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Les bonnes décisions du gouvernement
Repères éco : les autres articles
Publié dans El Watan le 25 - 04 - 2011

Repères économiques est une rubrique qui s'inspire des théories économiques et managériales les plus validées, ainsi que les expériences pratiques de réussite et d'échec des différents pays, pour apporter des éclairages sur la scène économique en Algérie. Elle est apolitique.Son seul parti est la science. Mais lors des nombreuses investigations, nous avons été emmenés à formuler des critiques très sévères à l'encontre des choix de nos décideurs. Normal ! La plupart – disons 80% - des options prises sont décevantes et vont à l'encontre des intérêts du pays et des citoyens, sur le long terme. Mais ceci n'insinue nullement que toutes les initiatives des pouvoirs publics soient nuisibles à un développement durable. Nous allons examiner quelques mesures – parmi les 20% - qui ont été salutaires et continueront de jouer un rôle important dans la dynamique de l'évolution de notre pays. Nous aurions aimé avoir le contraire (80% bonnes et 20% mauvaises). Mais on ne peut pas avoir tout ce que l'on souhaite. Nous allons examiner quelques mesures phare qui ont été positives pour l'économie nationale, tout en sachant qu'il y en a d'autres.
Les bonnes décisions
Lors des différents débats entre économistes, j'ai eu parfois à proposer les mêmes options que celles choisies par le gouvernement. Je vais considérer un échantillon de ces alternatives salutaires. Le premier point concerne le paiement de la dette par anticipation.
Plusieurs voix se sont élevées contre le désendettement. Je comprends le raisonnement de mes collègues économistes. Ils ont en vue l'expérience de la Corée du Sud (et bien d'autres) qui s'est développée grâce à l'endettement international. Le pays n'avait guère de choix. Les ressources internes étaient rarissimes. Son appareil de production montrait des signes de maîtrise technologique et d'amélioration de la productivité. Leur multiplicateur était positif : un dollar injecté dans l'appareil économique créait 3 à 3,5 dollars de production, dont une proportion importante fut exportée. L'organisation de l'Etat était au point : une administration efficace, un système de concertation remarquable et beaucoup d'investissement dans le développement qualitatif humain, l'innovation, le management et l'amélioration technologique permanente confortaient les choix.
Depuis les années soixante-dix et jusqu'à l'heure actuel, nous avons un multiplicateur défavorable : il fallait injecter (par l'Etat) 2 à 3,5 $ dans l'économie pour créer un dollar de production. Dans ce cas précis, où les tissus administratif et économique détruisent de la richesse, il faut éviter de s'endetter ou se désendetter le plus rapidement possible si les ressources le permettent. Le cas coréen est loin d'être pertinent dans ce contexte. Par ailleurs, on payait des intérêts de 9% pour certaines dettes, alors que le placement de nos réserves ne permettait de jouir que de 2 à 2,5%. Payer ces types de dettes c'est gagner plus de 7% par an. Pour toutes ces raisons et bien d'autres, la politique économique du désendettement fut judicieuse.
La sécurisation des placements de nos réserves, politique suivie depuis les années soixante, est également appropriée. Nous n'avons pas développé des compétences avérées en placements internationaux. Et même les plus grands experts avaient laissé des plumes durant la crise des subprimes.
Par contre, nous aurions dû acheter quelques entreprises hi-Tech proches de la faillite, à des prix intéressants, pour opérer un transfert intelligent de technologie. Nos amis chinois excellent dans ce domaine. La création d'un fonds de régulation des dépenses est aussi sage qu'utile. Il faut le soumettre à plus de transparence et de contrôle. L'absence d'une telle institution nous a été fatale vers la fin des années quatre-vingt. La chute des prix des hydrocarbures dès 1986 avait induit un endettement massif qui a conduit droit au rééchelonnement de la dette et la soumission de l'Algérie au programme d'ajustement structurel avec tout ce qu'il comportait comme aspects positifs et négatifs. Le fonds de régulation ne règle pas le problème de l'affectation des ressources vers les facteurs-clés de succès. Il ne protège pas le pays, si on y puise aveuglément dans ce fonds pour financer toutes sortes de dépenses populistes. Mais il a l'avantage de pouvoir lisser les dépenses sur des périodes plus longues.
Choix judicieux même si controversés
Il n'est pas possible de lister toutes les mesures judicieuses d'une équipe gouvernementale, surtout si l'on considère les aspects méso et microéconomiques. Nous avons seulement mis en évidence quelques positions qui ont amélioré le mode de fonctionnement de l'économie. Nous allons considérer quelques prises de position qui sont bonnes dans le fonds, mais dont le management de la mise en œuvre a causé des dérapages.
