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En dépit des avancées, le chemin reste encore long
La cause amazighe 11 ans après le printemps noir

En ce jeudi 14 juin 2012, nous avons commémoré le 11e anniversaire du printemps noir (après avoir commémoré juste avant le 32e anniversaire du 20 avril 1980), date phare dans l'histoire contemporaine de l'Algérie et par ses effets dans celle de l'ensemble de l'Afrique du Nord.
Dès 1949, des patriotes sincères et compétents ont soulevé la problématique de la dimension amazighe de notre identité mais ils ont subi les foudres des réactionnaires et ce fut ce qui est connu comme étant la crise anti-berbériste. La revendication a été reportée pour se consacrer à la guerre de libération. Avec l'indépendance, le peuple croyait enfin recouvrer en même temps que sa liberté retrouvée la plénitude de sa culture et de son identité. Mais, c'était compter sans l'hégémonisme négateur du baâthisme et il s'ensuivit toute une suite de brimades et d'injustices : la langue amazighe n'a pas droit de cité chez elle, interdiction de son enseignement, réduction drastique du volume horaire de la chaîne amazighe de la radio, annulation du tour de chant de la diva Taous Amrouche lors du festival panafricain en 1969…
Ceci a amené les patriotes sincères à poser une nouvelle fois le problème et à prendre des initiatives : académie berbère (autour de M. A. Bessaoud), enseignement et élaboration de travaux scientifiques (autour de Mouloud Mammeri), groupes d'études berbères de Vincennes, poésie et chanson engagées, émissions radiophoniques de sensibilisation… Cette prise en charge multiforme et l'émergence de nouvelles élites amazighes politisées ont convergé en une résultante fulgurante : l'avènement du 20 avril 1980. On peut lire dans la presse étrangère de l'époque l'émerveillement du monde entier devant ce peuple qui s'est soulevé parce qu'on a osé interdire une conférence sur sa poésie.
Un aîné de la revendication me disait dans les années 80 qu'il croyait que la cause était morte et enterrée et que sa résurgence était quelque chose de divin. Citons encore Mouloud Mammeri : «Quand un peuple assume sa culture, celle héritée des millénaires passés, une manœuvre politique peut en entraver le développement, elle ne peut l'arrêter. Une bonne politique consiste à lui donner les moyens de la promouvoir dans sa plénitude». En 1983, il déplorait que «le berbère ne soit pas enseigné, que des films ne soient pas parlants en berbère, qu'il n'y ait pas à la télévision de programme en berbère, qu'une maison d'édition ne publie pas d'œuvres écrites en berbère…». Partant de ce constat et en analysant les acquis engrangés depuis, on mesure le chemin parcouru, même s'il n'a pas été sans embûches.
1- acquis culturels, scientifiques et sociaux
*La langue
- A présent, elle est enseignée dans 3 départements (université de Tizi Ouzou, université de Bgayet et université de Bouira) avec formations de licences, magisters et doctorats. N'oublions pas les enseignements existant au Maroc, en Europe et en Amérique. Il serait souhaitable que d'autres départements puissent ouvrir dans d'autres régions de l'Algérie.
- Enseignement de la langue amazighe dans le système scolaire en Algérie et au Maroc, ainsi qu'au niveau de la diaspora telle la préparation à l'épreuve facultative de Tamazight au bac français. Les insuffisances résident notamment dans la régression qui a touché cet enseignement : le nombre de wilayas concernées est seulement de 9, alors qu'elles étaient 16 en 1995-96 et le nombre d'élèves est passé de plus de 350 000 à seulement 225 000 environ (statistiques du HCA), l'enseignement non obligatoire, insuffisances des manuels scolaires…
- Les travaux scientifiques sur la langue sont plus nombreux et souvent de qualité : amélioration des règles de l'écriture, réussite de l'aménagement linguistique des années 70 admirablement intégré pour l'essentiel au niveau populaire et dans toute l'aire amazighe, y compris au niveau de la diaspora, standardisation en bonne voie, absence de dualité langue populaire/langue classique, ce qui constitue un atout non négligeable… Cependant, une académie comme autorité morale de la langue s'avère nécessaire afin de coordonner et réaliser des travaux à vitesse accélérée pour rattraper le retard.
