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Les Etats-Unis, un pays hanté par la peur des attentats
Les aéroports et les édifices fédéraux placés sous haute surveillance
Publié dans El Watan le 25 - 09 - 2005

Les Etats-Unis continuent à prendre très au sérieux les menaces des groupes terroristes, en particulier celles émanant d'Al Qaîda. La crainte permanente de voir se produire de nouveaux attentats sur le territoire américain a amené le gouvernement fédéral à maintenir le dispositif de sécurité mis en place au lendemain des événements sanglants du 11 septembre 2001.
Les aéroports, les bâtiments fédéraux, les centrales électriques et les stations de traitement des eaux demeurent toujours sous étroite surveillance. Les efforts des services de sécurité américains, hantés par l'imminence de la menace extérieure, sont, par ailleurs, consacrés au « filtrage » minutieux des entrées des étrangers. A moins de tenter sa chance à travers le désert du Nouveau Mexique, de l'Arizona ou du Texas et de prendre le risque de servir de repas aux vautours ou de finir le restant de ses jours dans une prison fédérale, ainsi que le font régulièrement les « harragas » mexicains, vouloir entrer aux Etats-Unis « incognito » paraît, aujourd'hui, un vœu fantaisiste. Depuis 2001, aucun étranger ne foule le sol des Etats-Unis sans avoir été, au préalable, « passé au scanner », fouillé, photographié, invité à laisser ses empreintes et, enfin, interrogé par les services américains de l'immigration. Ceux-ci (les services de l'immigration) ont toute la latitude de prononcer une reconduction aux frontières s'ils considèrent que vous pouvez constituer une menace pour la sécurité des Etats-Unis. Car, il faut savoir que l'obtention d'un visa américain ne garantit pas automatiquement l'entrée au pays de l'oncle Sam. Un « blanc » dans un CV peut constituer un excellent motif de refus d'accès au territoire américain. Encore vivace, le souvenir du détournement puis du crash de deux avions de ligne sur les tours jumelles du World Trade Center et le Pentagone a amené aussi les compagnies aériennes américaines à être plus attentives aux profils de leurs passagers, surtout lorsqu'il s'agit pour elles de rallier une ville américaine à partir d'un aéroport étranger. Dans ce cas, la délivrance de la carte d'embarquement est toujours précédée d'un interrogatoire soft mais pointu. « Avez-vous préparé vos bagages seul ? Où les avez-vous préparés ? Vous est-il arrivé de les quitter des yeux ? Avez-vous déjà manipulé de l'explosif ? Que comptez-vous faire aux Etats-Unis ? », est le genre de questions qui pourrait vous être posées. Inutile de dire qu'après cela vous êtes envahi par une impression fort gênante, celle d'être surveillé durant toute la durée du voyage, qui ne vous quitte qu'une fois hors de l'avion. Au moment de quitter les Etats-Unis, les compagnies aériennes américaines « facilitent » également la tâche aux douaniers ou aux agents de l'immigration en faisant le « tri » des passagers. Comment ? En délivrant des cartes d'embarquement comportant des mentions variant en fonction de la nationalité du voyageur. Les documents frappés de la mention « SSSS » ou les bagages « marqués » d'une étiquette rouge sur laquelle figure en noir « statut pending » (statut en instance, ndlr) vous destinent à une fouille poussée au cours de laquelle rien n'est laissé au hasard. Même votre bouton de jeans peut être passé à la loupe. A la vue de ces indications sur ma carte d'embarquement, un ami américain, qui a tenu à être présent à l'aéroport de Chicago le jour de mon départ des Etats-Unis, n'a pas caché son appréhension : « Tient, ils t'ont mis les " SSSS". Ce n'est pas bon ! Cela veut dire que tu seras contrôlé », fait-il remarquer gêné. Et d'ajouter : « Sois patient et tout ira bien. » L'idée que je pouvais sortir indemne de cette opération de contrôle me rassura, mais à moitié seulement. Malgré les hésitations, je me suis résolu, quand même, à me jeter dans la gueule du loup. Mais la possibilité de me retrouver à Guantanamo me paralysa. Car, bien que me sachant irréprochable, je savais qu'une erreur de jugement de la part d'un agent est possible et que celle-ci est capable de faire basculer le cours d'une vie. Après tout, me dis-je, beaucoup de personnes accusées de terrorisme se sont avérées innocentes...après avoir purgé de longs mois en prison. « Vous portez une pile cardiaque ? », lance sur un air impersonnel et pressé l'agent des douanes, prié de me prendre en charge à l'aéroport de Chicago. « Non, pas que je sache ! », lui dis-je quelque peu perplexe mais soucieux tout de même de conserver mon sens de l'humour. « Ok, alors nous pouvons commencer », répondit-il. Sans me donner le temps de demander ce qu'il comptait faire exactement, il se mit à me balayer de la tête aux pieds avec un détecteur de métaux réglé sans doute au maximum. Cela a pris au plus 3 minutes. 