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Le sable menace la région de Djelfa
Régression du couvert végétal de la steppe
Publié dans El Watan le 19 - 04 - 2006

Aïn El Maâbed, Djelfa. A quelques encablures de là apparaît à vue d'œil ce qu'appellent les professionnels de la steppe « le cordon du nerf zahrez ». Une sorte de gangrène qui guette par sa nuisance l'écosystème steppique ou ce qui est communément appelé « Bled el ghnem ».
Bien que cette immense « montagne » de stable qui balaye les zones pastorales et agropastorales le long de 150 km ait été stabilisée à 80% par des plantations fourragères, elle demeure toujours une sérieuse menace pour les régions du Nord, car c'est de là que fait son départ le sable vers ces régions. Le constat de ce qu'ont subi les parcours dans les régions limitrophes à cause d'une érosion éolienne intense est effarant.
Rudesse du climat
La violence des vents de sable étouffe le peu de végétation en quête de survie. Celle-ci, par certains endroits, a d'ailleurs subi de plein fouet le phénomène de désertification. « C'est le dernier stade de la désertification », nous dit le DG du Haut commissariat au développement de la steppe (HCDS) pour commenter l'état de dégradation des parcours de cet espace. Nous nous arrêtons au cours de notre visite guidée par les cadres du HCDS au lieudit Hadjer El Melh (roche salée). Un projet de plantation pastorale de 744 ha est créé en septembre 2001 dans ce périmètre sédimentaire par le HCDS. Objectifs visés : valorisation d'un parcours dégradé sujet à une érosion éolienne intense, amélioration pastorale et protection de la route contre l'ensablement. Les espèces utilisées comme plantation fourragère dans ce périmètre sont l'atriplex canescens et le tamarix et poussent comme elles peuvent, car la menace qui guette aussi ces plantes vient d'un oued qui est en contact avec Hadjer El Melh. Pour parer à cette menace, le HCDS a construit des ceds de dérivation des eaux de crues. Les ceds constituent le seul moyen de capter les eaux de pluie pour les domestiquer dans des mares dans cette région où les eaux souterraines sont pratiquement inexistantes. Il tombe en moyenne 300 mm d'eau par an seulement. Les grands orages ne viennent qu'en octobre. Près de 63 mares et plus de 5000 points d'abreuvement du cheptel ont été bâtis dans les 23 wilayas de la steppe. « Près de 2,5 milliards de mètres cubes d'eau qui se perdaient dans la nature et qu'il conviendrait récupérer », selon le DG du HCDS. Dans la wilaya de Médéa, durement touchée au sud par la désertification, 43 ceds de dérivation vers les canaux d'irrigation ont été construits. L'exode rural qu'a connu cette région sous l'ère du terrorisme a pesé sur la dégradation des parcours agropastorales. Par certains endroits, le couvert végétal peine à reprendre. Oum Djellil, une circonscription de la wilaya de Médéa. Les quelques familles qui vivent dans ce patelin tirent leurs ressources exclusivement de l'élevage du bétail. Point d'autre moyen. « La population de cette région n'a commencé à revenir qu'à partir de 2002 », selon un ingénieur en hydraulique (génie rural). La vie commence à reprendre pour certains, mais difficilement pour d'autres. Que ce soit dans cette localité, à Bouaïche ou d'autres endroits de cette région, l'oisiveté chez les jeunes est permanente. « Les jeunes ici souffrent du chômage, ils se roulent les pouces », nous confie un jeune approché au passage dans la commune de Bouaïche. Nous reprenons la route, longeant les espaces forestiers qui repeuplent la steppe. Nous apparaît ainsi ce qui reste du fameux « barrage vert », lancé par le président Boumediène et réalisé par les jeunes appelés de l'ANP pour stopper l'avancée du désert.
protéger pour améliorer
Un peu plus loin, des parcours de mise en défens sont créés par-ci, par-là par le HCDS pour leur permettre de se régénérer. « Il y a une amélioration dans tous les parcours », rassure-t-on du côté du HCDS. « On est passé de 25% à 55% en termes de couverture des besoins du cheptel », nous dit M. Kacimi. Plus pragmatique, M. Kacimi dira : « Nous sommes en train de concrétiser un vrai calendrier fourrager. » La stratégie retenue : protéger plus pour améliorer la production. Les espaces de mise en défens et de plantation sont interdits pour le pâturage, car le cheptel les dégrade. De ce fait, il est orienté vers les zones intensifiées. Une fois régénérés, les périmètres de plantation sont donnés aux APC pour les louer à raison de 2000 DA l'hectare aux éleveurs, nous explique-t-on. Toutefois, il semble que cette location constitue « un marché juteux » pour certains responsables locaux. Certaines sources n'hésitent pas, d'ailleurs, à montrer du doigt les responsables locaux dans la mauvaise gestion de ce patrimoine. Les éleveurs ne semblent pas satisfaits des réalisations consacrées par le HCDS pour le développement local. Certains évoquent les contraintes pour l'abreuvement de leur cheptel. « Il m'arrive de parcourir des kilomètres pour approvisionner en eau mon troupeau », dira un éleveur. Si pour certains ce problème ne se pose pas, pour d'autres c'est à dos d'âne qu'ils transportent de l'eau pour faire abreuver leur cheptel. Destination Laghouat. Là, la régénération est plus concrète, grâce à certaines espèces de plantes fourragères des Etats-Unis. « Nous avons essayé près de 90 espèces, cinq d'entres elles ont donné de bons résultats », nous dit Djamel, chef du département de l'hydraulique de la wilaya de Djelfa. On y constate, d'ailleurs, la présence de la faune et la flore. Il n'en demeure pas moins que dans certains endroits, l'avancée du désert a fait ses effets, au point où dans certains espaces aucune plante ne peut repousser. « Certains projets initiés durant la période du terrorisme ont donné des résultats médiocres », selon un habitant de la région. Il est vrai qu'avec l'insécurité qui régnait durant cette période dans cette région, le suivi des projets pour le développement de la steppe n'était pas aisé. « La région d'Aflou était infestée par les terroristes en 1994 », a tenu à nous rappeler l'un de nos accompagnateurs, en nous montrant du doigt les itinéraires qu'empruntaient « les fous de Dieu » à cette époque. Dans cette wilaya comme à M'sila, l'on n'hésite pas aussi à poser le problème des terres « archs » qui freinent, en tout cas, l'élan de développement de l'activité pastorale. En l'absence des responsables locaux, qui ont failli à leur devoir de gestion de ces parcours, l'anarchie prend le dessus. C'est le cas de l'une des communes de M'sila, où il est constaté un état de dégradation avancé des parcours pastoraux. Les labours illicites opérés dans ces parcours ont « asphyxié » le sol. Résultat : « Aucune plante ne peut pousser du fait de la disparition des matières organiques qui composent ce sol », estime un professionnel de la steppe. Sur place, un ced de dérivation est en voie de construction, mais il faudra aussi penser aux types de plantes qui pourraient réussir à se développer pour permettre aux plantes de la région de se régénérer. Pour l'heure, Bou Saâda est la porte du désert, mais jusqu'où pourra-t-elle encore être déplacée ? Le Nord est menacé.


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