L'adage qui stipule que le diable est dans les détails n'a jamais été aussi vrai qu'appliqué à ces cas. L'arrêt du processus de privatisation a été salutaire. L'opération a été entourée d'une très grande opacité. On s'entêtait à transférer des entreprises algériennes, en privilégiant le capital international au détriment du développement du secteur privé national. Bien que nous n'ayons pas toutes les données à notre disposition, il apparaissait à première vue que les critiques formulées par de nombreux experts sur la sous-évaluation des entreprises soient fondées. C'est le même gouvernement qui se remet en cause ; mais il faut saluer une équipe qui reconnaît ses erreurs. Il aurait été suicidaire de continuer le processus.
L'appareil de production serait alors pourvoyeur de dividendes pour les hommes d'affaires internationaux sans pour cela que l'on connaisse un transfert de savoir-faire managériale ou technologique. D'ailleurs, cinq ans après avoir privatisé des centaines d'entreprises, les exportations hors hydrocarbures ont chuté et les importations ont doublé. Nous n'avons fait ni exportations ni substitution à l'importation. La décision d'arrêter le programme a été salutaire.
La même analyse s'applique au processus de révision de la loi sur les investissements directs étrangers. Nous avions conçu une réglementation très permissive en espérant attirer des capitaux qui allaient inclure des transferts de technologie et de management. Car c'est de cela qu'il s'agit. Notre pays a des surliquidités et un surplus de réserves. Il n'a pas besoin de capitaux qui n'entraînent pas des transferts de savoir-faire ou de l'exportation. Mais les investissements d'une telle qualité étaient rares. Nous eûmes surtout droit surtout à des placements spéculatifs dans l'immobilier. Les auteurs bénéficiaient de grandes largesses (prix du terrain, réduction de taxes) pour vendre et louer au prix du marché, si bien qu'ils avaient commencé à envisager le financement de projets de dizaines de milliards de dollars (centre-ville d'Alger, le parc des Grands Vents, etc.). Ils auraient alors siphonné une proportion très importante de nos recettes pétrolières. Il était temps d'interrompre le processus.
Ce fut courageux de le faire. Mais le correctif a apporté une disposition inutile et nuisible : la fameuse règle du 51/49. L'image de l'Algérie fut ternie, car nous étions un des rares pays au monde qui applique cette règle uniformément à tous les secteurs. Par ailleurs, puisque nous avions introduit une disposition qui stipule que l'impact sur la balance des paiements de tout projet d'investissement devrait être positif, la règle du 51/49 devient de ce fait inutile. Tout projet devrait faire rentrer plus de devises au pays qu'il n'en sort, même si l'investisseur détenait 100% du capital ; pourquoi alors exiger le 51/49 ? Nous avons donc arrêté une dérive importante, mais nous avons failli dans les détails en introduisant cette disposition qui a donné lieu à de virulentes polémiques, mais qui en réalité n'apportent rien au pays. Nous avions plusieurs alternatives possibles : l'action bloquante (Golden Share), pacte des actionnaires, prioriser les secteurs soumis à cette règle, etc. Nous aurions alors évité les cas comme ceux d'Orascom/Lafarge et autres. Il y avait des solutions meilleures. Mais dans l'ensemble, nous avions évité une crise du type asiatique due à une spéculation internationale féroce sur l'immobilier (en Asie la spéculation a eu lieu sur les monnaies et les opérations boursières).
Les décideurs avaient privilégié d'orienter le maximum de ressources pour le financement d'infrastructures ambitieuses. Certaines sont indispensables et peuvent contribuer à une croissance à deux chiffres dans le futur (autoroute, barrages, etc.). L'erreur stratégique n'est pas effacée pour autant : nous avons privilégié les infrastructures sur le développement qualitatif humain, le hard sur le soft ; nous le paierons très cher dans le futur. Cependant, disons 20 à 30% des infrastructures étaient nécessaires, indispensable et quelques choix dans ces domaines furent judicieux.
Ce qu'il faut en retenir
Quelles que soient les erreurs et les réussites des programmes passés, il nous faut préparer l'avenir. Les prochains plans doivent privilégier la «modernisation des cerveaux», le management, les TIC et le financement de l'économie productive. A l'horizon 2014, l'Etat aurait dépensé aux alentours de 500 milliards de dollars. Nous aurons quelques infrastructures en plus, mais nous serons loin de maîtriser le développement durable. Avec beaucoup moins que cela, mais injecté dans les facteurs-clés de succès cités plus haut, nous pourrons devenir le plus dynamique des dragons économiques d'Afrique.


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