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Julian Barnes : qui se souvient du père de Sherlock Holmes ?
Publié dans El Watan le 18 - 01 - 2007

Julian Barnes a été intéressé par la complexité du lien ambigu entre l'auteur et son personnage devenu dévorant du fait de sa notoriété, et il s'en est bien expliqué dans le reportage diffusé sur Arte autour de la thématique de Arthur et George. En fait, Sherlock Holmes, né de l'imagination de Conan Doyle, a totalement écrasé l'écrivain comme s'il y avait une indicible vengeance de la créature contre son Pygmalion. C'est un cas littéraire typique d'une échappée de sens car, au départ, Arthur Conan Doyle ne croyait que modérément aux chances qu'avait Sherlock Holmes de s'imposer comme archétype littéraire. Davantage encore, Conan Doyle regardait avec une hauteur condescendante Sherlock Holmes dont la seule raison d'exister était de faire bouillir la marmite du romancier. Sherlock Holmes n'était voué qu'à devenir un héros alimentaire. Son succès a sans doute conduit Arthur Conan Doyle à réviser son jugement. La pression du public y était pour quelque chose car Arthur Conan Doyle, par tempérament personnel, souhaitait orienter sa carrière d'écrivain vers les grandes sagas historiques ou fantastiques. Le créateur de Sherlock Holmes était né à Edimbourg qui se trouve être aussi la ville natale de Walter Scott (1771-1830) dont les romans chevaleresques ont nourri l'imaginaire de millions de lecteurs. Il vivait à Londres, la ville si étroitement liée dans son esprit à l'extraordinaire Mary Shelley (1816-1851),la créatrice de Frankenstein. Arthur Conan Doyle était empreint de cette sorte de romantisme littéraire qui portait un jeune écrivain comme lui à croire qu'il fallait écrire comme ces grands devanciers ou ne pas avoir la prétention d'écrire. Conan Doyle était venu à la littérature par nécessité stricte car son métier de médecin ne lui permettait pas de vivre. Après quelques tentatives infructueuses, il avait ébauché, en 1887, le personnage de Sherlock Holmes, le détective doué de raison. Julian Barnes, dans son roman, en dépassant le seul lien entre le personnage et l'auteur, bâtit cette hypothèse que Sherlock Holmes pourrait être le double littéraire de Conan Doyle. Mais celui-ci ne serait-il pas davantage apparenté au docteur Watson ? La tentation est forte de le croire car Conan Doyle était médecin. Il convient de reconnaître qu'il y a beaucoup de lui dans Sherlock Holmes, le détective rationnel et cérébral, car Arthur Conan Doyle était un grand esprit qui avait pris bonne mesure du contexte scientifique de son époque. Des éléments comme la déduction raisonnée, l'évaluation mathématique des possibilités de l'investigation criminelle ont élevé, avec Sherlock Holmes, l'enquête policière au rang de l'un des beaux-arts. On y trouve bien évidemment l'empreinte de Conan Doyle dont nul lecteur ne doutait que c'est son intelligence qui transparaît derrière chaque exploit de Sherlock Holmes.
Pour autant, l'écrivain ne s'en trouvait nullement satisfait, remuant dans le remugle de ses pensées les plus intimes la déception de n'être pas reconnu pour les romans historiques ou fantastiques qu'il avait écrits et considérés comme autrement plus sérieux et dignes de respect que les aventures de Sherlock Holmes qu'il finira d'ailleurs par vouloir faire mourir. Un véritable acte d'auto-mutilation par lequel Arthur Conan Doyle, comblé d'honneurs – il est même anobli en 1902 – en était venu à ne plus supporter la cohabitation avec Sherlock Holmes et, si l'on suit la piste tracée par Julian Barnes, avec lui-même. D'autres que lui auraient tiré un retentissante gloire du fait d'avoir inventé Sherlock Holmes, mais Arthur Conan Doyle, jusqu'au bout de sa vie, vécut dans l'étonnement de ce triomphe qui élevait le personnage en reléguant aux oubliettes de l'histoire littéraire son créateur. Et la question qui traverse le roman de Julian Barnes est bien celle de savoir qui se souvient – ou se soucie aujourd'hui – du père de Sherlock Holmes ?

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