Quelque 41 vespasiennes ont été installées à travers plusieurs communes de la capitale. Alger ne dispose pas d'un réseau de toilettes publiques. Les algérois ne sont pas seuls à s'en apercevoir, car même les personnes venues d'autres régions le constatent. Aussi sont-elles obligées, lorsqu'il y a urgence, de satisfaire ce besoin nature là où elles peuvent. Autant de lieux d'aisance « informels » qui se trouvent partout dans une ville qui « sent l'urine ». Même le centre-ville, censé être épargné, en porte les traces. Les stations de bus ne disposant pas de sanisettes, obligent les voyageurs à se soulager dans des coins incertains. L'UGCTU, dont revient la gestion de ces espaces, n'a pas obligation d'en installer. A la station du 2 Mai à celle de Tafourah, tous les coins sont immondes et ne sont jamais nettoyés. Des préposés aux toilettes prennent des libertés avec les « clients ». A la rue Boumendjel à Alger-centre, un « gérant » arrête les machines d'eau une fois les clients installés dans les cabines. Rigueur et rationalité, peut-être, mais sûrement une grande gêne pour les personnes qui sont obligés de huer le maître des céans. Mais au-delà de la situation ubuesque, c'est le manque de rigueur des Apc, de ses services d'hygiène et de la DTP, qui est incriminé. Rares sont les cafés qui possèdent des toilettes et si elles existent, les patrons n'en laissent l'accès qu'à leurs clients. La raison invoquée depuis longtemps est celle de la rareté de l'eau, mais une fois cette situation réglée, c'est le prétexte des « travaux toujours en cours » qui est souvent mis en avant. Une action a été entreprise par les services de la wilaya dans le cadre de l'affectation des sites à l'affichage publicitaire. En contrepartie de l'offre, les sociétés soumissionnaires spécialistes de l'immobilier urbain installeront dans la foulée des vespasiennes. Il existe actuellement 41 sanisettes installées à travers plusieurs communes de la capitale. « Il en existe 4 à Kouba. Hussein Dey, Belouizdad, Birkhadem, Hydra et Ben Aknoun en ont chacune deux. Alger-centre et Sidi M'hamed disposent par contre de cinq », relève Mme Slimani, directrice des Epic à la wilaya. Plusieurs de ces installations ne sont pas encore fonctionnelles. « des difficultés à les raccorder au réseau d'eau et d'énergie subsistent. Le choix s'est porté sur des endroits plus en retrait de ces installations. Il se trouve aussi que le site choisi n'est pas du goût de la population qui prétend qu'il sera utilisé à d'autres fins. C'est le cas à Bourouba où les services de l'Apc et de la DTP sont à la recherche d'un autre site. A Belouizdad, des pièces ont été volées dans la sanisette placée près de la station téléphérique », regrette la directrice. Sur instruction de la wilaya, il a été décidé d'en laisser la gérance provisoirement à des jeunes. « Comme les algériens n'y sont pas habitués, il a été décidé de les faire nettoyer par des jeunes », relève-t-elle. L'UGCTU, qui gère les stations de bus, a lancé une mise en adjudication pour équiper de mobilier urbain les stations. les communes poursuivent l'opération décidée par la wilaya. Il en est ainsi de l'Apc de Bab El Oued et de Ben Aknoun qui ont mis en adjudication des sites d'affichage. « Des jeunes s'en sont pris au mobilier installé par la wilaya. Cela s'est produit surtout lors du match opposant les équipes de Kouba et d'El Harrach. Le cahier des charges prévoit leur remplacement », assure-t-elle.