Les travailleurs de dizaines de communes du pays ont entamé, hier, un mouvement de grève de trois jours. Ayant eu recours à la même action en début de mois, les communaux –comme ils se complaisent à le dire- reviennent pour ainsi dire à la charge pour mettre la pression sur les pouvoirs publics. Hier, de nombreuses municipalités ont été plus ou moins paralysées tandis que d'autres ont connu une légère perturbation qui n'a pas eu beaucoup d'effet sur le quotidien des administrés. Les éboueurs, les personnels des mairies et des services administratifs se sont mobilisés pour exiger, de nouveau, la satisfaction de leurs revendications. Seules les transcriptions d'actes de décès ont été assurées, avons-nous constaté hier. Dans le reste des services essentiels, comme le ramassage des ordures, l'activité était au point mort, à la limite de la paralysie. Il en a été, de même, pour les activités administratives. Les travailleurs de ce secteur, toujours sans statut particulier, manifestent leur colère pour dénoncer la dégradation de leur pouvoir d'achat et la précarité de leurs emplois, car toujours contractuels. Ils se disent «exclus de toutes les augmentations salariales et du régime indemnitaire, ainsi que de la classification catégorielle de la nouvelle grille des salaires de la Fonction publique». Initié par le syndicat des communaux affilé au SNAPAP, le mouvement n'a connu d'écho que dans les communes où ce syndicat est bien représenté. Dans certaines localités, le constat était tout autre. Ayant appris le mot d'ordre de grève par voie de presse, les travailleurs de ces communes affirment qu'ils ne se sentent pas concernés. «Nous avons travaillé normalement tout comme lors du dernier débrayage», nous affirmait hier un agent communal qui n'adhère à aucun syndicat. Dans une autre commune, ce sont les adhérents de l'autre syndicat qui ont travaillé normalement. Les communaux sont, pour ceux qui le désirent, affilés à deux syndicats, l'UGTA et le SNSC. Ce dernier est affilié au SNAPAP, l'initiateur du mouvement de grève de trois jours. Le SNAPAP n'est, cependant, pas implanté ou bien représenté dans de nombreuses municipalités qui restent dominées par l'UGTA, quand les travailleurs des communes choisissent, carrément, de n'adhérer à aucune organisation. Si le syndicat organisateur affichait hier sa satisfaction, quant au suivi conséquent du mouvement de grève notamment au centre du pays, il reste qu'aucune donnée crédible n'a été avancée à l'heure actuelle. Il faudra, sans doute, attendre que les choses se décantent pour pouvoir procéder à une évaluation objective.