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Une académie des sciences ou une université performante. Que choisir ?
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 23 - 04 - 2015

«Seul celui qui désire du fond du cœur trouvera, et seul celui qui frappera violemment à la porte la verra s'ouvrir», Paracelse.
Une effervescence s'est emparée de l'université scientifique. Un groupe de professeurs se prépare à créer une académie des sciences, le syndicat des enseignants CNES participe à la confection d'un nouveau statut des enseignants chercheurs où le grade de professeur est scindé en deux classes A et B mais presque aucun enseignant chercheur ne se lamente de l'épouvantable régression de l'université [1]. Ce type de «nouveau statut» a été abandonné par l'université française depuis une vingtaine d'année. Pourquoi récupère-t-on un produit périmé ? Dans la recherche, il n'y a ni complaisance, ni polémique et ni comptes à régler entre les chercheurs. Un état des lieux discret est ci-dessous brossé. L'existence d'un grand organisme «pour» la recherche est un phénomène récent en Algérie. La science ne requérait nulle organisation, elle n'engageait que de modestes moyens et une solitude dans un bureau ou devant une paillasse de manipulations. Vers la fin du XIXe siècle, la science est devenue utilitaire. Elle a contribué à l'amélioration des conditions humaines [2]. La caractéristique essentielle de l'être humain est sa capacité à penser. Descartes, le père du rationalisme, a énoncé sa phrase célèbre destinée à encourager l'évolution d'une faculté intellectuelle indépendante : je dois penser pour être. De très nombreuses filières de «masters» ou «doctorats» n'existent que pour faire plaisir à tel ou tel professeur. Une proposition d'un master où les étudiants peuvent acquérir un savoir-faire informatique en implémentant des méthodes de résolution de cas, n'a pas été présentée pour études à la CRC 2014 ( Conférence régionale Centre). Elle n'est pas arrivée à sa destination.
Peut-être ce dossier, muni d'un avis favorable du CSD, n'avait-il même pas quitté notre faculté ou notre université. Certes, il faut redouter ou interdire que deux laboratoires ne reçoivent une subvention ou un budget pour la même recherche. Comme on est jeune dans la recherche, de l'âge de quelques décennies, il faut aussi encourager la recherche même sans résultats probants à court ou moyen terme plutôt que récompenser la découverte.
1. A L'UNIVERSITE, Y A-T-IL UN «BON CLIMAT» DE LA RECHERCHE ?
A cette forme interrogative, en général, la réponse est infirmative ou négative. La gestion des carrières des enseignants chercheurs n'existe presque pas. Les enseignants chercheurs passent toute leur vie ou trente deux ans de leur vie ou plus entre un ou deux amphithéâtres, des salles de cours, TD et TP, pour les plus chanceux, entre des murs d'un bureau à l'université et des bibliothèques publiques pour les spécialistes des sciences humaines et sociales. Ils ont l'impression d'étouffer. On nous dit que l'argent de la recherche est disponible et est là pour être utilisé mais l'organisation ou sa gestion est déficiente [3,4]. Les laboratoires existants sont d'ailleurs souvent vides. Des locaux nous ont été attribués pour la domiciliation de notre laboratoire depuis une année. On n'a pas encore pu occuper les lieux à cause d'une nonchalance bureaucratique. Avec l'inflation galopante, beaucoup de chercheurs de laboratoires sont des professeurs mal rémunérés, obligés de retrouver des compléments de revenus dans de la «vacation» ou de l'«association» (cours supplémentaires dans une université). Les chercheurs de l'université ne sont payés pour leurs recherches que s'ils décrochent un projet national de recherche, de type PNR, sinon, ils ne sont pas payés pour leur recherche non inscrite dans un projet administratif ou supervisée par des bureaucrates en «col blanc» qui, souvent, ne participent pas à la recherche. Ces projets ne sont accordés à certains chercheurs que s'ils montrent «patte blanche» ou ceux qui ne font pas de «vagues». On reçoit des avis négatifs qui ne sont pas motivés et ne sont même pas signés par les responsables des commissions des projets, responsables inconnus, et commissions fantômes. On ne sait rien de leur composante. Beaucoup de jeunes thésards assidus sont laissés seuls et ne rencontrent pas leurs professeurs. Aussi, certains thésards ne font-ils que se procurer des sujets de recherche et s'évaporent dans la nature. Ils ne se montrent plus dans le laboratoire.
