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MATERNITE HASSAN BADI (EX-BELFORT)
Publié dans El Watan le 05 - 09 - 2004

«L'ascenseur est ankylosé», selon le diagnosticdu Pr Guerroumi, chef de service gynécologique «Ses muscles sont atrophiés, cela fait trop longtemps qu'il ne fonctionne plus», ajoute-t-il avec un humour déconcertant. Humour noir bien sûr, car le professeur souhaiterait ne pas annoncer aux futures mamans débarquant au service en urgence qu'elles ont encore une vingtaine de marches à escalader. Mais de l'humour il en faut. Cela permet sans doute de dédramatiser un peu la situation. Dans un état regrettable, le service ne peut continuer à fonctionner dans ces conditions. Il n'y a plus qu'un seul appareil pour anesthésier. L'autre est en panne. Alors souvent, on le trimbale, et on jongle d'une salle d'opération à une autre. Cet appareil est indispensable pour pratiquer les nombreuses césariennes. Le chef de service reconnaît que des efforts ont été fournis. Pourtant, il continue de déplorer le manque de moyens : «Ce que je veux, c'est accueillir mes patientes avec humanisme. Qu'elles mettent au monde leurs enfants dans la dignité.» Les propos du professeur Guerroumi se justifient par les dures conditions dans lesquelles les femmes enceintes sont admises. Il reconnaît avec regret que parfois un seul lit accueille deux, voire trois futures mamans à la fois. «Nous avons une capacité d'accueil de 90 lits à la maternité, et le taux d'occupation est supérieur à 150%», déclare-t-il. La maternité de Belfort est classée deuxième au niveau national et première au niveau de la wilaya avec plus de 7000 naissances par an, une moyenne de 600 accouchements par mois. Durant le mois de juillet, un record a été enregistré : 800 naissances. Le professeur Guerroumi est persuadé que cette année un record sera battu, «les naissances atteindront probablement les 8000». La raison principale en est les évacuations. En effet, 56 % des admis sont hors secteur ; le professeur Guerroumi évalue les évacuations vers son service à 1285 par an avec des conséquences qui ne sont pas des moindres.
«On a besoin d'eau !»
Les urgences prennent alors le dessus sur les interventions chirurgicales dites froides (fibromes, kystes, etc.) : «On est obligé de reporter les interventions bénignes pour prendre en charge les accouchements et césariennes.» En attendant, le service continue à fonctionner avec le peu de moyens mis à sa disposition. Les visiteurs ne donnent pas l'air de s'en plaindre. Comme si tout était normal. Peut-être ont-ils d'autres préoccupations. Un peu comme cette vieille dame au bout du couloir. Assise à même le sol, la tête contre le mur, son visage reflète l'inquiétude et ses yeux sont larmoyants. Elle attend la délivrance : la naissance de «son petit-fils», dans ce milieu peu paisible. Car tout autour, des femmes crient de douleur et appellent leurs mamans au secours. Les hurlements se confondent, la vieille dame ne sait pas si c'est sa fille qui l'appelle. Elle préfère sans doute ne pas le savoir. Baigné dans ce brouhaha, plongé dans cet univers sonore des plus assourdissants, le personnel garde son calme. Comme bercée par les gémissements venant des chambres voisines, une sage-femme nettoie la salle de travail. Le sol est rempli de sang, de placenta et de liquide amniotique. Rien d'écœurant pour cette femme. C'est son travail, et elle le fait presque par réflexe. Rien ne la dérange si ce n'est les coupures d'eau incessantes. «Un accouchement salit beaucoup», explique le professeur Guerroumi. «On a besoin de beaucoup d'eau pour nettoyer», ajoute-t-il. Mais l'eau n'est pas la seule denrée rare. Ici, il n'y a pas non plus de téléphone. «Comment faire s'il faut évacuer d'urgence !», s'exclame le professeur. «Comment joindre les autres hôpitaux !», se demande-t-il. C'est un peu pour cela que le personnel réclame plus de moyens. Pour que de toutes ces étapes douloureuses l'on ne retienne que les explosions de joie et le bonheur des parents et des familles.


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