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Les ports nationaux face aux marchandises dangereuses
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 12 - 11 - 2020

L'explosion dans le port de Beyrouth dans un magasin de stockage de marchandises dangereuses nous laisse réfléchir sur le risque que pourrait poser des marchandises dangereuses déchargées dans les ports ainsi que leur prise en charge lors de ce déchargement
et leur séjour éventuel.
En effet l'explosion du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth a fait 177 morts et plus de 6.500 blessés. Le drame avait pour origine une explosion dans un entrepôt où étaient stockées, selon les autorités, 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium depuis six ans, « sans mesures de précaution » de l'aveu même du Premier ministre démissionnaire Hassan Diab.
Juste après cette explosion au port de Beyrouth, le ministre des Transports Lazhar Hani s'est rendu au port d'Alger pour s'enquérir de la situation des marchandises en général et de la marchandise dangereuse en particulier. A l'ordre du jour de cette visite, figurait la visite des installations et lieux d'entreposage du port d'Alger pouvant réceptionner des produits dangereux .Sur place, le ministre a constaté de visu que de nombreux dépôts contenaient diverses marchandises mais aucun produit dangereux. D'ailleurs, le port d'Alger ne possède pas de parc à feu dédié à l'entreposage de marchandises dangereuses. Lors de cette visite, le ministre des Transports a déclaré : « Il n'y a aucune marchandise dangereuse ou matière explosive dans les ports du pays, l'Algérie a été parmi les premiers pays à interdire la saisie ou le stockage de marchandises dangereuses au niveau des ports », ajoutant que le texte d'interdiction remontait à 1975.
Il est à rappeler dans ce sens que 98% des importations de l'Algérie passent par les ports nationaux. Ce sont donc environ 52 millions de tonnes de marchandises qui transitent, à l'import, par nos ports annuellement. Parmi les marchandises déchargées, il y a quand même une quantité importante classée dangereuse qui fait partie de ce tonnage réalisé annuellement par nos ports nationaux. Ces marchandises portent sur des denrées alimentaires, céréales, matériaux de construction, mais aussi des marchandises dangereuses. Les marchandises dangereuses servent pour la fabrication des cosmétiques, batteries, extincteurs... etc.
Nous estimons qu'il n'est jamais assez de parler des marchandises dangereuses, ces produits qui transitent par ces infrastructures portuaires importantes desservant des hinterlands comprenant parfois jusqu'à quinze wilayates. Souvent on parle du transport des marchandises dangereuses, transport maritime, ferroviaire, mais la manutention et le transit par les ports ne sont évoqués que rarement.
L'ordonnance n° 75-40 du 17 juin 1975 portant organisation du séjour des marchandises dans les ports algériens est claire sur le stationnement des cargaisons dans les ports. Elles ne sont en aucun cas autorisées à stationner dans les ports et doivent être débarquées directement sur moyens de transport.
Aujourd'hui le problème de stockage des marchandises dangereuses dans les ports se pose. En effet les parcs à feu conçus pour le stockage des marchandises dangereuses en Algérie n'existent pas, mis à part celui du port de Béjaia qui répond aux normes internationales.
Le risque d'assister au séjour des marchandises dangereuses dans les ports et sur les quais est présent. Cette situation se présente lorsque le navire aura quitté le port et que le produit dangereux débarqué non enlevé par son réceptionnaire, séjourne encore sur le quai, exposé à tous les risques. Il arrive souvent qu'une fois les marchandises dangereuses déchargées dans le port souffrent sur les quais parce que les formalités d'évacuation ne sont pas accomplies à temps par le transitaire. Ce transitaire qui agit au nom du fournisseur n'arrive pas à effectuer par exemple les formalités de dédouanement de ces cargaisons dangereuses débarquées, et ce pour des raisons diverses (dédouanement en retard, absence d'autorisation ministérielle, de moyens d'évacuation ou autres...). Lorsque le navire est toujours à quai et que les formalités ne sont pas accomplies, le produit dangereux, non autorisé à être débarquée donc sur les terre-pleins et en l'absence d'un parc à feu, retourne alors vers le port de chargement. Cette situation pénalise les clients qui ont choisi le port de déchargement, tant sur le coût du fret que sur les délais de livraison des produits dangereux aux réceptionnaires. Ces marchandises qui n'ont pas été débarquées et/ou évacuées retournent donc vers les ports de chargement quand le navire est toujours à quai.
Les services concernés du ministère des Transports, en l'occurrence la direction de la marine marchande et des ports, ont pris en charge ce volet par l'obligation aux ports d'aménager une infrastructure dont les capacités d'accueil doivent répondre aux marchandises dangereuses transitant par le port. En effet, cette obligation a été dictée par le décret exécutif n° 19-157 du 30 avril 2019 fixant les règles et les conditions du transport des marchandises dangereuses par mer ainsi que leur séjour et transit dans les ports.
Cette bonne nouvelle ne fait que répondre à une attente des usagers portuaires qui ont longtemps souhaité la création de parcs à feu dans les ports qu'ils choisissent pour le transit de leurs cargaisons dangereuses. Nous sommes d'accord que ce ne sont pas tous les ports nationaux qui peuvent convoiter un tel projet d'aménagement d'un parc à feu à l'intérieur de l'enceinte portuaire, à cause de leur configuration parfois confondue avec la ville, souvent à forte densité de la population à l'image du port d'Alger par exemple. Mais ce nouveau texte a ouvert une brèche dans ce sens, il accorde la possibilité de l'aménagement d'un parc à feu en zone extra-portuaire, ce qui laisse le choix à l'Entreprise portuaire de choisir une assiette hors de la ville et de ce fait écarter tout danger. Les principaux faits nouveaux apportés par ce texte sont l'aménagement dans les zones portuaires, ou le cas échéant dans les zones extra-portuaires, d'installations spécialisées réservées à l'entreposage de marchandises dangereuses « parcs à feu ».
