En ce jour de célébration de la Journée nationale de la diplomatie, l'Algérie est fortement sollicitée pour s'assurer un voisinage stable et prospère. Le dialogue est un long processus», c'est la seule phrase que le ministre des Affaires étrangères a prononcée, hier, en réponse aux sollicitations de la presse, avide de savoir où en sont les préparatifs de la rencontre d'Alger relative au dialogue interlibyen. L'art de la communication n'a pas été le fort du chef de la diplomatie algérienne, pourtant en ce jour de célébration de la Journée nationale de la diplomatie. Une commémoration qui intervient dans un contexte régional où l'Algérie est fortement sollicitée à jouer un rôle de pompier pour s'assurer un voisinage stable et prospère et, par la même, garantir sa propre stabilité. Les temps sont difficiles pour les voies diplomatiques quand l'appel des armes se fait retentissant et pressant et que les clairons des fervents de la guerre ouvrent des fronts ici et là comme on taillade un corps qui réclame juste un remède. C'est donc dans cette adversité ambiante que la diplomatie algérienne tente de se donner une voix. Quoi de plus normal, le feu est à nos portes, et ce qui est réclamé est bien plus de hargne à défendre son territoire. Oui, aujourd'hui, le périmètre de sécurité ne se limite pas à nos propres frontières mais à celles de la région à laquelle nous appartenons. Certes, l'Etoile nord-africaine l'avait déjà souligné quand le Maghreb était sous occupation coloniale, mais les indépendances avaient fini par nous le faire oublier. C'est en ces temps de troubles et de manifestations néocoloniales que le sentiment d'appartenance à un même espace géographique, à une même culture, à un seul destin se met en état d'alerte. La diplomatie est à l'épreuve des bouleversements géopolitiques, elle se doit de se surpasser, voire même de faire preuve de génie comme ce fut le cas lors d'une certaine conférence de Bandoeng, en 1955, à peine une année après le déclenchement de la guerre de Libération, l'Algérie (représentée par M'hammed Yazid et Hocine Aït Ahmed), seule contre une puissance coloniale, avait pu se donner une voix sur la scène internationale. «On ne se disait pas à l'époque diplomates, mais militants de la cause nationale», soulignait hier le diplomate Lakhdar Brahimi, auquel le ministère des Affaires étrangères avait rendu hommage. Faut-il revenir à une diplomatie militante ? En tout cas, l'heure le suggère et le contexte l'y invite. Saâd Dahleb, Krim Belkacem, Mohamed Khemisti, Lamine Debaghine et Seddik Benyahia ont été cités par Ramtane Lamamra comme des noms qui ont marqué la diplomatie algérienne. Une preuve peut-être que la diplomatie algérienne ne brille que quand elle est militante. «Il nous reste beaucoup à faire», estime M. Brahimi, tout en félicitant les efforts louables de la diplomatie algérienne en direction d'un règlement pacifique des crises malienne et libyenne. Une diplomatie qui gagnerait à être donc militante, mais aussi plus audible et visible pour défendre la souveraineté nationale et les Algériens où qu'ils soient, et défendre une paix durable dans le voisinage.