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Accès au marché
Paris ouverts sur le médicament
Publié dans El Watan le 19 - 09 - 2005

En moins d'une année, une série de mesures est venue ouvrir plus large l'accès au marché algérien aux produits pharmaceutiques étrangers. Mot d'ordre officiel, le prix du médicament va baisser comme celui de la puce GSM.
Pari aventureux, car, au passage, c'est l'industrie pharmaceutique « made in Algeria » qui menace d'être dissolue dans l'ouverture.Le médicament n'est pas une industrie comme les autres. Il touche à quelque chose de sacré pour les Etats : la santé publique, autant dire la sécurité nationale. La preuve ? Même l'hyper libre échangiste OMC lui reconnaît un statut particulier. Il faut qu'un gouvernement soit toujours en situation d'assurer à sa population « un approvisionnement intégral, de qualité et au meilleur prix » en médicaments, notamment « les molécules essentielles » que l'on ne peut omettre dans un traitement sans réduire à néant les chances de guérison d'un malade. Dans le même temps, produire des médicaments est une vraie activité économique créatrice d'emplois, de réseaux d'approvisionnement et de distribution. Longtemps durant, l'Algérie a choisi de faire face à sa sécurité thérapeutique en produisant aussi une partie des médicaments qu'elle consomme. Saïdal, fleuron de l'industrie nationale du médicament, a été suivi par d'autres (LPA, Copharm, ect.) dès 1990 et les premières licences d'exploitation attribuées par le conseil de la monnaie et du crédit à des importateurs privés tenus de devenir producteurs. La production nationale de médicaments a profité d'un marché en pleine expansion et d'une politique non écrite de priorité au produit local. L'objectif de réduire la part des importations à moins de 60% de la demande domestique de médicaments, même s'il n'a jamais pu être approché, a guidé - avec une assez belle constance - l'action des pouvoirs publics durant plus de vingt ans. C'est cette doctrine du médicament « made in Algeria » qui a subi une attaque en règle cette dernière année. D'abord il y a eu au début de l'année cette décision de supprimer l'obligation aux importateurs de médicaments de devenir des producteurs au bout de cinq années d'activité. Ensuite, cet été, la libéralisation des importations à tous les produits y compris ceux fabriqués en Algérie, enfin l'annonce que les hôpitaux n'étaient pas tenus de s'approvisionner exclusivement chez la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) et qu'ils pouvaient s'adresser directement aux importateurs. Un vent de dérégulation qui sent bon l'ajustement zélé aux exigences des partenaires commerciaux de l'Algérie. Mouloud Hédir, expert en commerce international, est formel : « La concession faite par l'Algérie à l'OMC sur le médicament est un cadeau gratuit. L'organisation admet toujours des protections élevées des marchés nationaux. La Tunisie au jour d'aujourd'hui maintient un monopole public sur ses importations de médicaments dans le but de favoriser la production en Tunisie. » Il faut tempérer, pour être juste, les effets de ces « contre-mesures ». Aucune d'entre elles n'était contredite totalement jusque-là. Des importateurs conservaient leurs licences sans jamais devenir producteurs. Des médicaments produits en Algérie étaient importés mais dans des quantités contrôlées, « en négociation avec les importateurs » et grâce au levier des autorisations de programme d'importation délivrées par le ministère de la Santé. Les hôpitaux n'ont jamais vraiment subi un monopole « tyrannique » de la PCH, ils achètent depuis longtemps sur le marché ce qui leur manque et qui n'est pas fourni par la PCH. En fait c'est une orientation affirmée, mais peu adossée à des textes de loi ou à des règlements, qui est ainsi démantelée. Le signal est clair, le marché algérien du médicament est totalement ouvert aux grands laboratoires étrangers et,... aux moins grands. Le but escompté est de faire baisser les prix des médicaments en officine par le jeu d'une concurrence plus grande. Le risque est de casser l'élan de la production « made in Algeria » sans obtenir une disponibilité à meilleur prix pour le public. Paris ouverts.
Des médicaments moins chers ?
L'état des lieux au seuil de cette réorientation intégrale vers le marché ouvert du médicament mérite une photo souvenir : une trentaine de fabricants en cours d'exploitation parmi lesquels une majorité (plus de 20) conditionneurs de produits en vrac. Une trentaine de projets de fabrication en cours de réalisation ou en phase de pré-production parmi lesquels des investissements directs étrangers comme c'est le cas de l'unité Novonordisk de Oued Aissi. Si on ajoute à ce paysage le groupe Saïdal au chiffre d'affaires en hausse constante et au capital ouvert à 40% au privé, il existe bien un parc de production en place « qui aurait dû être mieux défendu dans les négociations commerciales », admet un ancien cadre du ministère de la Santé et de la Population. Mais il ajoute, et ici jaillit la critique fatale au « made in Algeria » : « Nous avons noté que des produits fabriqués en Algérie, par des nationaux, comme les solutés massifs nous revenaient jusqu'à trois fois plus cher. Nous les faisions acheter par PCH et nous limitions ou interdisions les importations de produits équivalents moins cher. Cela ne pouvait pas durer indéfiniment. Le ministère de la Santé n'a pas comme seule mission d'assurer la disponibilité des médicaments mais aussi de s'assurer qu'ils le soient au meilleur prix. » Mais alors c'est pour alléger le prix de l'ordonnance des Algériens que l'on a décidé de mettre en danger le développement de l'industrie pharmaceutique nationale : « Ils seront obligés de resserrer leurs coûts, d'améliorer leurs managements et de mieux choisir leurs fournisseurs de matières premières. Il faudrait certes que dans le même temps les importations tous azimuts tirent les prix vers le bas. Rien n'est acquis de ce côté là. La structure des importations de médicament est tournée vers les grands laboratoires détenteurs des brevets primaires. Leurs produits sont chers. » Le pronostic le mieux partagé est que la part des médicaments importés dans le marché national va exploser « non pas parce qu'il seront moins chers mais parce qu'ils bénéficieront d'un effet d'image favorable et d'une logistique d'appui à la distribution beaucoup plus forte » que leurs concurrents fabricants nationaux, à l'exclusion de ceux partenaires d'un grand laboratoire étranger. Signe avant-coureur de ce scénario, la faiblesse de l'importation du générique en Algérie. « En réalité le médicament est surtout cher en officine. Le public se détourne des médicaments génériques malgré leur avantage prix. C'est culturel, il faudra du temps pour que cela change. » Du temps seulement ? La CNAS a instauré depuis une année un prix référence pour le remboursement qui se rapproche de celui du médicament le moins cher, souvent un générique. Il n'est pas certain que la mesure soit toujours appliquée par les services-même de la CNAS. Pour consommer des médicaments moins cher, il faut être hospitalisé. Exemple, la PCH approvisionne les hôpitaux en antimitotiques (anticancéreux) venus de Chine. Ils sont quatre fois moins cher. PCH et l'Institut Pasteur importent des vaccins d'Inde, de Cuba et de Chine. Tous sont certifiés OMS (Organisation mondiale de la santé). La vraie réforme des modes de consommation de médicaments se situe sans doute de ce côté-là : développer le générique sur l'ordonnance du malade et dans les chaînes de production des fabricants « made in Algeria ». Trop tard ? Pas si le ministère de la Santé prend le temps de réfléchir à ce tournant vertigineux vers « l'accès libre et intégral au marché algérien » qu'il assimile à une politique du médicament moderne.


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