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Salah Mouhoubi. Economiste et universitaire : « L'Algérie n'a pas à tenir compte de la suggestion du FMI sur les crédits à la consommation »
Publié dans El Watan le 27 - 02 - 2010

Le Fonds monétaire international (FMI) a suggéré à l'Algérie de lever l'interdiction des crédits à la consommation, une décision comprise dans la loi de finances complémentaire 2009. Le FMI estime que cette interdiction constitue un obstacle potentiel au développement du secteur financier. Quel est votre avis à ce sujet ?
Je trouve que la sortie des administrateurs du FMI très surprenante car le crédit à la consommation n'a jamais porté préjudice aux banques algériennes à capitaux nationaux puisque celles-ci disposent de suffisamment de liquidités pour le financement des crédits à la consommation. Quant aux autres banques, dites algériennes à capitaux étrangers, ce sont, à mon avis, les établissements financiers qui ont profité le plus de ces crédits à la consommation. La décision du gouvernement algérien d'annuler cette grille de crédits est motivée par le souci de préserver l'équilibre de la balance commerciale. Ainsi, demander à l'Algérie de lever cette interdiction qui a pour objectif de préserver la balance commerciale serait donc contraire aux fondements de la charte du FMI. Cette institution devrait être la première à soutenir les décisions allant dans le sens de consolider l'économie de tel ou tel pays par, à titre d'exemple, la préservation de l'équilibre budgétaire de sa balance de paiement ou de la balance commerciale.
Qu'est-ce qui motive donc réellement la suggestion des administrateurs du FMI qui, pour rappel, n'ont soufflé mot à ce sujet lors de leur séjour, en décembre 2009, à Alger ?
En Algérie, le crédit à la consommation, dont la décision de l'annulation est comprise dans la loi de finances complémentaire 2009, a servi à l'implosion des importations qui flirtent avec le seuil dangereux de 40 milliards de dollars à fin 2008 et à fin 2009. Ceci dit, le FMI sert d'outil de défense pour les économies développées dont certaines contribuent, par leurs exportations vers l'Algérie, à la hausse de la facture des achats du pays. Le FMI n'a donc pas dévié de sa vocation qui est de défendre les économies développées. Cela dit, l'Algérie n'a pas à tenir compte de cette suggestion de lever l'interdiction des crédits à la consommation qui est contraire à ses intérêts. Par ailleurs, le FMI est conscient que le surendettement des ménages constitue un problème à haut risque pour un pays émergent comme l'Algérie et l'on connaît les dégâts que ce phénomène économique et financier peut provoquer. Faut-il préciser que l'Algérie n'est plus liée par un accord de financement avec l'institution de Bretton Woods qui permet à ses administrateurs de préconiser une ligne de conduite à notre pays ?
Les autorités algériennes en charge de la finance n'ont pas encore réagi au rapport des administrateurs du FMI dans lequel est introduit le texte appelant l'Algérie à lever l'interdiction des crédits à la consommation…
Effectivement, je ne comprends pas l'attitude des autorités financières et monétaires de l'Algérie face à cette ingérence qui est de nature à soutenir les groupes bancaires présents en Algérie à travers des succursales implantées ça et là, lourdement pénalisées par la décision d'annuler les crédits à la consommation. La recommandation du FMI pourrait être interprétée aussi comme une manière d'inviter l'Algérie à financer la relance du secteur automobile dans certains pays. Car, il faut préciser que le crédit automobile représente 80% de la structure des crédits à la consommation appliqués par les banques à capitaux étrangers. Le silence des autorités en charge de la finance algérienne peut vouloir dire qu'elles se rendent compte enfin du déficit de communication sur les tenants et les aboutissants de la mesure liée à l'interdiction des crédits aux ménages. A côté de cette mesure, il aurait fallu introduire d'autres dispositions capables de permettre une meilleure traçabilité des capitaux consacrés aux importations.
Vous êtes l'auteur d'un livre sur les vulnérabilités de l'Algérie sur le plan économique. Votre texte est-il applicable aujourd'hui sur l'économie algérienne en 2010 ?
Nous avons malheureusement, depuis l'indépendance, un développement économique non achevé. Il y a eu beaucoup d'initiatives qui ont échoué à mi-chemin pour des raisons de politique économique. Résultats des courses : en 2010, nous n'avons pas encore une économie qui dispose de fondements solides. En 2010, l'économie algérienne continue à tenir au seul fil des hydrocarbures, l'unique source qui finance nos importations et le budget de fonctionnement de l'Etat. Pour le mois écoulé, les exportations de l'Algérie en hydrocarbures financent à peine les achats du pays, ce qui est grave. Le développement d'une économie hors hydrocarbures suppose que l'on confectionne une feuille de route sur plusieurs années.
Vous évoquez la dépendance de l'Algérie de la manne pétrolière. Or, Sonatrach, le poumon du pays, est éclaboussée par une affaire de corruption qui semble n'avoir pas encore révélé tous ses secrets. Quel serait, d'après vous, le risque pour l'Algérie en 2010 ?
Malheureusement, l'Algérie de 2010 doit s'appuyer sur la vente de son pétrole pour éviter son effondrement. Mais ce n'est pas Sonatrach qui conçoit la politique économique du pays. Elle n'est qu'un instrument. La corruption est devenue aujourd'hui un phénomène qui a gangrené toute la société et le scandale de Sonatrach n'est qu'une forte expression de ce phénomène. Il est impératif de combattre aujourd'hui ce fléau par tous les moyens. L'Etat doit sévir impitoyablement quand il s'agit de dilapidation de deniers publics et de l'image de l'Algérie. Quant à Sonatrach en tant qu'entreprise, je crois qu'elle doit être gérée autrement. Nous avons constaté beaucoup de laxisme, alors que pour une société de sa taille, la rigueur doit être indiscutable sur tous les plans. L'Algérie doit sa merci au pétrole. Nous produisons suivant un rythme moyen, même pendant les pires histoires du pays ayant conduit à son endettement auprès du FMI. Cependant, si nos réserves de change sont aujourd'hui en évolution positive, c'est grâce à l'évolution des prix du pétrole et non pas à la production nationale en hydrocarbures.


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