L'APC de Hamma Bouziane a procédé à quelques aménagements sur ce site qui, chaque jeudi, accueille des centaines de voitures, toutes marques confondues. Le rituel consacré pour ce marché commence généralement dans la nuit de mercredi à jeudi. Les revendeurs s'empressent d'occuper les meilleures places en ayant pris soin la veille, d'effectuer un toilettage complet du véhicule à vendre. Pour accéder au marché, les vendeurs doivent s'acquitter de la somme de 200 DA par véhicule, mais l'organisation à l'intérieur de cet espace laisse à désirer; le stationnement est anarchique et les gargotes et autres vendeurs à la criée de pièces détachées d'occasion foisonnent. L'acquéreur d'un véhicule n'a que l'embarras du choix. La gamme proposée va de la petite Renault Clio au 4×4, mais les prix donnent des frissons. Certains véhicules haut de gamme se négocient au-dessus de la barre des 3 MDA (millions) et trouvent cependant acquéreurs. La classe moyenne, quelque peu lésée, a aussi la possibilité d'acheter une voiture d'occasion. L'espace réservé à ces véhicules bas de gamme est communément appelé El khorda, c'est-à-dire de la ferraille, et situé à l'écart des voitures de luxe. On y trouve des véhicules à la portée de toutes les bourses. De la R4 année 1970 à la 505 Peugeot très prisée par les chauffeurs de taxis en passant par les vieilles Renault Dacia et Fiat, qui ont connu leur gloire dans les années 1980. On peut néanmoins, à partir de 150 000 DA, repartir avec un véhicule en marche, mais sans garantie ni assurance. La cotation des véhicules n'obéit par ailleurs à aucun critère, mais il semble que les revendeurs se passent le mot pour fixer le prix de chaque gamme de voiture. L'acheteur doit faire en outre attention à l'arnaque, monnaie courante dans ce genre d'activités, à l'exemple du kilométrage affiché sur le compteur, qui n'est pas toujours le bon, ainsi qu'à l'authenticité des papiers. Pour éviter les mauvaises surprises, la préférence des acheteurs va aux véhicules immatriculés dans la wilaya de Constantine, par rapport aux immatriculations d'autres régions du pays, notamment celles frontalières avec la Tunisie, qui constituent le lieu de passage priviligié des trafiquants de voitures. Il faut dire que l'installation en Algérie de nombreux concessionnaires automobiles étrangers et la disponibilité de véhicules neufs à des prix étudiés n'auront pas finalement influé sur les prix des voitures importées, qui sont toujours aussi chères. D'aucuns vous diront que les véhicules proposés par les concessionnaires sont de moindre qualité que ceux importés. Un argument qui, semble-t-il, a fait son chemin chez les citoyens qui pour certains croient dur comme fer que la gamme disponible chez les concessionnaires n'obéit pas aux normes internationales. Cependant, l'observateur avertri aura constaté que durant la matinée, très peu de véhicules se vendent, les transactions sont effectuées, selon un procédé appelé « tebreze », – mot tiré, dit-on, de celui français reprise -, qui consiste en l'échange de véhicules avec un complément différentiel financier estimé par rapport à la valeur du véhicule échangé. Cette pratique a, paraît-il, tendance à disparaître.