CONCLUSION :
Le parc à feu dans un port sera d'une utilité grandiose tant pour l'autorité portuaire que pour l'usager portuaire, surtout que le tonnage annuel de ce produit a connu ces dernières années une courbe ascendante après, entre autres, le développement du cosmétique en Algérie. Le développement de l'industrie chimique et pétrochimique a fait apparaître également sur le marché une gamme de produits dont un grand nombre est considéré comme étant dangereux.
L'aménagement d'un parc à feu dans un port éviterait le retour des marchandises dangereuses vers les ports de chargement dans le cas où le temps nécessaire pour l'accomplissement des formalités de leur évacuation ne suffirait pas au transitaire. Chaque mois sont signalés des retours de cargaisons de marchandises dangereuses vers les ports de chargement faute d'accomplissement des formalités à temps et en l'absence d'un parc à feu pour leur séjour temporaire, ce qui cause des désagréments tant pour le transitaire que pour le réceptionnaire (retard du projet, manque à gagner...). Et si ces produits sont déchargés sur le terre-plein du port, leur prise en charge présenterait plus de risques que lorsqu'ils sont dans une installation spécialisée, avec des consignes de sécurité et des moyens adéquats tant humains que matériels.
L'existence d'un parc à feu offre également des avantages tant pour le réceptionnaire que pour le port. Le trafic des marchandises dangereuses draine un autre trafic, à savoir les marchandises diverses. Un client qui ramène par exemple une (01) tonne de produits dangereux du port de Houston ou de Brême profite pour charger en même temps ses marchandises diverses sur le même navire. La même chose pour un armateur qui est sollicité pour le transport d'une quantité de marchandises dangereuses des ports précités ou autres vers un port algérien alors il cherche et/ou lance un appel pour ceux qui ont du trafic vers les ports algériens concernés. Sur le plan de la tarification, le produit dangereux représente pour l'Entreprise portuaire un trafic riche et compenserait une éventuelle baisse du chiffre d'affaires notamment pour les ports secondaires.
Nous estimons que l'entreposage en général est requis quand il y a un manque de concordance entre deux flux de transport, l'entreposage joue alors un rôle de régulateur, ce qui entraîne un séjour d'une durée plus ou moins longue de la marchandise dans le port. Donc, à notre sens, le port se doit de mettre à la disposition des usagers des possibilités d'entreposage pour les marchandises dangereuses (parcs à feu) car il s'agit d'un service essentiel pour le déroulement normal des opérations portuaires et générateur de fret. Il est donc nécessaire et impératif, comme le dicte le nouveau décret exécutif, de créer le parc à feu surtout pour un port qui reçoit ces produits en quantité notamment et que les sociétés manipulant le produit « dangereux » l'ont choisi comme point de transit.L'aménagement d'installations spécialisées réservées à l'entreposage de marchandises dangereuses « parcs à feu » ainsi recommandé par ce nouveau texte répond largement à une attente des usagers portuaires ainsi qu'au staff des directions capitainerie pour agir confortablement avec un règlement particulier inspiré des conventions internationales et du présent décret exécutif.
Cet outil tant attendu par le corps des officiers de port mettrait fin aux risques encourus dans le suivi des marchandises dangereuses dans l'enceinte portuaire et permettrait à ce corps d'agir sans stress, sans contrainte, de prendre des décisions courageuses et prévus par une règlementation tant attendue.
Le séjour prolongé des marchandises dangereuses sur les quais (pas dans le parc à feu) pendant quelques heures en attendant leur évacuation hors de l'enceinte portuaire est vécu souvent par l'ensemble des ports algériens. Le nouveau texte répond bien à ce souci en prévoyant, dans le cas où les matières dangereuses doivent séjourner plusieurs heures dans la zone portuaire, la disponibilité d'une installation spécialisée pour ce dépôt de courte durée (Article 46 alinéa b). Maintenant si ces heures se prolongeraient en journée pour diverses raisons, l'autorité portuaire pourrait prévoir dans son règlement particulier du port le transfert de ces produits de l'installation spécialisée vers le parc à feu. Ce transfert se ferait bien sûr aux frais, risques et périls du réceptionnaire n'ayant pas honoré ses engagements d'évacuation immédiate de la zone portuaire. Enfin un espace est réservé aux produits dangereux pour séjourner pendant quelques heures en attendant leur évacuation du port.
L'aménagement d'installations spécialisées pour l'entreposage de produits dangereux est arrivé en temps opportun au moment où la prise en charge des matières dangereuses dans nos ports nécessitait des solutions urgentes. Ce qui était un souhait depuis des décennies est aujourd'hui une réalité qui va soulager l'autorité portuaire dans le traitement de ce volet ainsi que les consignataires et transitaires face aux tracasseries de retour de ces cargaisons vers les ports de chargement à l'étranger.
Toutefois, il est à noter aussi que la création du parc à feu n'épargne pas l'éventuelle déclaration d'accidents causés par les marchandises dangereuses. Les fausses déclarations pourraient être une cause d'accident. Le transport des marchandises dangereuses étant coûteux, certains importateurs s'abstiennent de les déclarer, et leur manipulation au niveau des ports est réduite à un traitement d'une cargaison non dangereuse d'où les éventuels accidents, explosions...
*Ex Commandant de port / Cadre dirigeant E.P. Mostaganem - Expert maritime agréé près les tribunaux (Non opérationnel)


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