Photographe de mode, Hamza Aït Mekidèche, a beaucoup de projets en tête. Créatif, dynamique et optimiste, Hamza se lance dans un projet de vidéos pour mieux servir sa grande passion : l'art visuel. Il envisage d'élaborer une série de beaux livres sur le patrimoine culturel algérien. Graphiste et artiste peintre, il tente de ratisser large. Sa philosophie ? La tradition et la modernité vont ensemble. Pas de barrière. Hamza Aït Mekidèche, que ses amis surnomment «Mizo», est présent à l'exposition «La photographie, 50 âge» qui se tient jusqu'au 30 octobre 2012 au palais de la Culture Imama, de Tlemcen. -Comment êtes-vous venu à la photo de mode ? J'ai fait ma formation de photographie chez Média news en 2003. Ma formation était concentrée sur le développement du film en noir et blanc, couleur et diapo. Ensuite, entre 2004 et 2006, j'ai collaboré avec la presse en free-lance, surtout avec les rubriques culturelles des quotidiens L'Expression et Info-Soir ainsi que l'hebdomadaire Panorama… Je couvrais tout ce qui est concert, pièces théâtrales. J'aime tout ce qui est culture. -Et après, vous avez décidé d'ouvrir votre propre studio… Mizo est le nom de ce studio. C'est un véritable atelier où je compose mes images. J'aime la photo de mode. Mais, c'est toujours restreint comme style en raison de l'absence d'une industrie de mode. Je tente de trouver un marché. -Justement, comment créer un marché ? En collaborant avec les stylistes et les boîtes de communication, en développant des concepts et des techniques, en exécutant des travaux, en s'intéressant aux nouvelles tendances… Je n'attends pas que le marché se présente, je m'y prépare (…). J'ai travaillé avec Gazelle Magazine, une revue franco-marocaine. J'ai également collaboré avec Waw magazine, Entr'actes. J'ai fait une couv' pour Dziriet à la demande d'une styliste. Je m'occupe de tout ce qui est direction artistique des modèles, gestuelle, pose, etc. Je travaille avec des entreprises étrangères sur tout ce qui est technique industrielle. Je ne me limite pas. Je travaille en coordination avec une équipe de maquilleurs, coiffeurs et stylistes. Je compose ma propre photo. -Quelles sont les principales contraintes pour le développement de la photo de mode ? Le fait qu'il n'existe pas encore de vraies maisons de mode. Sans cela, la photo ne peut pas se développer comme il le faut. C'est donc délicat. Il reste que ces dernières années, les choses ont commencé à bouger. Les gens font attention maintenant aux paramètres de marketing et de publicité. D'où une utilisation plus étudiée de la photo. Le consommateur algérien s'intéresse, lui aussi, à la qualité de l'image. On n'accepte plus n'importe quoi. -Et comment avez-vous préparé l'exposition de Tlemcen (organisée à la faveur du 3e Festival national de la photo d'art) ? Je me suis occupé de tout ce qui est esthétique pour la préparation de ces modèles. Il s'agit d'une série de photos réalisées pour un beau livre sur les anciens bijoux algériens. Ce livre sera bientôt publié. C'est une manière pour moi d'honorer la femme algérienne. Je préfère les photos en noir et blanc, qui permettent une certaine créativité. Nous vivons déjà dans un monde en couleur. Il faut donc adopter une autre façon de voir ce même monde, avoir un équilibre. -Cherchez-vous une spécialisation en photos de mode uniquement ? N'êtes-vous pas intéressé par d'autres formes d'expression photographique ? J'aime beaucoup la photo d'art et la photo de mode. Le fait que je m'amuse dans ce que je fais, c'est déjà important. Mais, il ne faut jamais cesser d'apprendre. C'est une spécialité qui exige beaucoup de recherches. J'essaie d'élaborer mon propre style, avoir ma propre identité dans mes photos. Je tente de m'inspirer de ce qui se fait ailleurs. J'aime bien ce que font Paolo Roversi (Italie) ou Harvey Avidon (Etats-Unis). Pour les photographes algériens, j'ai toujours adoré les travaux de Smaïl Merazi, Allah yerahmou. J'habite à Alger à côté de son ex-studio à la rue Didouche Mourad. Déjà enfant, je passais souvent devant ce studio. J'étais toujours fasciné par la qualité et l'esthétique de son travail. -Et quand vous regardez le film Le diable s'habille en Prada (comédie dramatique de l'Américain David Frankel, sortie en 2006), cela vous rappelle-t-il quelque chose ? Un super film. C'est l'histoire vraie d'une rédactrice en chef d'un magazine de mode (Miranda Priestly, interprétée par Meryl Streep, ndlr). Une responsable exigeante parce qu'elle est passionnée par son métier. On peut arriver en Algérie à ce niveau d'exigence, de perfection. Qui a dit qu'en 2012 on organiserait une exposition dans laquelle des photos de mode y seront présentées au public ? Donc, on peut espérer…