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Musée de l'Ahaggar : Sur la piste du premier homme
Publié dans El Watan le 05 - 03 - 2010

Imaginez des météorites aussi grandes que la Lune ou des fossiles datant de plus de trois millions d'années. Vous n'êtes pas dans un film de science fiction, mais en plein cœur du nouveau musée de l'Ahaggar à Tamanrasset… Silence, on visite !
« Le musée que nous avons aménagé est une introduction aux richesses qui se trouvent dans le Parc national de l'Ahaggar, car le véritable musée du Sahara algérien est… à ciel ouvert ! » Ainsi Farid Ighilariz, directeur de l'Office du Parc national, commence la visite du musée inauguré mi-février lors du Festival des arts de l'Ahaggar. « Le terme de « parc » signifie « espace protégé » mais représente aussi des mesures de protection pour les 450 000 m2. Celui de l'Ahaggar est l'un des parcs les plus protégés au monde. Classé à la fois parc naturel et culturel, il renferme un patrimoine matériel et immatériel dont l'importance scientifique est hors normes. Cette particularité est à la fois rare et fragile. »
Clair-obscur. Le visiteur est saisi par la pénombre et la lumière tamisée. C'est dans cette ambiance intimiste que le musée ouvre ses portes et dévoile ses trésors jalousement gardés sous des vitrines étincelantes comme des diamants. Les murs, peints en noir, donnent encore plus d'intensité aux objets qui datent de… plus de trois millions d'années ! Des richesses à protéger. Et pour cela, dès l'entrée, les dix commandements du musée, mises en garde et mode d'emploi, sont présentés au visiteur.
« Pour les touristes qui s'aventurent dans le parc, nous exigeons qu'ils soient accompagnés soit par un guide de l'OPNA, soit par un guide de l'agence de voyages avec laquelle ils sont venus, souligne Farid Ighilariz. Nous collaborons régulièrement avec les guides de la région. Il faut savoir qu'il n'y a pas moins de 400 personnes qui veillent à la sauvegarde de ce patrimoine. » Dans la première allée, de grandes affiches expliquent les formations des couches terrestres, et une carte très intéressante illustre les zones de cratères géants. « Depuis des millions d'années, le terrain a connu des pluies de météorites, parfois de grande dimension. Les avancées scientifiques ont permis de découvrir que grâce aux météorites, nous avons de l'eau sur terre. » Et qui dit « eau », dit « terre », plus précisément pierres et roches.
« La partie géologique de cette région est considérée comme le paradis des géologues, car les principaux événements qu'a connus la planète se sont produits dans cette région, il y a des millions d'années. Ici se situait le pôle Sud ! Il y avait également un océan, aujourd'hui disparu. Il existe des traces de tous ces événements. » Facile d'accès, l'information ne nécessite pas forcément des connaissances scientifiques pointues. « Je suis très heureuse de me retrouver dans ce musée, car toutes les pierres qui sont exposées sont dans mon livre de géographie ! », s'extasie Imane, collégienne à Tamanrasset.
Comme Imane, Mohamed Khalfi, ethnomusicologue à Berlin, découvre le musée et s'enthousiasme : « Je connais très bien la région de Tamanrasset et précisément les parcs naturels sur le massif saharien. Je reconnais que ce musée est très bien organisé et je souhaiterai voir d'autres musées de ce type ouvrir sur le terrain, c'est-à-dire au cœur des parcs que le ministère de la Culture a inscrits dans sa campagne assidue de sauvegarde du patrimoine immatériel et matériel. » Attraction principale des vitrines : une roche avec des particules d'or bien brillantes, mais aussi des grés, des pierres ponce, une lave fossilisée, des fragments de diamant et une curiosité verdâtre entourée de mousse noire fixée comme une protection.
Farid Ighilariz s'empresse d'expliquer : « Vous avez ici les plus anciennes pierres au monde, des roches qui se sont formées à plus de 70 km du sol. L'échantillon que vous observez s'est détaché du manteau terrestre, il est recouvert de lave volcanique, la preuve qu'il se trouvait à côté d'un cratère volcanique. »
Au mur, des écrans plasma diffusent des spots pédagogiques sur l'évolution du climat, la faune, les curiosités du musée, ce qui anime la visite et apporte un maximum d'informations et de recommandations avant d'aller sur le terrain et avoir un rapport physique avec la nature. « Nous travaillons pour l'indissociabilité du patrimoine de son enveloppe naturelle, c'est pour cette raison que le musée est aussi varié et garde une vocation informative. »
Plus loin, un espace est réservé à la faune et à la flore du Sahara où il existe plus de 200 espèces végétales et 300 espèces animales. La structure installée met en scène des animaux (dromadaires, fennecs, lynx, gazelles, oryx…) dans leur habitat naturel. En appoint, des explications sont données sur le climat du Sud, l'adaptation des plantes, des animaux et des populations qui y ont établi domicile. Quelques gravures sont disposées pour donner une idée des œuvres rupestres grandeur nature qui se trouvent dans le parc de l'Ahaggar.
Créatures mystérieuses, scènes de chasse ou de récolte : les peintures et les éléments dessinés sont la preuve de l'activité intense des hommes à cette époque et de leur goût pour l'art et l'esthétique. « La zone des gravures rupestres est la plus surveillée, car le seul destructeur de la nature c'est l'homme, ajoute Farid. De ce fait, nous avons mis les moyens pour protéger tout ce patrimoine de manière efficace sur le terrain. » Sachez que le parc dispose de cinquante postes de contrôle, de protection et de secours, les agents sur place apportant également assistance aux gens qui s'égarent. Vous terminerez la balade dans la partie consacrée aux vestiges de la culture touareg. Bijoux, jeux pour enfants, vannerie, broderie, textile, sabre…
Car depuis des siècles, les habitants du Sahara développaient aussi la fabrication des bijoux, les techniques de maniement des armes ou encore la décoration intérieure. Les récipients en terre cuite découverts dans l'Ahaggar, l'un des deux plus anciens foyers d'invention de poterie au monde ont… 10 000 ans !


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