La grève des traminots de Constantine a bouclé, hier, sa première semaine, et rien de sérieux à l'horizon qui puisse plaider en faveur d'une reprise du travail. « Nous sommes déterminés à prolonger le mouvement de grève jusqu'à la satisfaction de nos revendications », nous a déclaré, hier, un délégué des travailleurs. Pour lui et ses collègues grévistes, « c'est l'impasse ». Une réunion devrait regrouper, aujourd'hui, les représentants de l'Union locale (U.L.) UGTA avec les représentants de l'administration de la Setram (unité de Constantine), mais on a appris, à ce propos, que la réunion en question n'a pas eu lieu. Dialogue rompu ? « Non, il n'y a eu ni dialogue, ni concertation avec l'administration depuis le début de la grève, et l'on ne peut donc parler de dialogue rompu », précise le délégué des travailleurs. Ajoutant à ce sujet que le dialogue et la concertation doivent avoir lieu à Alger, au siège de la direction générale, c'est là que se trouve la clé de tous les problèmes socioprofessionnels dans lesquels se débattent les travailleurs, depuis plus de deux ans, à Constantine et, plus encore, à Alger et Oran. « Au siège de l'Unité de Constantine, aucun responsable n'est habilité à prendre des décisions, personne n'a de pouvoir de décision pour prétendre discuter et apporter des solutions aux revendications des grévistes. Alors, à quoi bon dialoguer si l'on sait, pertinemment, que les responsables locaux ne peuvent pas faire plus qu'une transmission des doléances à leur hiérarchie ? », estime le délégué des travailleurs, qui relève dans cet esprit que « si négociations, il y a, c'est à Alger qu'elles auront lieu, avec le Président-directeur général de la Setram ». Ainsi, on avance qu'une rencontre entre des syndicalistes de la Centrale syndicale UGTA et des représentants de la direction générale de Setram est prévue, aujourd'hui, pour tenter de mettre fin à ce conflit socioprofessionnel qui s'installe dans la durée. Cela confirme les déclarations du P-DG de la Setram qui a laissé entendre, ces derniers jours, que les travailleurs grévistes ont tort sur toute la ligne, d'autant que des négociations avec les représentants des travailleurs seront entamées « très prochainement ». Une occasion d'essayer au moins de passer dans les plus brefs délais à l'élaboration d'une convention collective, en concertation avec les représentants des travailleurs, et voir comment régler la question de la prime IAP' (120 %) accordée aux cadres, aux agents de maîtrise et quelques autres postes « privilégiés », tout en excluant « abusivement », juge-t-on, une bonne partie du personnel, en l'occurrence les opérateurs de terrain. Le P-DG de la Setram, qui gère les tramways de Constantine, Alger et Oran, avait, récemment, convenu de généraliser cette prime de la discorde à tout le personnel, seulement il avait proposé de leur verser la moitié dans l'immédiat et la seconde dans une autre période, non définie. Chose qui, comme on le sait, a été rejetée par les grévistes. Si des informations ont circulé, concernant une rencontre prévue, aujourd'hui, entre la Centrale syndicale UGTA et les représentants de la Direction générale de la Setram pour trouver des issues aux problèmes posés par les travailleurs, cette dernière a tenu hier à démentir, catégoriquement cette information. Selon SETRAM, qui parle de « manipulation », cette réunion « est inopportune du fait de la situation à Constantine ( ) qui n'est pas revenue à la normalité ».