Après une série de très bon résultats acquis en ce début d'exercice, une victoire à domicile (USMH 1-0), deux nuls à l'extérieur (MOC 2-2 et JSMT 1-1) pour une seule défaite (GCM 2-1) à l'extérieur, le Mouloudia de Saïda (MCS) a chuté lourdement (4-1) vendredi au stade de 20 Août 1955 face au club local, l'Olympique de Ruisseau. A la fin de la rencontre, dans le vestiaire des Vert et Rouge de Saïda, le président du club, Belhezil Belahcène et l'entraîneur Kadda Chihi ont fait entendre orageusement à leurs protégés ce qu'ils pensent de leur médiocre prestation. Une bonne vingtaine de minutes plus tard, revenu à de meilleurs sentiments, M. Belhezil nous confiera : « La victoire de Ruisseau ne souffre d'aucune contestation. Néanmoins il faut reconnaître que certains de nos joueurs, de par leur indiscipline dans le jeu, ont facilité la tâche à notre adversaire ». Effectivement, en multipliant les bourdes défensives, les attaquants olympiens ne se sont pas fait prier pour réaliser un carton plein. Pris en aparté et interrogé sur la vie du club de Saïda, sur les difficultés que rencontrent les Vert et Rouge, cette saison, sur tous les plans, le premier responsable de MC Saïda nous a dressé cet état des lieux : « Le Mouloudia de Saïda a vu le jour en 1947 et à ce jour le club phare de la wilaya est dépourvu d'un siège. Nous dans le comité directeur on fait de notre mieux pour se réunir un peu partout. Sur le plan financier et jusqu'à l'heure actuelle, le club vit de nos propres économies. Du côté des autorités locales avec qui nous entretenons de bons rapports, des promesses ont été faites, mais on ne voit rien venir. A l'intersaison, l'équipe a bénéficié d'un stage bloqué de 12 jours à Terga (Temouchent). Nous avons renforcé le groupe avec six nouvelles recrues, dont le gardien de but d'El Harrach, Ould Mata. En matière d'infrastructures, le club est paré, il a son propre stade (OPOW) et ses installations à sa disposition. Sans grands moyens, notre objectif est tout indiqué, le maintien et la construction d'une équipe d'avenir. Aujourd'hui, les seuls points noir qui subsistent au niveau du club sont l'acquisition d'un siège et d'un transport pour les déplacements ». De son côté, l'entraîneur des Verts et Rouge, Kadda Chihi, d'un ton triste et nostalgique résumera à sa façon la situation du Mouloudia « Cela fait 18 ans que le Mouloudia végète en division inférieure, un club ténor dans les années 1970 et 1980. C'est triste. » Interrogé à son tour sur tout ce qui a trait à son équipe et le groupe qu'il dirige, le coach aura cette courte réponse pleine de bon sens : « Le président vous a presque tout dit excepté une chose qu'il a occultée volontairement. Les jeunes sont payés au dernier centime. » En somme, le maintien, le siège social et le bus feraient le bonheur du Mouloudia de Saïda, est-ce trop demander ?