*L'édition
- de nombreuses maisons d'édition existent dont certaines spécialisées, à l'exemple de l'excellente initiative de R. Achab.
- des ouvrages importants sur la préhistoire amazighe sont disponibles (citons les excellents ouvrages de Malika Hachid), il en est de même concernant l'histoire ancienne et médiévale (excellents ouvrages de Mouloud Gaïd tel celui traitant de l'histoire des Amazighs en Espagne (Andalousie) de l'an 711 à 1492, sans oublier L'histoire des Berbères d'Ibn Khaldoun en 3 tomes.
- comme insuffisance, notons l'absence de quotidiens ou même d'hebdomadaire (alors que quelques expériences passées semblaient prometteuses).
*L'audio-visuel
- radio : évolution très positive de la chaîne amazighophone de l'ENRS émettant depuis quelques années en H24, existence de radios au Maroc et au niveau de la diaspora et de plus en plus de radios locales.
- télévision : alors qu'un maigre bulletin en amazigh faisait office de «programme» au début des années 90 sur la chaîne nationale unique, depuis un journal a été mis en place et plus récemment une chaîne émet en tamazigh en Algérie et une autre au Maroc, sans oublier l'aînée BRTV émettant à partir de la France depuis l'an 2000 et devenue depuis un bouquet de 3 chaînes.
Un point important est à noter : l'utilisation dans tous les cas des différentes variantes (ou nuances) de la langue dans ces médias de façon interactive et avec une tendance intelligente à la standardisation, ce qui balaie le faux argument d'intercompréhension des détracteurs.
Notons toutefois que face à la demande sociale du public amazigh, le nombre de chaînes devrait être plus important.
*NTIC
- de nombreux sites Internet sur Tamazight ou en Tamazight se sont développés, dont certains connaissent un grand succès.
- utilisation de l'outil informatique rendue aisée et populaire depuis la disponibilité de logiciels d'écriture amazighe et notamment la normalisation Unicode (voir travaux de M. A. Naït Abdellah, Kamel Naït Zerrad et d'autres) et la prise en charge par le système d'exploitation Windows.
- des SMS sont de plus en plus échangés en langue amazighe lors de la célébration de fêtes (Aïd tamezyant, Aïd tameqrant, Yennayer…).
*Cinéma et théâtre
- de très bons films ont été produits, on peut citer : La colline oubliée de Abderrahmane
Bouguermouh , Machahu de B. Hadjadj, et La montagne de Baya de A. Meddour.
- des expériences de doublage très réussies.
- des pièces de très bonne facture (notamment travail autour de Mohia).
- quelques bonnes initiatives dans le théâtre radiophonique.
Remarque : on devrait pallier la faiblesse de production par un encouragement étatique mais aussi par des initiatives de particuliers maintenant que la loi sur le mécénat le permet.
*environnement et société
- des plaques d'indication et des enseignes commerciales en Tamazight existent.
- la langue amazighe connaît une utilisation de plus en plus importante et sans complexe dans la vie quotidienne des citoyens, des responsables politiques, y compris des officiels dans toutes les régions d'Algérie et d'Afrique du Nord ainsi qu'au niveau de la diaspora.
Il reste que la langue devrait aussi trouver sa place dans l'administration et les tribunaux à la faveur de son accès au statut de langue officielle, ce qui est déjà le cas au Maroc.
2- acquis politiques
*consécration de la démocratie qui a déjà été un pilier de la société amazighe depuis des temps immémoriaux. La vie dans la cité y est régie par des règles de fonctionnement démocratiques et les décisions concernant la collectivité se prennent au sein d'assemblées (tajmaât) où tous les citoyens sont représentés de façon égalitaire. Ce système est intimement lié à un ensemble de valeurs fondamentales positives (par ailleurs universelles) appelé Taqbaylit dans l'exemple de la Kabylie et que tout homme digne se doit d'apprendre et d'appliquer du mieux possible.Bien sûr, dans les faits, de grands efforts restent à accomplir pour traduire ce concept dans son aspect plus moderne, c'est ainsi que la démocratie y compris au niveau interne des partis reste à parfaire.