3 minutes au cours desquelles j'ai vu toute ma vie défiler comme un court métrage. Entre-temps, un autre agent s'était mis à inspecter mon bagage à main. En le voyant appliquer un réactif conçu pour déceler des traces d'explosifs, je n'ai pas pu m'empêcher de prier le ciel que personne d'autre que moi n'y ai touché. « OK ! C'est bon. Nous vous souhaitons bon voyage ! », lance souriant mon radiologue attitré. Je quittais, sans me retourner, mon inquisiteur -auquel j'aurais pu faire un cours magistral sur la typologie des groupes terroristes et leur modus opérandi- avec un kilo en moins, des sueurs froides et en prenant la résolution « historique » de nouer mes lacets de chaussures et de mettre de l'ordre dans mes affaires le plus loin possible. Dans les aéroports américains, il est rare qu'un visiteur originaire du Moyen-Orient ou d'Afrique du Nord passe la « frontière » sans se voir gentiment invité, faut-il le reconnaître, à aller discuter avec un agent de l'immigration. Il est pêché au premier guichet des services des douanes sur simple présentation du passeport. Ainsi, il peut vous arriver de vous retrouver en train d'attendre en compagnie de Pakistanais ou de Marocains, que l'on vous appelle pour passer votre « audition ». Là aussi, l'idée d'être considéré, d'office, comme un « danger potentiel » agace. Les précautions prises à notre encontre confortent, toutefois, la thèse selon laquelle les Etats-Unis ont globalement une peur bleue du monde musulman, y compris des pays réputés pour être leurs alliés solides. Ce qui étonne, par contre, c'est que l'Algérie est connue de certains agents de l'immigration comme étant un pays qui a durement « bataillé » contre le terrorisme. Cela surprend, dans la mesure où il est difficile pour un américain moyen de situer l'Algérie (le pays est souvent confondu avec le Nigeria) sur une mappemonde. Peu d'Américains savent, en effet, que l'Algérie a traversé une décennie rouge. L'engagement précoce de l'Algérie dans la lutte antiterroriste peut d'ailleurs valoir aux touristes algériens un large sourire et même un signe de sympathie. Mais le constat ne dispense pas de la fouille. Le traitement particulier auquel sont soumis les citoyens originaires du Maghreb ou du Moyen-Orient ne veut pas dire que les ressortissants des autres pays ne sont pas concernés par les mesures de sécurité instaurées dans la foulée des attentats du 11 septembre. Aux Etats-Unis, tous les gens sont égaux devant le scanner. Personne n'y échappe, pas même les citoyens américains. Cela, à la différence qu'ils ne sont pas systématiquement obligés de raconter leur vie à chaque fois qu'ils entrent dans un aéroport ou de faire plein de figurines bizarres devant un agent de l'immigration. Ainsi, il n'est pas rare de voir une vieille Américaine se faire prier de se déchausser et de faire passer ses souliers par le scanner ou de surprendre un agent en train de faire passer un enfant au détecteur de métaux. Des militaires rentrés d'Irak, rencontrés à l'aéroport de Dallas, dans l'Etat du Texas, ont dû déballer leurs sacs marins devant le regard attentif du préposé au scanner avant d'accéder à la zone d'embarquement. Surprenante, la scène pousse assurément à nuancer le jugement concernant le traitement réservé aux étrangers. Surtout qu'une fois la barrière douanière franchie, les « pressions » s'estompent entièrement. Et à moins de tomber sous le coup d'une infraction, il arrive rarement que l'on ait affaire à la police. Contrairement aux habitudes en usages sur le vieux continent, il est peu courant, en effet, que l'on vous demande vos papiers à la sortie d'un métro ou d'une gare. Et n'étaient les problèmes inhérents à l'articulation de l'anglais américain, rien ne vous rappelle que vous avez le statut d'étranger ou permet de vous laisser penser que vous n'êtes pas le bienvenu aux Etats-Unis. La chaleur de l'accueil dans certaines villes, telles Austin ou Chicago, donne l'envie même de prolonger l'aventure.

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