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La Jordanie sous le choc
Après le triple attentat de Amman
Publié dans El Watan le 12 - 11 - 2005

La Jordanie est sous le choc après le triple attentat de mercredi perpétré contre trois hôtels de sa capitale, faisant au total 57 morts et plus de 100 blessés. La Jordanie savait qu'elle était une des cibles du terrorisme et ses services de sécurité, que l'on dit d'une extrême efficacité, avaient au moins une partie de l'information pour avoir dans la journée de mercredi, soit quelques heures avant cet attentat, demandé à des patrons israéliens de quitter d'urgence le territoire jordanien, croyant certainement qu'ils en étaient la cible.
Mais c'est tout le pays lié à Israël par un Traité de paix depuis 1994 et une alliance au moins de fait avec les Etats-Unis qui était visé. C'est le message qui a été délivré jeudi par l'organisation du Jordanien Al Zarqaoui déjà condamné dans son pays pour actes terroristes et parti en Irak faire la guerre contre l'occupant américain. A ce message de revendication, mais aussi de terreur, le roi Abdallah II de Jordanie a répondu par la fermeté en affirmant que son pays « ne pliera pas face au chantage » et que ces attentats ne changeraient pas la position de la Jordanie dans sa lutte contre le terrorisme. « La Jordanie n'a pas peur et n'accepte pas le chantage et ces actes (terroristes) ne pourront pas nous faire changer de position ou de conviction dans notre lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes », a dit le roi dans un discours télévisé. La Jordanie « poursuivra les criminels et ceux qui les soutiennent », a ajouté le roi. « Nous les atteindrons où qu'ils soient, nous les sortirons de leurs trous et les déférerons devant la justice. » « La Jordanie est une cible plus que d'autres pour différentes raisons, en particulier pour son rôle dans la défense du véritable Islam, religion de tolérance, et dans sa guerre contre les terroristes qui tuent des innocents au nom de l'Islam », a ajouté le roi. Coiffé du keffieh traditionnel bédouin, Abdallah II a exprimé sa confiance dans les services de sécurité jordaniens et leur « capacité à protéger la sécurité et la stabilité du pays ». « Si les terroristes ont réussi à réaliser une opération ici ou là, nous avons par contre fait avorter dans le passé, grâce à Dieu, un nombre de tentatives et de plans de terroristes contre notre pays. » Une manière aussi de démentir certaines hypothèses ou simples allusions à une population majoritairement palestinienne, la relation avec Israël, les rapports avec les Etats-Unis, ou encore la forte présence irakienne qui a fui son pays à la suite de l'invasion américaine. Mais celle-ci, tient-on souvent à rappeler, ne serait pas de celle qui mettrait le feu à son asile, puisqu'il s'agit de gens, il est vrai, liés à l'ancien régime, mais fortunés. Leur seul tort serait d'avoir relancé l'inflation et d'être à l'origine de la flambée de l'immobilier. Ce qui n'en fait pas des criminels. Dans cet ordre d'idées, l'extrémiste Abou Moussab Al Zarqaoui, qui a revendiqué jeudi les trois attentats suicide sanglants d'Amman, les justifie par la politique pro-américaine du roi Abdallah II et ses liens avec Israël. Un autre communiqué indiquait hier - noms à l'appui - que les attentats ont été commis par quatre Irakiens, dont une femme. Accusant la Jordanie d'être devenue un « mur de protection pour les juifs » et une « base militaire arrière des armées des Croisés » et du gouvernement irakien, la branche irakienne d'Al Qaîda, que dirige Al Zarqaoui, a aussi averti dans un communiqué qu'il y aurait d'autres attaques contre le royaume hachémite. Peu avant cette revendication, le groupe d'Al Zarqaoui avait été désigné par le vice-Premier ministre jordanien, Marwan Moasher, comme le « suspect numéro un » de ces attentats qui visaient les hôtels Radisson SAS, Hyatt et Days Inn, les plus graves ayant jamais frappé le royaume jordanien. Proche alliée des Etats-Unis, la Jordanie avait apporté dès septembre 2001 son appui total aux Etats-Unis dans leur lutte antiterroriste, ce qui lui a valu de subir depuis des attaques. En octobre 2002, un diplomate américain, Lawrence Foley, avait ainsi été tué par balles à Amman. Jugé par contumace pour avoir planifié cet assassinat, Al Zarqaoui avait été condamné à mort en avril 2004. Sept autres personnes avaient été condamnées à la peine capitale pour cet attentat. La Jordanie paierait donc le prix fort pour ses alliances, et rien d'autre, car de tels actes tendent à démentir par eux-mêmes quelques certitudes. « Ces attaques montrent que l'argument de Bush ‘‘Nous les combattons en Irak pour ne pas avoir à les affronter ailleurs'' est douteux », analyse Ivan Eland, expert à l'Independent Institute à Washington. David Rothkopf, expert à la fondation Carnegie pour la paix internationale à Washington, juge également que le lien fait entre l'Irak et la lutte contre le terrorisme par le gouvernement Bush est « absurde ». « C'est un argument qui a été élaboré quand tous les autres arguments ont échoué », juge-t-il. Le président américain déclarait en août : « Nous continuons de mener l'offensive en Irak, en Afghanistan et sur d'autres fronts de la guerre contre le terrorisme, luttant contre les terroristes à l'étranger pour ne pas avoir à les affronter chez nous. » Mais de quel « chez nous » peut-il s'agir ? Richard Falkenrath, expert à la Brookings Institution, juge que le rôle direct d'Al Zarqaoui dans les attentats d'Amman reste à déterminer. « Il a revendiqué les attentats, mais il s'agit de réseaux aux liens plutôt lâches et il reste à savoir dans quelle mesure il est impliqué personnellement dans ces attentats », a-t-il dit. David Rothkopf prévient également qu'il ne faut « pas trop personnaliser les groupes terroristes ». « Ce qui est plus important est que le réseau d'extrémistes islamistes reste en place, actif et capable de porter des coups très destructeurs à travers le monde », juge-t-il. M. Rothkopf critique le « concept de guerre contre le terrorisme » du gouvernement Bush qui suppose, à tort selon cet expert, qu'il « peut y avoir une victoire ». Une telle situation a pratiquement dominé la conférence de Bahreïn sur le projet américain de démocratisation dans le monde arabe, où les différents intervenants soulignaient avec force jeudi que « la Jordanie, Bahreïn ou d'autres pays sont exposés au terrorisme ». D'autres pays en ont fait l'expérience : du Maroc à l'Arabie Saoudite, en passant par l'Egypte, la Tunisie ou le Qatar, l'Algérie ayant curieusement fait l'objet d'une omission. Le ministre irakien du Plan a estimé que « les réformes politiques sont aussi importantes que l'aspect sécuritaire » dans la lutte contre le terrorisme. Pour ainsi dire, le débat ne fait que commencer, y compris là où des questions liées à la démocratie et l'éducation ne se posent plus.

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