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Rachid Grim. Politologue : «La prochaine élection présidentielle, une simple formalité»
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Publié dans El Watan le 21 - 10 - 2013

Le politologue Rachid Grim explique ici les raisons qui font que la scène politique nationale reste étrangement figée, à six mois du rendez-vous électoral important qu'est l'élection présidentielle de 2014. Selon lui, les partis ou les hommes politiques sérieux savent que la prochaine joute ne sera pas libre ; ils refusent d'abattre leurs cartes avant d'avoir tous les éléments d'analyse sur les véritables intentions du pouvoir.
-A six mois de l'élection présidentielle, les candidats potentiels ne s'affichent pas. A quoi est due cette hésitation de la majorité des acteurs politiques à s'engager dans cette course ?
Je pense que la réponse est très simple : tout le monde attend que le Président lui-même – ou des intermédiaires très proches de lui – se prononce sur la suite à donner à son troisième mandat. Fera-t-il la réforme constitutionnelle attendue, c'est-à-dire avec la création des postes de vice-Président et de chef du gouvernement ? Changera-t-il le quinquennat pour un septennat ? Créera-t-il un précédent juridique en donnant un effet rétroactif à la Loi fondamentale réformée ? Autant de questions dont les réponses éclaireront les prétendants, actuellement cachés, à la candidature.
En effet, la création d'un poste de vice-Président – successeur automatique du Président en poste en cas de décès ou d'empêchement – indiquera aux prétendants, aujourd'hui muets, que Bouteflika est soit partant pour un quatrième mandat qu'il sait pertinemment ne pas pouvoir mener à terme vu son état de santé, soit qu'il désignera avant même la fin du présent mandat, juste après l'adoption de la réforme constitutionnelle par le congrès APN/Conseil de la nation, un vice-Président qui soit de sa famille ou au moins très proche et très fidèle à celle-ci. Tout est alors envisageable : un quatrième mandat dont la campagne électorale sera menée tambour battant par ledit vice-Président au nom du candidat cloué sur son fauteuil. Une fin de mandat normale avec retrait de l'actuel Président et la candidature à la magistrature suprême du vice-Président lui-même, qui sera le garant des intérêts du clan.
Ce scénario – qui semble avoir été définitivement acté, à moins d'un grain de sable qui pourrait être une aggravation sensible de l'état de santé du président et/ou sa disparition soudaine – est dans la tête de tous les prétendants à la candidature. Presque personne parmi les personnalités qui comptent ou les chefs de parti (de la majorité et même de l'opposition) n'est prêt à avancer ses cartes trop vite. Ceux qui mangent dans la main du système ne veulent pas se brûler les ailes en montrant leurs ambitions présidentielles. Les chefs de parti ou les personnalités du pôle démocratique – à l'exception de Benbitour, qui ne peut plus reculer après avoir annoncé, trop longtemps à l'avance, sa candidature – ne veulent pas se faire piéger, une fois de plus, en entrant dans une compétition truquée et jouée à l'avance.
Reste le pôle islamiste – le MSP particulièrement – qui, lui, partira à la chasse aux voix quelle que soit la situation et les arrière-pensées du système. Son but est de se refaire une virginité après avoir trop longtemps partagé le pouvoir avec ceux-là mêmes qu'il dénonce aujourd'hui. Il se positionnera dans une opposition franche et, quels que soient les résultats qu'il obtiendra, ce sera une victoire pour lui s'il parvient à effacer l'image exécrable qu'il a donnée de lui en partageant le pouvoir et la rente. Ce ne sera qu'au moment où le clan donnera le top de départ que les lièvres, aujourd'hui cachés, sortiront des bois et participeront à la course, dont encore une fois les résultats sont connus d'avance.
-Il n'est tout de même pas normal que des candidats qu'on qualifie de «sérieux» ne prennent pas l'initiative, bien que les intentions du pouvoir restent floues…
Les intentions du pouvoir sont loin d'être floues. Il cherche sa pérennité à tous prix. Dans un système politique «normal», des candidats «sérieux» se seraient déjà prononcé depuis longtemps : les uns en tant que candidats à la candidature, les autres pour soutenir un champion ; d'autres pour dénoncer le coup d'Etat constitutionnel qui se prépare ; d'autres, enfin, uniquement pour faire entendre leur voix. Mais nous ne sommes pas dans un système politique «normal». Nous sommes dans un système complètement fermé. Une machine qui tourne pour elle-même et dont le seul objectif est de perdurer. Ce système, parfaitement autiste, n'est à l'écoute que de lui-même. Il est prêt à tout pour continuer de sévir et de profiter de la rente.
Toute velléité de le changer – de l'intérieur comme ont essayé de le faire certains hommes politiques avec les résultats que l'on sait, ou de l'extérieur et avec violence, comme ont voulu le faire les islamistes djihadistes – sont vaines. Les partis politiques et les hommes qui les dirigent ou qui parlent en leur nom ont compris que leur impact sur la société est nul. Qu'ils ne sont ni écoutés ni entendus. Ils savent que leur survie dépend du bon vouloir du prince. Cela explique donc leur modération actuelle.
