Nombreux sont les élèves admis en première année moyenne qui ne trouvent pas de place aux CEM de la commune de Sidi Moussa. Les parents sont inquiets d'une précoce déperdition de leurs enfants pas encore inscrits pour l'année scolaire 2008-2009. Les 5 établissements du cycle moyen situés en ville et dans sa périphérie ne sont pas tous dotés de cantine scolaire. Evidemment, les deux CEM pourvus de restaurant sont archicombles dès le mois de juillet. A cause de la pauvreté, les parents cherchent à tout prix à inscrire leurs enfants dans ces deux établissements dotés de cantine : une faveur convoitée notamment par les élèves des quartiers de Ronda, Dehimat et Zouaoui. A Raïs, deux écoles primaires existent depuis plusieurs années, mais elles n'ont pas le même statut. L'une, dotée de cantine, est en surnombre, l'autre est presque vide à cause de l'inexistence de cette structure de restauration. Trois classes seulement y étaient ouvertes l'année précédente. Pour cette année, « on risque de n'accueillir qu'une poignée de nouveaux inscrits, issus de familles pauvres incapables de trouver une place à leurs enfants dans un établissement en ville », se plaint le gardien qui s'occupe bénévolement à orienter les parents, parfois en faisant de la publicité au profit « du bon directeur, humain et compréhensif envers les enseignants et les élèves », dit-il. A ce propos, certains parents, habitant le quartier de Ronda, sollicitent le directeur de la première école pour inscrire les élèves afin de bénéficier surtout des repas fournis par la cantine. En attendant l'intervention des instances concernées, certains citoyens de la région proposent aux responsables des établissements « de faire des collectes nécessaires afin d'acheter des repas froids qui seront offerts aux écoliers démunis », a conclu un enseignant. Autre problème dans les établissements à Sidi Moussa, les réaffectations des enseignants. Certains éléments du corps enseignant relevant des établissements scolaires situés dans la commune de Sidi Moussa expriment leur mécontentement à l'égard des décisions de réaffectation dans des écoles autres que celles où ils enseignaient. Les directeurs d'école tentent de convaincre les enseignants concernés par la réaffectation que c'est au niveau de la direction de l'éducation d'Alger, dont le siège est à El Harrach qu'il faut s'informer de ces décisions. Celle-ci réplique aux concernés, en colère en plein carême, qu' « il s'agit d'une procédure administrative très ordinaire », leur enjoignant, sur un ton bureaucratique, de rejoindre les nouveaux postes tout en formulant des recours à adresser aux services administratifs mobilisés à cet effet. Cependant, une enseignante de français à l'école de Raïs1 s'est évanouie après une querelle verbale avec un employé qui a essayé de la convaincre que sa réaffectation vers l'école de Raïs 2 est motivée par le fait qu'elle est venue d'une autre wilaya. L'enseignante, mère de cinq enfants, habitant à Ronda, réclamait sa « réintégration à l'école initiale ou sa réaffectation vers une école disposant d'une cantine scolaire », relève-t-elle. « D'autres contestataires ont évoqué même des règlements de compte opérés par leurs directeurs pour divergences d'avis et d'intérêts ! », assure un fonctionnaire sur place qui a promis aux contestataires de créer une commission pour l'étude des recours et le règlement des cas possibles à la lumière de la loi en vigueur. « Mais à condition que cela soit dans l'immédiat avant qu'on ait évacué les enseignants à l'hôpital au lieu de les envoyer à l'école », conclut un enseignant en retraite qui dit ne pas s'être déplacé de son école à Belfort durant toute sa carrière.