe ou une histoire d'ancêtres ou de nation. C'est donc cela : le pays est horrible parce qu'à l'école commence la lente vidange qui nous mène à Cheikh Belahmar comme médiateur entre soi et le cosmos. Comment construire une image du pays, réussir une symbolisation des essences, grandir adossé, si dans les manuels scolaires on a 2% d'auteurs algériens ? Comment ne pas s'expliquer alors le hilarant cheikh Chemssou et Ennahar, quand on commence la vie sans noms, sans traces, ni chants des siens ? Comment alors ne pas comprendre cette sourde violence qui nous habite puisque aucun ancêtre ne nous a parlé à l'enfance ? Tout est lié. 30% de textes anonymes, comme une batârdisation organisé du signe et du verbe, une anonymisation, un effacement, une entreprise de génocide. Cela explique ces générations abasourdies et dures, qui traînent dans les rues ne sachant si un écrivain est une rue, une lessive, une place publique ou un joueur de foot. Cela explique cet air maussade qu'a la nation.
Le chiffre est fascinant. Il équivaut à l'entreprise coloniale d'extermination idéologique : les colons ont détruit, le manuel a poursuivi. Les deux ont fabriqué de la violence et de la peine. 2% de textes d'auteurs algériens est un chiffre qui exprime le mépris, le déni, la honte, la certitude pour les concepteurs que ce pays n'a pas de fabriquant de sens, d'écrivains, de visions dignes d'être transmises. 30% de textes anonymes est un désir évident de fabriquer des zombies sans ancêtres.
Le manuel scolaire est un crime, le premier contre la nation algérienne, à l'âge des enfances. Il est laid, mal illustré, hideux, et, pire encore, insultant. Donnez un faux manuel à un perdreau chatoyant, il finira par croire qu'il est un cafard et agira comme tel.


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