Les maghrébins peuvent ils se rapprocher et travailler ensemble ?La question n'est pas nouvelle et à chaque fois qu'une initiative est prise ,elle se heurte à des problèmes inextricables.La confiance ne règne pas entre les différents protagonistes. Car on ne peut pas réussir une alliance si la confiance ne règne pas.C'est un facteur déterminant et il a été rappelé non seulement par les experts étrangers invités au symposium d'El Oued ,mais aussi par un ancien ministre marocain du commerce extérieur ,M.Hassan Abouyoub.Son intervention qui a été très suivi par les participants s'est voulu un témoignage de celui qui a vécu l'échec d'un processus depuis la réunion d'Alger en 1975 sur l'intégration maghrébine,période ou il faisait parti du cabinet du ministère du commerce extérieur. Mais au delà de l'histoire, le plus intéressant réside dans les conclusions qu'il a tirées de cette expérience.Pour l'ancien ministre les maghrébins ont produit beaucoup de littérature, mais ils n'ont jamais dépassé le stade infantile.L'explication selon lui serait que les pays maghrébins voulaient jouir de leur indépendance qui était toute nouvelle et pensaient peut être que chacun d'entre eux pouvait fonctionner tout seul. Selon lui ce processus est en train de s'achever et les contraintes extérieurs vont amener les changements.Trois éléments seraient nécessaires aux changements, la confiance, l'Etat de droit avec l'existence de contre pouvoirs et le processus démocratique. Le débat qui a eu lieu à El Oued a dévoilé plusieurs opinions sur la question de la construction de l'espace maghrébin. Ainsi pour Hassan Abouyoub, les pays européens riverains de la Méditerranée pourraient aider à édifier cet espace en lançant une initiative méditerranéene.Dans un espace méditerranéen, on peut diluer l'affaire du Sahara Occidental a t il soutenu. Pour M. Réda Hamiani ,vice président du Forum Des Chefs D'entreprises ,le débat est ailleurs puisqu'en Algérie par exemple ,les entreprises ont besoin de technologie et de capital et c'est chez les partenaires traditionnels que sont les européens qu'il est possible de trouver cela. Mais pour d'autre hommes d'affaires maghrébins et ils ont été nombreux à le soutenir ,sous peine de disparaître les entreprises maghrébines doivent se redéployer dans la région et tisser des alliances qui leur permettrait de faire face à la concurrence surtout avec la poussée de la mondialisation.L'homme d'affaires Djillali Mehri a évoqué dans ce sens les entreprises de production qui ont fermé leurs portes pour assurer l'importation et la distribution des produits de leurs concurrents étrangers d'hier. Le projet de Djillali Mehri de créer une chaîne de télévision maghrébine a pour objectif de créer" une passerelle entre les peuples du Maghreb et un complément à la promotion de notre mouvement et de nos entreprises qui pourraient tirer de cette initiative le plus grand profit" a t il expliqué. Pour M. Omar Ramdane, Président du Forum des Chefs d'Entreprises "la construction d'alliances stratégiques entre les entreprises du Maghreb constitue en effet un instrument idéal de nature à faire évoluer considérablement la dynamique de cette intégration". Plus explicite il dira que "bien plus, ma conviction est que les entrepreneurs de nos pays qui sont les premiers détenteurs d'intérêt dans ce projet d'intégration, peuvent par la voie des alliances stratégiques peser réellement sur la démarche politique qui sous-tend ce projet et qui pour le moment peine à se mettre en mouvement ". Mais généralement dans ce genre de débats ,les experts avec leur vision globale remettent le débat sur les rails.C'est le cas De Olivier Oger ,Directeur Général de l'Edhec Business School qui a expliqué qu'on peut être amené à contracter une alliance uniquement pour se partager les dépenses. En réalité ,l'espace économique maghrébin n'est pas aussi mort qu'on le croit.Et les échanges informels même s'ils n'ont pas été quantifiés ont toujours été très importants.La circulation des personnes en dehors des postes frontières a toujours entraîné une circulation des produits.Et les exemples sont légion. La nature a horreur du vide.Plusieurs hommes d'affaires maghrébins ont compris qu'ils doivent se rencontrer et trouver les solutions pour faire face à la concurrence et échapper à l'asphyxie qui guettent leurs entreprises.C'est la leçon principale de la rencontre d'El Oued.