Dans sa riposte contre les sévères sanctions économiques imposées par les pays européens et les Etats-Unis, la Russie menace de fermer les vannes du gaz qui alimentent à hauteur de 40% l'Europe. Des sanctions économiques très dures ont été décidées par Bruxelles contre la Russie dans le sillage de la guerre en Ukraine, dont le débranchement du système interbancaire Swift, le gel des avoirs des oligarques et des actifs de la Banque centrale, et on n'a pas fini de chercher à mettre en œuvre d'autres mesures pour faire plier Moscou aux exigences européennes et américaines, à savoir l'arrêt de toutes les opérations militaires, mais un seul secteur a été épargné par cette batterie de sanctions, en l'occurrence l'énergie. Parce que, dans l'immédiat, l'Europe ne peut se passer du gaz russe. Un atout que n'a pas manqué d'exploiter la Russie. Les pays européens, forts des contrats entre leurs mains, qui sont conclus sur le moyen et long terme pour les livraisons de gaz, ne croyaient pas que les Russes puissent utiliser cette arme en guise de riposte à leurs sanctions. Mais il fallait compter sans la ruse de stratèges russes, qui ne sont pas allés directement vers l'option de l'arrêt des approvisionnements des pays européens. Moscou a tout simplement exigé le paiement en rouble (monnaie convertible) du gaz russe livré à l'Europe. «Personne ne va pas livrer de gaz gratuitement. C'est tout simplement impossible. Et on ne peut le payer qu'en roubles», a prévenu le porte-parole du Kremlin, sous-entendant que si le paiement ne s'effectue pas en rouble, la fermeture des vannes est inévitable. Ainsi, le président Vladimir Poutine a averti les entreprises qui ont passé commandes de gaz russe que seul le rouble est accepté en monnaie de paiement des livraisons de gaz, donnant un ultimatum d'une semaine aux responsables pour élaborer un nouveau système de règlement en roubles (qui arrive à terme ce jeudi 31 mars). Lundi dernier, lors d'une réunion des pays du G7, le ministre allemand de l'Economie, Robert Habeck, a estimé qu'exiger un paiement en roubles du gaz russe n'est «pas acceptable», et a appelé les entreprises concernées à «ne pas répondre à la demande de Poutine». Les Européens sont mis devant un véritable dilemme, en acceptant l'exigence des Russes, ils vont incontestablement soutenir le rouble, qui se trouve au plus bas suite aux dernières sanctions économiques décidées contre la Russie. Tout mais pas ça ? Vraisemblablement, on se tourne vers le pire en Europe, où de nombreux pays tentent de trouver des solutions urgentes. Les Allemands sont allés chercher un nouvel approvisionnement en GNL au Qatar et les Italiens lorgnent du côté de l'Algérie pour augmenter les livraisons de gaz, et on pense même à relancer la production des centrales à charbon, en attendant de trouver d'autres solutions pour la prochaine saison hivernale. La solution du compromis entre toutes les parties, pour la paix, n'est-elle pas la meilleure ?