*instauration du pluralisme (partis politiques, syndicats, associations de la société civile, ouverture de la presse écrite avec liberté d'expression et foisonnement des titres) après 1989.
*contribution à l'éveil identitaire et culturel de toutes les contrées de l'Afrique du Nord et de la diaspora. Harmonisation des repères
identitaires : célébrations communes du nouvel an amazigh et du 20 avril 1980, mêmes référents historiques et culturels, solidarité et complémentarité dans la production scientifique et culturelle.
*reconnaissance officielle du caractère amazigh de notre identité au travers du tryptique : amazighité, islamité, arabité. Emergence d'instances officielles nationales : Haut Commissariat à l'Amazighité (HCA) en Algérie, IRCAM au Maroc, etc et internationales : CMA (Congrès Mondial Amazigh).
* reconnaissance constitutionnelle de la langue amazighe comme langue nationale en 2002 grâce au sacrifice des citoyens du printemps noir en 2001.
* l'histoire véritable de l'Algérie et de l'Afrique du Nord en général commence à être mieux assumée et mieux enseignée. De toute façon, c'est un élément dont on ne peut que tirer quelque fierté légitime, notamment pour les jeunes générations. En effet, notre histoire est plusieurs fois millénaire et nos ancêtres ont bâti de nombreux monuments tels le mausolée royal à Tipasa, les djeddars à Tiaret, le tombeau de Massinisa à Khroub-Constantine, celui de Syphax à Aïn Témouchent et Imedghasen à Batna, ils ont aussi peint les merveilleuses fresques du Tassili et laissé des traces de l'une des plus anciennes écritures du monde (Tifinagh) dans différents points d'Afrique du Nord. Notre pays a connu aussi des royaumes importants et stables avec Massinisa, Syphax,Yugurten,Yuba, Koceyla, Kahina et d'autres, au moment où beaucoup de contrées dans le monde étaient encore à l'état sous-développé et les vicissitudes de l'histoire qui ont fait qu'on soit relégué à des positions moins enviables ne doivent pas nous empêcher d'œuvrer à redorer notre blason national pour mériter de la patrie et en même temps apporter notre contribution au bien-être de l'humanité.
III- de quelques erreurs à quelques propositions
- Le conflit idéologique entre sociaux-démocrates (et par la suite les libéraux) et la gauche de la gauche et qui a persisté à l'ouverture démocratique de 1989. Gageons que si on avait su gérer ce conflit à temps, on aurait eu des structures politiques et même culturelles plus efficaces. Il convient de préciser toutefois que les partis de gauche de la gauche, comme on dit maintenant, étaient connus pour leur rejet systématique de la dimension amazighe assimilée à une revendication de la droite bourgeoise quand ce n'est pas un cheval de Troie de l'impérialisme, et en tout cas considérée comme une revendication réactionnaire à même de gêner les «tâches d'édification nationales» telles que l'arabisation. Ce constat vaut plus pour les appareils qu'à titre individuel.
- Le clivage entre les politico-culturalistes acquis à l'idée de la nécessité d'un parti nouveau et ceux restés fidèles au FFS, de même celui entre politico-culturalistes et culturalistes défavorables à l'idée partisane.
- Instrumentalisation de la revendication pour des carrières politiques et sociales de personnes quelque temps après l'ouverture politique.
- Erreur d'un responsable lors des assises en 1989 qui a décrété la mort du MCB suite à l'émergence du RCD. Il a fallu des trésors d'intelligence et de travail à des militants de base du RCD pour reprendre pied dans le MCB, d'où le MCB-Coordination Nationale qui sera présidée par Ferhat Mehenni, lequel sera poussé inexplicablement vers la sortie.
- le fait que l'un des fleurons de la scène politique démocratique se soit mis à contre-courant de la grandiose marche du MCB le 25 janvier 1990.
- Commémoration du 20 avril dans la division et l'incompréhension alors que tout devrait militer pour la fraternité et la solidarité, essences mêmes du mouvement et reniement de la revendication de Tamazight en tant que langue officielle pour laquelle on s'est contentés de la mention : langue nationale.
- en 2001, c'est grâce aux sacrifices du mouvement citoyens que la langue amazighe a pu accéder au statut de langue nationale.


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