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L'Egypte hésite
A QUELQUES HEURES DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE
Publié dans Réflexion le 23 - 05 - 2012

Aujourd'hui, Mercredi, les Egyptiens éliront leur président, celui qui succèdera à Hosni Moubarak et à une chaotique transition assurée par l'armée. A quelques heures, l'issue de ce scrutin, pourtant historique et crucial, semble bien incertaine.
Les Egyptiens se rendront, aujourd'hui aux urnes pour une élection présidentielle historique, présentée comme la première libre après des décennies d'ère Hosni Moubarak, président que le «Printemps arabe» a fait chuter le 11 février 2011. Un scrutin crucial aussi car il intervient après plus d'un an d'instabilité, l'armée au pouvoir n'ayant pas réussi à rétablir l'ordre dans le pays. Pourtant, à la veille de cet événement tant attendu, c'est un sentiment de résignation qui semble l'emporter sur l'espoir d'une nouvelle ère. Aucun candidat n'a réussi à s'imposer et à rassembler les Egyptiens. L'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et chef de file des réformateurs égyptiens, Mohamed ElBaradei, qui fut une des figures de la révolution, et présidentiable favori, a retiré sa candidature en janvier dernier, protestant contre l'incapacité de l'armée à mettre en place un cadre démocratique (un gouvernement d'union nationale, une nouvelle Constitution…) sans lequel toute élection sera vaine selon lui. Restent aujourd'hui douze candidats en lice, dont le directeur de la Ligue arabe Amr Moussa, qui fait figure de favori –si tant est que l'on puisse parler de «favori» tant les Egyptiens semblent divisés. L'ex-ministre des Affaires étrangères, relégué secrétaire général de la Ligue des Etats arabes depuis 2001 par le président Hosni Moubarak qui redoutait sa popularité et son influence, Amr Moussa s'est imposé comme l'une des personnalités politiques égyptiennes les plus plébiscitées pour l'«après-Moubarak». Malgré son statut d'ancien membre du régime –il fut ambassadeur en Inde en 1987, puis aux Nations Unies en 1990, puis chef de la diplomatie de 1991 à 2001- il a dans un premier temps réussi à convaincre les révolutionnaires de sa volonté de démocratie, de réduire des inégalités, de stimuler l'emploi et d'augmenter les libertés individuelles et politiques du peuple… Mais comme l'a expliqué à ParisMatch.com Moustafa Bakry, cofondateur de l'association des Jeunes égyptiens du 25 janvier à Paris, par ailleurs fondateur du mouvement «A toute la communauté égyptienne à Paris» -qui rassemble plusieurs mouvements d'étudiants égyptiens qui étudient à Paris et a organisé les actions de soutien au peuple égyptien et contre le régime Moubarak-, Amr Moussa a déçu. «Pas une seule fois il n'a cherché à prendre position pour la révolution, contre l'armée», a-t-il déploré.
Incertitude sur les Frères musulmans
En outre, si ses «divergences avec Moubarak sur la question israélienne» (Moussa est pour la création d'un Etat palestinien), qui lui valurent d'être «écarté», lui conférèrent une réputation d'indépendance d'esprit et de force de caractère, il reste pour nombre de révolutionnaires un cacique de l'ancien régime. «Il a trempé avec le régime», a résumé Didier Billion, spécialiste d'Afrique du Nord à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), interrogé par nos soins. Malgré tout, cet homme de 76 ans, de par son âge, son «expérience» et sa «personnalité», inspire le «respect» à une grande partie de la population, a souligné le spécialiste. Avec Ahmed Chafiq, il fait partie des deux figures de l'ancien régime favorites –et plutôt soutenus par l'armée, qui accordera ses voix au «candidat qui s'engagera à ne pas contrôler [son] budget», comme l'a noté Didier Billion.D'après Moustafa Bakry, les deux autres favoris seraient d'une part, l'ancien journaliste et député de 58 ans, Hamdeen Sabahi, qui a soutenu ElBaradeï et se revendique «nassériste», défenseurs des pauvres -candidat préféré des «révolutionnaires», comme ils s'appellent eux-mêmes. Et d'autre part, Mohamed Morsi, qui n'est autre que le président du parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), l'organe politique des Frères musulmans, dont il est le candidat après l'invalidation de la candidature de leur «choix numéro un», Khairat el-Shater. Morsi est ingénieur de formation; il est âgé de 61 ans. Alors que Bakry ne croit pas en la victoire des Frères musulmans -«les gens se sont rendus compte qu'ils ne s'intéressaient pas au peuple»-, Didier Billion, lui, n'en est pas si sûr. «Ils revendiquent quand-même 400 000 militants et quadrillent la population à tous les niveaux», a-t-il souligné. (Rappelons qu'ils étaient ressortis grands gagnants des précédentes législatives, en mars dernier.)
Sabahi en tête des votes des Egyptiens de France
D'après les pronostics cités par Didier Billion, c'est un autre candidat qui arriverait en deuxième position –toute proportion gardée encore une fois: Abdel Moneim Aboul Foutouh, 61 ans, islamiste modéré, ancien membre du bureau des Frères musulmans, soutenu par les salafistes. Pour Moustafa Bakry, ce dernier a «un bon programme», mais les révolutionnaires ne lui font pas entièrement confiance. Hier, alors que les Egyptiens de France étaient appelés aux urnes, c'est Sabahi qui est ressorti en tête, avec 687 voix selon les dernières estimations, suivi de... Chafiq, avec 667 voix, puis Foutouh (651), Moussa (548), et Morsi (371). Selon Moustafa Bakry, ces résultats, ambivalents, ne sont pas représentatifs de la population égyptienne, mais du fait que «beaucoup de capitalistes égyptiens résident en France, et préfèreraient retourner à l'ancien régime, qui protégeait leur fortune». «Comme dans les pays du Golfe, où Morsi est arrivé premier», a-t-il précisé. Au bout du compte, force est de constater que le «paysage politique est difficile à décrypter» à ce jour dans le pays des pharaons, comme l'a conclu le chercheur de l'Iris, qui estime que «quel que soit celui qui sera élu, il héritera d'une situation catastrophique (économie, tourisme…) et ne pourra pas tout arranger d'un coup de baguette magique, développe-t-il. Il faudra plusieurs mois, voire plusieurs années, pour stabiliser le pays.» Ce qui n'empêche que ces élections sont «d'une extrême importance» dans le «processus révolutionnaire», a précisé le spécialiste.


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