La dégradation de la sécurité, les grèves et les problèmes liés aux infrastructures pétrolières, notamment en Libye, ainsi que les sanctions internationales visant l'Iran, «ont des conséquences négatives sur les pays exportateurs de pétrole de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA)», à l'instar de l'Algérie, prévient la Banque mondiale (BM) dans son dernier rapport publié avant-hier. Globalement, «les économies de la région MENA continuent à tourner au ralenti», souligne la BM dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales, repris par l'APS. Mettant en avant la persistance de l'instabilité et des troubles politiques, en particulier en Egypte, en Syrie et en Tunisie, l'institution de Bretton Woods affiche surtout beaucoup d'appréhensions quant à la stabilité du marché pétrolier, aussi bien pour les pays importateurs qu'exportateurs de pétrole. Dans cet ordre d'idées, la BM indique, dans ses prévisions, que le solde de la balance des comptes courants de l'Algérie devrait se situer à des niveaux de 2,6% du PIB en 2014 et de 0,1% en 2015, contre 2,7% en 2013. En termes de croissance économique, l'institution financière internationale table sur des évolutions modérées pour l'Algérie, à des taux de 3,3% pour 2014 et de 3,5% pour 2015 et 2016, contre une croissance de 2,8% en 2013. A titre de comparaison, les cadrages économiques retenus dans l'élaboration de la loi de finances pour l'exercice en cours affichent des prévisions de croissance plus optimistes, à savoir 4,5% globalement et 5,4% en hors hydrocarbures. Quoi qu'il en soit, les risques qui continuent de peser sur le marché pétrolier mondial, conjugués à l'amenuisement de l'excédent de la balance commerciale, du fait notamment du recul des exportations d'hydrocarbures, laissent plutôt redouter une année peu favorable pour l'économie algérienne, à mesure, surtout, que sa facture d'importations continue d'augmenter. Quelques signaux positifs pourraient par contre émaner de la légère reprise de l'activité mondiale, qui devrait aider à stimuler la demande sur les marchés pétroliers, si l'on se réfère aux prévisions de la Banque mondiale, qui table globalement sur une amélioration de la croissance économique à l'échelle de la planète. En effet, pour l'année en cours, le rapport de la BM souligne que «l'économie mondiale devrait se renforcer, tandis que la croissance s'accélère dans les pays en développement et que les économies à revenu élevé semblent enfin se redresser cinq ans après le début de la crise financière mondiale». Aussi, la même institution a revu à la hausse ses prévisions de croissance, tablant, désormais, sur une amélioration du PIB mondial qui devrait passer de 2,4% en 2013 à 3,2% en 2014, avant de se stabiliser à 3,4% en 2015 et à 3,5% en 2016. Ceci étant, prévient en définitive la BM, «des risques de détérioration continuent de peser sur la reprise économique mondiale», même si la croissance semble se renforcer aussi bien dans les pays à revenu élevé que dans les pays en développement.