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Une contamination tous les trois jours
L'épidémie de Sida en Algérie
Publié dans El Watan le 22 - 08 - 2013

Une contamination tous les trois jours, en moyenne, depuis le début de l'année.
Si l'épidémie de sida est en net recul dans le monde (une chute de plus de 50% des nouvelles infections au VIH dans 25 pays, d'après Onusida 2012), elle continue sa pernicieuse progression en Algérie où le nombre de cas cumulés depuis l'apparition de l'épidémie dans le pays a atteint 6472 porteurs du virus et 1422 personnes malades du sida.
Des chiffres officiels largement contestés par les professionnels investis sur le terrain, qui estiment le nombre de sidéens en Algérie à 30 000. Bien que l'Algérie soit classée parmi les pays à faible prévalence avec un taux de personnes vivant avec le VIH inférieur à 1%, la tendance est à la hausse et le constat a de quoi être alarmant. Depuis le début de l'année (jusqu'au 30 juillet 2013), 62 nouveaux cas de séropositifs et 10 nouveaux cas de sida ont été notifiés, selon les statistiques officielles. A l'origine de cette progression silencieuse : les tabous qui freinent la sensibilisation, le dépistage et la prévention.
Une quinzaine d'associations algériennes se sont justement unies autour d'un réseau algérien de lutte contre le sida, l'ANAA (Algerian Network Against Aids) pour dénoncer la stigmatisation, le tabou qui entoure cette maladie. «La complexité de la thématique du VIH/sida impose une réponse collective et coordonnée qui convoque des questions sociales et culturelles, et c'est à cette préoccupation que répond le réseau algérien contre le sida» expliquait, hier à Alger, le Dr Scander Soufi, président du réseau, lors d'une conférence de presse qui a rassemblé plusieurs acteurs de la société civile. Le défi de la lutte contre le sida en Algérie dépend des tabous qui freinent toute action de prévention.
La peur du dépistage
Précarité, marginalisation, rejet, discrimination et insultes : c'est le quotidien subi par les porteurs du VIH et des malades du sida en Algérie. Une situation que plusieurs associations regrettent. «Pour lutter contre le sida, il faut cesser la stigmatisation», tranche Ahcène Boufenissa, président de Aids Solidarité, une association de lutte contre le sida membre du réseau ANAA.
La prostitution, l'homosexualité et l'usage de drogues intensifient certes le risque de contamination, mais le sida est loin de ne toucher que ces catégories de la population. La contamination est facile, d'autant que le dépistage est loin d'être un réflexe de prévention en Algérie.
«Les gens ont peur de se faire dépister de crainte du qu'en dira-t-on», explique pour sa part le Dr Mohamed Guemgama, président de Green-Tea Tamanrasset, autre association membre du réseau. Et d'ajouter : «A Tamanrasset, les professionnels de la santé ne respectent pas toujours les règles de l'anonymat, ce qui décourage les personnes à risque d'aller vers le dépistage.» Les tabous et l'ignorance sont, à son sens, à l'origine de la progression du sida en Algérie.
Des tabous à la peau dure
C'est exactement ce à quoi veut s'attaquer le réseau algérien de lutte contre le sida ANAA, dans son tout nouveau plan d'action. Les associations adhérentes au réseau veulent coordonner leurs actions contre le fléau du VIH/sida pour atteindre ensemble l'objectif zéro fixé par Onusida – zéro nouvelle infection, zéro stigmatisation et zéro décès lié au sida – d'ici 2015. Leur mot d'ordre : la lutte contre la stigmatisation, l'ignorance et les fausses perceptions.
L'Algérie compte 75 centres de dépistage sur le territoire national, dont seulement une dizaine sont réellement opérationnelles. Mais la culture du déni que cultivent si bien les Algériens (population et pouvoirs publics) les rendent presque inopérants, sans compter les pénuries récurrentes de réactifs et le manque de personnel qualifié. Pour Mouloud Salhi, président de l'association Etoile culturelle d'Akbou, «la sensibilisation ne concerne pas que les professionnels, il faut que tout le monde s'implique pour faire bouger les mentalités et venir en aide à ces personnes en détresse». Dans une société où l'éducation sexuelle est considérée comme la pire des offenses, où l'on refuse d'admettre l'existence de certains fléaux (homosexualité, prostitution, usage banalisé de drogues…), la moralisation excessive contraint au silence. Un silence dans lequel le VIH s'étend sournoisement.


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