Prévu dans un premier temps aux Palais des sports Hammou Boutlélis, ce jubilé se déroulera finalement à la salle omnisports de Trouville et nous espérons que tous les férus du basket-ball prendront note. Lorsque la nouvelle fut connue, tous les sportifs - et pas seulement les férus de la balle au panier - ont poussé un ouf de soulagement. Quel est le motif de cette satisfaction ? Tout simplement l'organisation du jubilé de Kaddour Bilekdar, l'un des plus prestigieux sportifs algériens, toutes disciplines confondues. Ce n'est que justice au regard de l'immense carrière de ce champion hors du commun qui a consacré toute sa vie au basket. A 78 ans révolus, il était temps qu'on pense à lui. A Oran, et on ne sait pas trop pourquoi, ce genre de situation existe, alors que la logique commande de passer outre les réticences. Nous savons que de nombreux sportifs ont souffert de ces attitudes. Certains ne sont plus de ce monde et sont partis avec leur frustration, alors que d'autres sont dans l'attente d'un geste, sans rien demander, pour préserver leur dignité. Dans le cas de Bilekdar, l'idée a germé lors du jubilé du regretté Soudani Abdelkader à Beni-Saf, il y a quelques années, et ce fut Hadj Mamoun, en véritable sportif, qui a proposé au président de l'APC Boulenouar de prendre en charge ce jubilé. Aussi louable et généreuse qu'ait été cette offre, elle serait sortie du cadre de la normalité. Kaddour aurait pu accepter, mais, tout en remerciant son interlocuteur, il a refusé poliment. Heureusement, cette année, le projet a été pris à cœur par Djamel (fils de Kaddour), Foul Dahou et Benacer Hadj. Lorsque de tels sportifs s'impliquent, c'est la garantie assurée étant leur affection envers le héros du jour. Le DTS d'Oran est contacté et affiche son entière disponibilité. Par ailleurs, il se pourrait que Tayeb Mehiaoui, ancien président du MCO, soit de la partie. Avec l'entrée en lice du président du COA, Mustapha Berraf, et du président de la ligue d'Alger de basket Benchemam - et qui n'est autre que l'ancien coéquipier de Bilekdar en équipe nationale -, ce projet a pris une envergure nationale, et ce n'est que justice. Aussi, la préparation est allée bon train ces dernières semaines, sous l'égide du wali d'Oran et de l'APW, informés à temps pour que la réussite de cet évènement exceptionnel soit complète. Il faudra ajouter que Morro, le président du SPA/ASMO, a promis son aide, et il n'est pas à écarter qu'un sponsor majeur soit de la partie. Le MCO a aussi une dette envers ce sportif qui a apporté de nombreux titres au Mouloudia à titre d'entraîneur sous les deux sigles, MPO et MCO. Comme joueur, l'ASMO a enrichi son palmarès avec trois titres nationaux et une Coupe d'Algérie. Il est donc logique que ces deux clubs soient présents. Aussi, est-il utile de préciser que ce jubilé se déroulera sur deux journées, les 17 et 18 septembre prochains, avec un programme conséquent. Jeudi, deux écoles se produiront, une façon de prouver que le basket existe toujours à Oran. Puis, l'ASPTTO et le COBB s'affronteront avant le choc NB Staouli- GS Pétroliers où les internationaux sont légion. Vendredi matin auront lieu le match de classement et la finale, tandis que l'après-midi sera réservé aux matches sélection Ouest - sélection Est. A 17h00 deux « Ententes » seront aux prises, MPO - MCO contre MPA - WAB, deux autres places fortes du basket qui ont tenu à participer à cette fête d'un serviteur de la discipline. Gageons qu'il y aura d'émouvantes retrouvailles et beaucoup d'émotion pendant ce jubilé et à la cérémonie de clôture. Il reste à signaler que les délégations seront hébergées dans le magnifique cadre de la maison des jeunes construite récemment au lieudit La Madrague, à quelques encablures d'Aïn El-Turck. Enfin, nous pensons qu'il est nécessaire d'effectuer un survol de l'impressionnante carrière de Kaddour Biulekdar. A 13 ans seulement, il signe sa première licence à l'AS Eckmühl, mais il est vite repéré par un dirigeant des fameux « Spartiates », la meilleure équipe de l'époque. Cadet deuxième année, il bénéficie du double sur-classement pour intégrer le cinq senior, exclusivement constitué d'Européens. En 1953, «l'Echo d'Oran» titre : «On a vu deux perles de grand talent», à la suite du match dans le match entre Bilekdar et Soudani, du CR Béni-Saf qui auront deux parcours parallèles après l'indépendance. Durant deux saisons, il évoluera comme professionnel au CEP Lorient (France). Insoumis par rapport au service militaire français, il rentre à Oran où il est arrêté par la gendarmerie. Il passera deux mois et demi en corvées au centre de Nouvion (El Ghomri) et perd 14 kilos. Il devait être dirigé vers Palestro, mais il a eu la chance d'être remarqué par un officier français féru de basket. Il est affecté à Beni Messous, signe à l'AS Air France qui, grâce à Kaddour, remporte le titre aux dépens de son grand rival, le Ridja Sports. Il refuse d'alléchantes propositions et retourne dans sa ville natale. Après l'indépendance et, avec l'inoubliable Baghdad Aboukebir, il participe à la reprise du basket à Oran. Sous les couleurs de l'ASMO, il rafle de nombreux titres, aidé par les frères Benmessaoud, Mimouni, Brahimi. Sous le sigle du MPO et du MCO et à titre d'entraîneur, il enrichit son palmarès. Avec 155 capes et capitaine de l'équipe nationale avec des participations aux Jeux de l'Amitié 1963, ceux de Djarkarta 1963 aux J.A. de Brazzaville 1965, aux JM de Tunis, 1967, au championnat d'Afrique 1968 et au championnat arabe de Tunis en 1971, Bilekdar possède un palmarès incomparable, sans oublier son parcours de DTN et d'entraîneur. Lors de ce jubilé, Bilekdar aura certainement une pensée émue envers son grand père Mohamed et son oncle Salah qui ont su le conseiller.