2. COMMUNICATION DANS LA RECHERCHE
L'Internet, les logiciels, la documentation ne sont rien sans les chercheurs. La recherche est un acte individuel et noble. Une thèse est associée et est appréciée par référence à un individu, jamais à une équipe. Il est d'ailleurs mal vu qu'un professeur fasse signer conjointement son thésard dans un article de revue sans que ce dernier n'ait fourni réellement des efforts de réflexion et de rédaction. Le thésard doit apprendre son métier de chercheur. Le séminaire hebdomadaire dans un département ou une faculté fournit l'occasion de présenter les recherches, de les discuter, de les enrichir, dans un climat chaleureux et stimulant. Or, ce n'est pas le cas dans beaucoup de nos lieux de recherche. Dans certains séminaires, les exposés tournent soit à de la complaisance flagrante, soit à un lynchage en pure et due forme. Un Colloque fournit un horizon et une perspective pour les chercheurs d'un département ou d'un laboratoire. Participer à un Colloque est une occasion de voir ses travaux publiés. La poussée scientifique débouche sur des innovations. Les innovations sont devenues des technologies qui engendrent des problèmes à résoudre par les laboratoires. La CUN, les Conseils scientifiques des département, des facultés et des universités font encore la «fine bouche» en refusant de reconnaître les articles de beaucoup de revues scientifiques internationales, de renommées mondiales sous le fallacieux prétexte qu'elles ne sont pas de «renommée établie» sachant qu'aucune revue algérienne n'existe dans beaucoup de spécialités scientifiques, telles les revues de mathématiques…
3. LA RECHERCHE ET L'ENTREPRISE INDUSTRIELLE
La plupart des innovations ont leur origine dans des pays industriels. On a démantelé tous les secteurs de l'industrie industrialisante et on a investi dans l'Import-Import. L'industrie algérienne où nos industriels n'ont recours qu'à l'achat de licences ou d'usines clés en mains, ne s'intéressent guère à la recherche. La culture scientifique et technique de ses dirigeants est très inférieure à celle de leurs homologues étrangers. En Amérique, les plus grands centres de recherche ont été des laboratoires industriels subventionnés par de grandes affaires privées ou par la Défense nationale ou par des monopoles privés ou publics. En Algérie, même dans l'industrie pétrolière, tels les hydrocarbures, la prospection du gaz et du pétrole se fait par les Américains, le forage des puits se fait par une autre firme américaine, le transport et le pompage du gaz et pétrole se font par des firmes italiennes et japonaises. Les Algériens ne font que dans les scandales de corruption. Même l'exploitation éventuelle du gaz de schiste est prévue par des sociétés étrangères, ce qui ne donnera aucune chance aux Algériens d'acquérir un savoir-faire dans le domaine pétrolier. La morale est qu'il faut : «étudier les terres rares et fabriquer des téléphones portables mais ne perdez pas votre temps à étudier la boue».
4. QUAND EST-CE LA RECHERCHE AVANCERAIT ?
Les colonisateurs ont veillé à ne pas préparer la décolonisation, à ne pas former d'élites algériennes susceptibles de prendre le relais, afin qu'ils conserveront en réalité les rênes du pays. Le niveau déclaré des réserves de change de l'Etat algérien dépasse les 200 milliards de dollars. La recherche prend de l'élan quand elle devient une condition d'existence de l'Etat algérien. Dans des slogans parfois creux, les pouvoirs publics déclarent que la recherche scientifique et technologique est une grande priorité du gouvernement. Certes, des milliards de dinars ont été voté, débloqué mais ne sont pas arrivés entre les mains des chercheurs. Il suffit d'avoir un droit de regards sur le pourcentage de la consommation des budgets de fonctionnement et d'investissement alloués. Les chercheurs ne sont pas arrivés à puiser et épuiser leurs budgets de laboratoires. Comme pour les aliments, il faut une traçabilité des budgets alloués à la recherche. Les enseignants chercheurs vivent désormais dans des universités où les maîtres-assistants devaient s'éteindre pour laisser la place à leurs assistants et où les professeurs devaient périr pour qu'un plus jeune maître de conférences plus intelligent puisse leur succéder. Dans les universités, certains carriéristes sont prêts à tout. Ils ne sont pas l'émanation des meilleurs enseignants chercheurs mais les légats du MESRS. Ils sont grassement payés par l'Etat providentiel pour dire des contrevérités sur la situation universitaire qui est épouvantable et d'enjoliver l'amère réalité d'un LMD honteusement plaqué et imposé en catimini par le FMI, L'UE et la BM, les bailleurs de fonds dans l'éducation. Car s'ils affirmaient le contraire, ils risqueraient non seulement de déplaire à leurs supérieurs, mais de perdre peut-être leur poste. La Banque mondiale et le FMI sont trop contents de nous précipiter une seconde fois vers la banqueroute. Un «ordre» ancien veut toujours perdurer au-delà du temps qui lui est imparti.
CONCLUSION
«Donnez plus de valeur à l'action qu'au résultat» dixit Confucius. Si certains chercheurs n'avaient pas accompli grand-chose au point de vue scientifique durant les dernières années, c'est parce qu'ils étaient sans cesse accablés par la bureaucratie, les réunions harassantes, inutiles, vaines, stériles et s'il y en a eu, la paperasserie, par les écritures dans les quotidiens nationaux pour dénoncer une situation morbide qui malheureusement n'ont pas reçu d'échos favorables. La science est faite par des hommes et les hommes ne sont pas doux. Pierre Curie et Louis Pasteur ont été, eux aussi, honnis par leurs contemporains ... Il faut offrir davantage de la liberté aux chercheurs pour inventer et innover. Les chercheurs doivent en permanence justifier comment les travaux s'intègrent dedans. On peut faire beaucoup de choses sans se justifier à chaque fois.
* Universitaire
Références
1. Ali DERBALA. L'épouvantable régression de l'université. Le Quotidien d'Oran, Opinion, Mercredi 07 mai 2014, p.06. http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5197837
2. Jean-François Picard. La République des savants. La Recherche française et le CNRS. Flammarion 1990.
3. http ://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5184169
4. http ://www.santemaghreb.com/algerie/poivue64.htm


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