Alger veut la paix En octobre 2004, le chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika affirma : « l'Algérie ne déclarera jamais la guerre au Maroc, car nous sommes des hommes de paix. » Le président Bouteflika s'exprimait à Johannesburg, à l'occasion du forum du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (Nepad), initiative pour éradiquer la pauvreté et promouvoir le développement de l'Afrique. « Le Sahara occidental n'est pas un casus belli entre l'Algérie et le Maroc frère », insista-t-il, rappelant la guerre des frontières qui a opposé les deux pays en 1963. « Il y a eu la guerre entre les deux pays et le vainqueur n'était ni l'Algérie ni le Maroc, mais la guerre », nota-t-il. Rabat veut l'ouverture des frontières Depuis la suppression du visa par le Maroc en 2005, puis par l'Algérie en 2006, le palais royal ne cesse de réitérer sa « volonté » d'ouvrir une page nouvelle dans les relations entre les deux pays voisins. Cela en alternant appels fraternels et déclarations provocatrices. Comme prélude à cette « nouvelle page », le Maroc demande l'ouverture des frontières terrestres, estimant ainsi que le contexte régional et international ayant conduit leur fermeture est « aujourd'hui largement dépassé ». La frontière terrestre entre les deux pays a été fermée en 1994 à la suite d'un attentat islamiste à Marrakech que Rabat avait imputé aux services secrets algériens. Rabat avait alors décidé de mettre en place des visas pour les ressortissants algériens en visite au Maroc. Alger, en représailles, avait fermé ses frontières avec le Maroc. La guerre des Sables Au lendemain de l'indépendance, le Maroc menait une offensive militaire contre une Algérie qui venait à peine de sortir de plus de sept années de guerre contre la France. Le roi Hassan II avait déployé des troupes sur plusieurs points de la zone désertique qui s'étendait entre le Hamada du Draâ et Béchar. Les combats entre les forces royales et les éléments de l'ANP avaient débuté le 8 octobre 1963. Fort heureusement, le conflit fut réglé grâce à la médiation de l'empereur éthiopien Hailé Sélassié Ier, alors président de l'OUA, à Bamako, le 2 novembre 1963. Depuis cette date, les relations entre Alger et Rabat n'ont jamais pu atteindre le cap de la « normalisation ». Un port militaire marocain en Méditerranée Le Maroc est en train de se doter d'un grand port militaire en Méditerranée. Ce grand projet, dont les travaux de construction ont été lancés depuis mars 2008, sera opérationnel en juillet 2010. Le coût du projet est estimé à quelque 120 millions d'euros. Premier port militaire du royaume sur la rive méditerranéenne, ce port servira de base d'attache à des bâtiments de la marine royale chargée de la protection de la côte nord du Maroc. Officiellement, il s'agit d'un projet ordinaire prévu dans le cadre de la politique de modernisation de la composante marine des forces armées royales en termes d'équipements, mais aussi de conditions de vie.