Le second jour de l'Aïd El-Adha à Oran a été caractérisé, essentiellement, samedi, par les longues files d'attente devant les boucheries pour la découpe de la viande, la recherche de l'hypothétique baguette de pain, ainsi que les escapades à la plage ou à la forêt. Dans tous les quartiers d'Oran, rares sont les boucheries qui sont restées fermées le second jour de l'Aïd. Et pour cause, c'est l'occasion pour ces commerces d'améliorer leurs chiffres d'affaires, sachant que la découpe d'une seule carcasse varie entre 1.500 et 2.500 dinars. En cette occasion, les bouchers se font aidés par une armada de travailleurs occasionnels, voire par les apprentis, pour satisfaire toutes les sollicitations. En réalité, la découpe des carcasses a commencé dès le premier jour de l'Aïd, après la prière de l'Asr et a repris le second jour, juste après la prière du fadjr. Il faut dire que ce phénomène a pris de l'ampleur, ces dernières années, jusqu'à devenir incontournable, car les citoyens préfèrent découper la viande de leurs moutons par des professionnels pour éviter les ratages et le gaspillage et pouvoir ainsi remplir les congélateurs avec des morceaux bien proportionnés. D'habitude, je découpe la carcasse moi-même avec l'aide de mes enfants ou celle de quelques voisins aimables qui veulent bien sacrifier une ou deux heures pour cette opération assez éprouvante physiquement, mais depuis deux ou trois années, je ramène le mouton chez le boucher et j'en ai pour mon argent , indique, Cherif, habitant à Haï El-Yasmine (Bir El-Djir). Houari, de haï Sabah (même commune), préfère attendre les bouchers ambulants pour la découpe de la viande. L'avantage est que les bouchers ambulants sont plus rapides, moins chers (1.000 DA) et je n'ai pas à faire la chaîne pendant de longues heures du soir ou de la matinée. Je reste chez moi et je suis bien servi , dit-il. Il y a ceux qui préfèrent effectuer l'opération de découpage de la viande eux-mêmes et chez eux, car quelque soit le résultat de la découpe et même si les morceaux ne sont pas homogènes, l'essentiel est l'ambiance familiale. D'autre part, l'autre corvée de l'Aïd est celle du pain. Dès les premières heures de la matinée, les chefs de familles, voire les enfants, font le tour des magasins du quartier et même ceux des quartiers limitrophes à la recherche de cette denrée très demandée et tout particulièrement durant l'Aïd El-Adha. Certains reviennent bredouilles, alors que d'autres reviennent les bras chargés de pain qu'ils ont acquis au double, voire au triple de son prix réel. Presque toutes les boulangers restent fermées durant l'Aïd. Ils se contentent de céder les premières fournées aux revendeurs et ferment pour le reste de la journée. Quant aux magasins d'alimentation générale, ils ferment boutique juste après avoir liquider leurs stocks de pain, ce qui fait que la majorité des citoyens ne peuvent s'approvisionner en pain, ni le premier jour, ni le second, à l'exception de ceux qui ont déjà constitué, la veille, des stocks dans le congélateur ou ceux qui ont choisi de faire eux-mêmes leur pain , explique, Warda, une mère de famille. Néanmoins, dans de nombreux quartiers de la ville, la situation s'est un peu améliorée le second jour de l'Aïd, en milieu de journée, car de nombreux magasins ont repris leur activité et le pain a fait sa réapparition, quoique une certaine tension est restée, de nombreux ménages n'ont pas pu s'en fournir. Après l'effort, le réconfort, le samedi après-midi a été consacré par de nombreuses familles aux escapades à la plage pour certains et aux barbecues dans les forêts pour d'autres. En effet, dès midi, voire avant, les plages de la corniche oranaise ont été prises d'assaut. Des couffins pleins à craquer, ces estivants de l'Aïd El-Adha se sont laissé aller aux plaisirs de la mer et de la gastronomie. De nombreuses autres familles ont préférés les forêts de M'sila, près de Misserghine, et de Madagh (ouest), ou la forêt de Djebel El-Qahr (ex-montagne des lions), à l'est d'Oran. Air pur et barbecue étaient les maîtres mots de ces familles, même si une grande partie de la viande découpée chez le boucher y est passée.