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Le souffle violent de la tragédie
Mouloud Mammeri, le fohen ou la preuve par neuf
Publié dans El Watan le 23 - 02 - 2006

Etonnante pièce de théâtre que celle que Mouloud Mammeri consacre à vif à la guerre d'Algérie, probablement entre la bataille d'Alger et la mort absurde autant que trouble de Abane Ramdane en décembre 1957. Cette pièce est écrite au moment même où Mouloud Mammeri publie son second roman, Le sommeil du juste ; et Albert Camus, ses articles dans l'hebdomadaire L'Express !
Mouloud Mammeri fait de la mort de Abane Ramdane un argument de cette pièce, argument secondaire certes, mais argument tout de même puisque cette première pièce théâtrale est censée se dérouler pendant la bataille d'Alger déclenchée en février 1957, l'année même de l'inscription de la question algérienne à l'ONU. Ce dernier événement constitue aussi un autre argument de la pièce. Il s'agit d'une tragédie en 4 actes (29 scènes), enserrés entre, d'une part, un prologue consacré à la mer et au soleil (Meursault) et, d'autre part, un épilogue consacré à l'éthique de la joie ou à ce que Mouloud Mammeri exprimera dans la seconde pièce, La mort absurde des Aztèques, en une formule lourde de sens : « l'exaltation forcenée » (p.11), en réponse à la thèse de l'ethnologue Jean Servier sur le caractère mortifère de la société berbère développée dans son remarquable ouvrage, Les portes de l'année. Pour être encore plus explicite, le guetteur de Taâssast précisera afin d'éviter tout malentendu ou toute fuite en avant : « Il est des civilisations de la fête pour qui la vie tout entière c'est les grandes vacances. Inutile de leur faire manger la pomme qu'un jour nous avons avalée. » La tragédie - Le Foehn - se passe en un jour entre une aube et celle qui lui succède immédiatement après. Tarik, un jeune fidaï algérois, rentre chez sa mère Zohra dans La Casbah, peu après la levée du couvre-feu imposée par les autorités coloniales. Il simule d'être saoul pour ne pas être intercepté par la patrouille des soldats coloniaux alors qu'il rentrait d'une réunion de cellule de partisans ayant programmé l'assassinat du commandant Brudeau, un colon irréductible. Devant superviser l'attentat, il fait ses adieux à sa sœur Aïni en évitant de revoir sa vieille mère toujours angoissée et inquiète (acte I). Dans le second acte, Brudeau, le colon commandant, discute avec sa fille Brigitte une avocate humaniste, pour nous informer du piège qu'il veut tendre à Abane Ramdane pour l'arrêter et le neutraliser, en capturant le fidaï Tarik et le retournant parmi les partisans (c'est quasiment l'histoire réelle de Kobus, l'ancien artificier de l'OS ex-membre des 22, qui livra Rabah Bitat une année plus tôt). Mouloud Mammeri répondant aux articles d'Albert Camus publiés dans l'Express (1956-57) montre que la cellule familiale algérienne est unie et solidaire à l'opposé de la famille coloniale qui, dans le second tableau, montre la division et l'opposition de ses membres partagés entre les durs - qui entendent perpétuer le système colonial - et les humanistes universitaires ou les gens des professions libérales - qui entendent trouver une solution raisonnable à la question coloniale en prônant une cohabitation ou une minorité (1/9) aura plus de droits et moins de devoirs que la majorité autochtone (c'est la preuve par neuf, second titre de la pièce). Ainsi est représentée la réalité de la lutte pour l'émancipation nationale qui aura divisé non seulement les communautés cependant qu'elle a cimenté la communauté indigène et fait éclater la communauté coloniale. L'état des lieux des groupes humains et sociaux avec les rapports de force et les comportements idéologico-politiques laisse légitimement penser que la solution finale à la crise coloniale est à la fracture et non à la cohabitation (contrairement aux idées camusiennes de l'époque - allusion à l'appel de Camus en janvier 1956 pour une trêve et une cohabitation) et à celles de ses assassins post-mortem qui reprennent encore aujourd'hui ces balivernes avec du poil de la bête. Le troisième et le quatrième actes sont consacrés aux confrontations entre les colons et les patriotes autochtones qui, comme le souligne Brudeau, ont acquis une identité et portent des noms qui les ont sortis de l'anonymat « arabe » (Ahmed et Fatma). On ne peut s'empêcher de relever ici même l'allusion de Mammeri au roman « négationniste » de Camus (l'Etranger ou le déni identitaire) dont la structure est alors pastichée dans cette pièce car les deux derniers actes se terminent par le procès de Tarik (l'arabe identifié) qui est mis à mort par le sergent Baldacci (encore un personnage camusien d'une nouvelle datant de cette même période, « l'hôte » qui avait fait couler pas mal d'encre). Mais la pièce de Mouloud Mammeri aura fait couler encore plus d'encre et surtout aura été l'occasion d'une hystérique campagne d'insultes et de dénigrements de plumitifs aux ordres, qui sur les pas des anciens vigiles du comité central des ancêtres, avaient à moins de 5 années auparavant exécuté l'auteur de la Colline oubliée sans appel et sans lui laisser la moindre possibilité de se défendre permettant à des épigones aux cervelles d'oiseaux d'institutionnaliser avec férocité et suffisance les crimes idéologico-esthétiques de lèse unanimisme. Mammeri M. Le foehn ou la preuve par neuf (1957) édition Publisud, Paris, 1982

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