Pris en tenaille entre Américains et Russes, les Européens peinent à trouver la parade face à l'arme énergétique brandie par Moscou. La riposte du chef du Kremlin à la batterie de sanctions économiques décidées par les USA et leurs alliés contre la Russie met les Européens, la locomotive allemande en tête, dans une situation des plus inconfortables vis-à-vis de leurs peuples d'abord. Obligés de payer en rouble leurs approvisionnements en gaz russe, sous peine de se voir privés de cette précieuse ressource en cette période, les Européens se retrouvent écartelés entre faire dans «le suivisme» derrière les USA ou prendre le risque de voir Moscou couper les vannes. Après donc plus d'un mois depuis le début de l'opération militaire, la guerre va donc se jouer sur le terrain énergétique surtout pour cette partie du monde fortement dépendante du gaz russe. Il faut au moins cinq ans pour l'Union européenne, jusqu'en 2027, pour arriver à ne plus dépendre des combustibles russes, une échéance encore lointaine. Le temps pour Moscou de faire avancer ses pions et atteindre ses objectifs visés par l'opération militaire en Ukraine. La réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union à Versailles pour élaborer les réponses économiques et militaires au choc de l'invasion russe risque d'être un coup à blanc face à l'intransigeance des Russes. Que le sommet de Versailles informel décide en parallèle d'exclure une procédure rapide d'adhésion de l'Ukraine dans le bloc des 27 est peut-être une solution qui va dans le sens des exigences de la Russie. Le coup d'échecs à la Kasparov joué par le chef du Kremlin contre le plan de résilience de l'UE et ses alliés risque bien d'obliger l'axe antirusse à privilégier la négociation plutôt que l'affrontement, déjà fort préjudiciable à l'économie mondiale.