Les partis politiques et leurs porte-voix sont totalement décrédibilisés. Leur impact sur la société est inexistant. Leurs arguments, de même que leur vocabulaire, ne portent pas. La seule chose que cinquante années de système ont réussi à obtenir, c'est un ras-le-bol général qui n'épargne aucune couche de la société et ne s'exprime plus que par des émeutes. Pour le moment, elles sont éparses et n'ont d'autres revendications que l'amélioration des situations matérielles : travail, logement, niveau de vie, etc. Et, pour cela, le système utilise l'arme
fatale : la dilapidation du matelas de dollars provenant de la vente, à un prix jusque-là très haut, de la seule richesse du pays : ses hydrocarbures.
Tant que ce matelas continuera d'exister, le système l'utilisera pour calmer la colère sourde du pays profond. Et puis, le système s'est doté d'un système répressif des plus efficaces. Pas une petite manifestation populaire, dans un coin le plus reculé du pays, qui ne voie intervenir, dans le quart d'heure qui suit, un impressionnant dispositif antiémeute. C'est un secteur dans lequel le pouvoir a massivement investi.
-On a l'impression que tout le monde attend l'annonce de la révision de la Constitution pour connaître l'arrière-pensée du président Bouteflika quant à son avenir à la tête de l'Etat. Est-elle l'unique raison qui justifie cet attentisme de la part des responsables politiques ? Dans les conditions ubuesques actuelles, il n'y a que cela : un Président que tout le monde sait gravement malade, que les images télévisées, péniblement montées et montrées, ne font qu'accréditer, qui continue de «gouverner».
Une mascarade de Conseil des ministres, qui ne se réunissait plus depuis des lustres, qu'on organise en dépit de toute logique, rien que pour faire croire qu'il n'y a pas vacance du pouvoir présidentiel, quitte à montrer un Président fantôme. Et malgré cela, tout le monde attend le bon vouloir de la maison présidentielle et le moment où elle abattra ses cartes pour annoncer sa ou ses décisions : révision constitutionnelle et son contenu, quatrième mandat ou candidat adoubé. Je ne pense pas qu'il y ait un seul parti ou homme politique sérieux qui croie encore que le jeu politique s'ouvrira après la révision constitutionnelle et que la course à la présidentielle d'avril 2014 sera libre, propre et transparente. Au fond d'eux-mêmes, tous ceux qui aspirent à concourir dans la prochaine course présidentielle savent que les jeux sont faits, à leur détriment et au détriment d'une vraie démocratie.
-S'achemine-t-on vers un remake du scénario de 2009, où le président Bouteflika s'est retrouvé seul face à quelques lièvres qui se sont avoués vaincus d'avance ?
C'est certainement ce scénario qui a la cote du côté du palais d'El Mouradia. Logiquement, tous les partis qui comptent connaissent les objectifs du palais et savent que tous les moyens ont été mis pour faire de la prochaine élection présidentielle une simple formalité.
Tout aussi logiquement, on peut penser que ces partis ne prendront pas part à cette mascarade. Il y a bien entendu une exception, celle des islamistes qui, quoi qu'ils pensent vraiment du coup de Jarnac qui se prépare (et je pense qu'ils sont conscients que les jeux sont déjà faits) iront à la prochaine présidentielle en tant qu'opposants «irréductibles» du système. C'est le seul moyen dont dispose leur parti majoritaire – le MSP – qui trouvera là l'occasion de se dédouaner et se refaire une virginité très fortement malmenée par une proximité trop longue avec le pouvoir et aussi pour se positionner comme un concurrent sérieux de ce même pouvoir pour les prochaines échéances. Sans compter que c'est là l'occasion pour Makri de resserrer les rangs islamistes et d'aller vers une prochaine réunification.
Le RCD ne présentera certainement pas de candidat ni n'en soutiendra un d'un autre parti. Il y perdra ce qui lui reste de crédibilité après avoir cru aux promesses du président Bouteflika et avoir participé à plusieurs de ses gouvernements. Il en reste encore des traces indélébiles avec les lâchages de Khalida Toumi et d'Amara Benyounès.Le FFS, s'il veut retrouver au moins une partie des ses militants et sympathisants, n'aura aucun intérêt à rejouer le jeu des élections législatives de 2012, où tout le monde parlait d'un accord passé avec Bouteflika contre un nombre donné d'«élus» à l'APN. Mais avec ce parti, on ne sait jamais. Le PT, comme à son habitude, ira aux élections et constituera le premier – avec Ahmed Benbitour qui n'a toujours pas renoncé à se présenter – des nombreux lièvres qui s'essouffleront à cautionner un scrutin joué d'avance. Ce sera le cas de tous les partis «sanafir» (nains, ndlr) qui n'apparaissent que dans ces moments, pour participer au gavage général.
-Pourquoi, selon vous, le pouvoir entretient-il le suspense sur la révision de la Constitution et l'organisation de l'élection présidentielle dans les délais ?
D'une part, parce que c'est une tradition bien ancrée que d'annoncer les décisions au dernier moment. Au moment où plus rien ne peut les remettre en cause. D'autre part, il reste encore une vraie inconnue dans le problème posé : l'état de santé du Président. La peur d'une aggravation soudaine de la santé du Président, qui pourrait tout remettre en cause, est certainement la cause principale de cette attente et du suspense qu'il crée autour des deux événements majeurs attendus : la révision constitutionnelle et le scrutin présidentiel d'avril 2014.


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