Devenu un défi considérable pour les gouvernants dans les quatre coins de la planète, l'emploi en Algérie est d'autant plus précaire que le pays, en pleine transition vers une économie de marché, et sous le poids des " recommandations " d'institutions internationales, les politiques d'ajustement structurels n'ont fait qu'accentuer la régression de l'emploi et l'accentuation de la pauvreté, entre autres. A en croire les prévisions de spécialistes, notamment ceux de la Banque Mondiale, les pays du Maghreb se doivent de créer quelque 22 millions d'emplois au cours des deux prochaines décennies. En Algérie, la rencontre tripartite Gouvernement-Patronat- UGTA des 3 et 4 mars dernier avait décidé de la mise en place d'un groupe de travail chargé du dossier de l'emploi. Le groupe en question qui se réunit à la cadence d'une réunion par semaine au siège du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale, s'est vu assigné comme objectifs de " rassembler en un seul document (code), toutes les dispositions de la législation du travail constituées actuellement de plusieurs textes ; et adapter certaines dispositions de l'actuelle législation du travail par l'introduction des amendements nécessaires par rapports aux mutations et évolutions que connaît le pays en matière économique et sociale ". Des objectifs résumés de manière plus claire par le ministre de tutelle Tayeb Louh en affirmant que désormais, si le droit au travail est maintenu, le droit à un travail permanent n'est plus garanti. Les contrats à durée indéterminée (CDI) seront supplantés par ceux à durée déterminée (CDD). Ce dernier, qui est un contrat précaire pour les salariés, est sous tendu, dans les pays développés, de la contrepartie pour cette précarité, des conditions de forme et de fond très strictes, au point ou le non respect de l'une de ces conditions peut conduire à des sanctions telles que la requalification du CDD en Contrat à Durée Indéterminée. Le groupe de travail, compte, à en croire l'énoncé des " principes devant guider ces adaptations " s'inscrire dans le stricte respect des droits de l'homme tels que prévus par les instruments internationaux, ainsi que dans le respect des libertés fondamentales individuelles et collectives énoncées par la constitution. Comme il est stipulé le respect des normes du travail tels que définies par l'organisation internationale du travail ainsi que l'organisation arabe du travail. Aussi, la recherche de la performance de l'entreprise, la valorisation du travail, la flexibilité dans les relations du travail et la consolidation des mécanismes de contrôle du respect de la législation du travail, sont entre autres, les principes évoqués par le ministre Tayeb Louh lors de l'installation du groupe. Tout un programme donc pour ce groupe de travail, d'autant plus qu'il est attendu de ses débats " la voie à suivre et des objectifs à atteindre pour permettre au Gouvernement d'élaborer le projet de texte qui sera soumis à l'appréciation du groupe considéré puis soumis à la tripartite ". En attendant cette mise en conformité des textes législatifs avec la précarité de l'emploi dans le pays, le Gouvernement " rassure " pour l'heure en attendant des jours meilleurs.