Les grands projets de développement local sont maintenus par le gouvernement, en dépit de l'impact sur l'économie nationale de la chute des prix de pétrole depuis 2014. Ces projets doivent notamment répondre à la demande sociale, dont l'éducation, la santé, les routes et l'habitat, en particulier dans la wilaya d'Alger. Cette recommandation, faite lors de la réunion Gouvernement-walis tenue fin août dans la capitale, donne un coup d'accélérateur, notamment dans la wilaya d'Alger au programme de relogement d'habitants de sites précaires, de bidonvilles, de terrasses d'immeubles, qui porte globalement sur 84.700 logements pour 75.752 familles recensées et concernées. Une année après le lancement de cette opération (21 juin 2014), plus de 20.000 familles ont été relogées dans différents sites des communes des wilayas d'Alger et de Blida. Cette opération, qui se poursuit d'ailleurs jusqu'au relogement de toutes les familles concernées par ce programme, n'a jamais été menée jusque-là depuis l'indépendance nationale. Outre ce programme de relogement d'habitants de sites précaires, la wilaya d'Alger mène un programme de réhabilitation du vieux bâti sur 55.302 logements répartis sur les 14 communes du centre-ville et les 792 immeubles actuellement en cours de réfection de la première phase d'un ambitieux projet de rénovation urbaine dans les grandes villes du pays. C'est le président Abdelaziz Bouteflika, qui a ordonné cette grande opération de rénovation urbaine après avoir constaté lors de ses déplacements dans de nombreuses wilayas l'état de délabrement avancé de plusieurs immeubles datant de l'ère coloniale. Ces opérations de développement local (habitat, santé, éducation, routes, transports, ...) sont ainsi menées par les pouvoirs publics en dépit de la contraction des recettes pétrolières sur un marché stressé par plusieurs indicateurs, dont la crise budgétaire dans certains pays d'Europe et le reflux de la croissance en Chine. Mais, les sombres prévisions faites par certains ''experts'' sont battues en brèche par la volonté de l'Etat de poursuivre avec beaucoup de sérénité le programme de développement quinquennal (2014-2019) du président Bouteflika. Bon cru pour la décennie 2000-2013 En fait, l'Algérie avait, à fin 2013, engrangé d'excellents résultats financiers grâce à une gestion prudentielle, qui lui ont permis d'accroître ses réserves de change et donc de bien gérer ce contrechoc pétrolier. Dans la foulée, elle a réduit à un niveau insignifiant sa dette extérieure publique (un peu plus de 300 millions de dollars) par rapport aux 30 milliards de dollars de la fin des années 1990, selon des chiffres de la banque d'Algérie. Des avancées importantes dans la bonne gouvernance économique et la gestion prudentielle des réserves de change ont également permis au gouvernement de mener sans contraintes financières tous les projets de développement local du programme quinquennal du Président Bouteflika. Et, au menu de l'agenda du gouvernement, le secteur de l'habitat a été sans conteste celui qui a le plus, et qui continue d'ailleurs, à mobiliser autant les efforts que l'attention des pouvoirs publics pour répondre par une offre de logements de qualité à une formidable demande sociale. Tous programmes d'habitats confondus, l'Algérie construit depuis au moins trois années un peu plus de 500.000 logements par an, ce qui a non seulement créé des milliers d'emplois, mais également fait rebondir la demande sur les matériaux de construction et, fatalement fait tourner les entreprises publiques et privées. Ce rebond de la construction de logements équivaut à au moins 1 point de croissance annuelle, selon des experts. L'effort financier de l'Etat reste, lui, important: près de 3.500 milliards de dinars (47,2 milliards de dollars) sont consacrés directement à la demande sociale en matière d'habitat dont le programme de réalisation est passé à 2,5 millions de logements. Un effort particulier donc de l'Algérie à un moment où le marché pétrolier entamait son trend baissier sur le sillage de la forte contraction de la croissance en Chine (évaluée