Le Nigeria et les représentants des pays créanciers membres du Club de Paris sont parvenus à un accord pour le traitement global de sa dette à l'issue d'une réunion qui s'est tenue les 18, 19 et 20 octobre. Les membres du Club de Paris qui ont participé au réaménagement de la dette du Nigeria étaient les représentants des gouvernements de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Belgique, du Brésil, du Danemark, de l'Espagne, des Etats-Unis d'Amérique, de la Fédération de Russie, de la Finlande, de la France, de l'Italie, du Japon, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de la Suisse. A la faveur de cet accord, le Nigeria a obtenu une annulation du stock de sa dette estimée à 18 milliards de dollars (y compris les intérêts moratoires), ce qui représente une annulation d'environ 60% de sa dette de 30 milliards de dollars environ due au Club de Paris. Les créanciers du Club de Paris recevront un montant de 12,4 milliards de dollars représentant la régularisation des arriérés pour un montant de 6,3 milliards de dollars plus un solde de 6,1 milliards de dollars pour achever la stratégie de sortie. accord en deux phases Selon le Club de Paris, cet accord sera mis en œuvre en deux phases en accord avec l'exécution du programme sans financement. Dans un premier temps, le Nigeria s'engage à régler les arriérés dus sur toutes les catégories de dette. En contrepartie, les créanciers du Club de Paris consentent une annulation des dettes éligibles de 33%. La deuxième phase interviendra après l'approbation par le Conseil d'administration du FMI de la 1re revue du programme sans financement (PSI) attendue pour mars 2006. Le gouvernement nigérian réglera les montants dus au titre des dettes post-date butoir tandis que les créanciers du Club de Paris accorderont une tranche supplémentaire d'annulation de 34% sur les dettes éligibles. Le Nigeria rachètera le solde de la dette non annulé. Les vis-à-vis de ce pays africain sont arrivés à conclure cet accord, estimant que " le programme ambitieux économique mis en œuvre depuis 2003 par les autorités du Nigeria " présente des garanties qui permettent un traitement de sortie du Club de Paris. Ce dernier avait annoncé le 29 juin 2005 avoir élaboré un cadre de traitement de la dette du Nigeria qui est ainsi mis en œuvre à travers ce présent accord. réduction de la dette Celui-ci intervient après l'approbation par le Conseil d'administration du Fonds monétaire international d'un programme sans financement (PSI) le 17 octobre 2005 et inclut une réduction de dette selon les termes de Naples sur les dettes éligibles et un rachat avec une décote liée au prix de marché sur les dettes éligibles restant après la réduction. Le stock total de dette due par le secteur public du Nigeria était estimé à fin 2005 à 36,2 milliards de dollars, dont environ 30 milliards de dollars sont dus au Club de Paris, selon la FMI et les créanciers. La réunion s'est déroulée sous l'œil observateur des représentants des gouvernements de l'Australie, du Canada et de la Norvège, ainsi que du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de la Commission européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économique et du secrétariat de la CNUCED. La délégation de la République fédérale du Nigeria était conduite par Dr (Mme) Ngozi Okonjo-Iweala, ministre des Finances. La réunion était présidée par Xavier Musca, directeur général du Trésor et de la politique économique, président du Club de Paris.