à moins de 3% actuellement) et dans certains pays de l'UE (Espagne, Portugal et aujourd'hui la Grèce), que du recul de la demande de brut américaine après le début de l'exploitation des gisements schisteux d'Amérique du Nord. Mieux, les projets structurants en matière de développement local (habitat, santé, éducation, routes, AEP) vont se poursuivre, et ne seront pas affectés par la baisse des recettes pétrolières, prévues à un peu moins de 35 milliards de dollars à fin 2015 contre 62 mds de dollars en 2014. Le Premier ministre Abdelmalek Sellal avait lors de ses nombreuses interventions devant le parlement, estimé qu'''il est vital pour le développement socio-économique du pays de réduire la pression sociale sur le logement par de nouveaux programmes'' de logements publics locatifs. Pour lui, ''la résorption de la crise du logement est la mère de toutes les batailles''. Dont celle de traverser dans les meilleures conditions sociales et économiques la contraction sur les marchés internationaux du prix du brut, qui a négativement impacté les recettes pétrolières du pays, réduites pratiquement de moitié à la fin du 1er semestre 2015. Devant les walis fin août dernier, M. Sellal a expliqué en fait que les restrictions budgétaires et la baisse des investissements publics prévus en 2016 ne vont pas toucher ''aux acquis sociaux et à la politique de développement'' local. "La conjoncture actuelle est, certes difficile mais elle offre aussi une excellente opportunité d'introspection et de prise de décisions audacieuses pour construire une nouvelle vision économique et modifier nos modes de fonctionnement et de régulation", a-t-il estimé lors de la rencontre Gouvernement-Walis. Pour répondre également aux interrogations des uns et des autres sur la politique économique que vont adopter les pouvoirs publics devant la baisse des recettes pétrolières du pays, il a réaffirmé qu'''au lieu et place de l'austérité, nous optons, en Algérie, pour la croissance et la relance économique''. Dépenses publiques: Rigueur, pas austérité ''Des actions de rationalisation (de la dépense publique, NDLR) sont et seront menées pour mieux maîtriser les dépenses de l'Etat et elles seront étendues aux collectivités locales dont nous attendons la même discipline dans l'allocation et l'utilisation des deniers publics", avait annoncé le Premier ministre. ''L'objectif étant, selon lui, "de faire traverser au navire Algérie cette tempête, en continuant à moderniser notre pays et à le doter d'infrastructures socio-économiques tout en préservant les acquis sociaux et en puisant le moins possible dans notre trésor de famille constitué de nos réserves". Le ministre des finances Abderrahmane Benkhalfa explique que le maintien de la politique sociale (du gouvernement) est possible ''grâce à la politique anticipatrice du gouvernement", même s'il a appelé les Algériens à "apprendre à ne pas gaspiller". "Nous ne sommes pas en situation de crise et nous n'adoptons pas une politique d'austérité mais plutôt de rigueur. Nous sommes maintenant à l'abri (de la crise) mais nous devons nous préparer à une économie plus efficiente et plus forte", a soutenu le ministre dans un récent entretien à l'APS. ''L'Algérie a les moyens pour faire face à ce choc'' pétrolier, assure-t-il. La loi de finances 2015, rappelle-t-on, consacre une priorité particulière aux dépenses publiques et d'investissements, avec une part importante aux transferts sociaux, évalués à 9,1% du PIB et en hausse de 6,4% par rapport à 2014, soit 1.711,7 Mds de dinars. Des propos qui confirment, à l'échelle locale, la poursuite de la réalisation des grands projets d'équipements socio-économiques. Avec en priorité la généralisation à tous les foyers ruraux de l'électrification rurale et l'introduction du gaz de ville. Il y a également l'achèvement des travaux de l'autoroute Est-ouest prévus fin octobre 2015, de la nouvelle ligne ferroviaire Birtouta-Zeralda en passant par Sidi Abdellah dans la wilaya d'Alger, outre les autres grands projets sectoriels en cours de réalisation à travers le pays. (Par Mahdi Boukhalfa)