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Le futur de l'école se conjugue au féminin
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Publié dans El Watan le 15 - 10 - 2015

L'actuel gouvernement compte seulement quatre femmes ministres. Parmi elles, celle de l'Education nationale, Mme Nouria Benghebrit, qui règne sur un poste éminemment sensible. Depuis qu'elle a intégré l'équipe gouvernementale de Abdelmalek Sellal en mai 2014, elle déchaîne les "passions" chez les islamo-conservateurs pour ses décisions porteuses de nouvelles alternatives visant à mettre un terme à la sinistrose de l'école.
Et dans notre société où l'école représente justement le principal réservoir des islamistes, la pilule ne passe pas. L'on tolère déjà, à peine, de voir les femmes travailler, alors commander, c'est presque de …l'hérésie ! Or, après l'enseignement, où leur nombre suit une courbe exponentielle, elles s'attaquent désormais à ce qui était antérieurement une chasse gardée des hommes : le poste de responsable d'école. Elles sont, actuellement, de plus en plus nombreuses à décrocher un poste de directrice d'école, de CEM ou de lycée, ouverts sur concours par la tutelle.
Depuis les années 1990, les femmes investissent en force le secteur de l'éducation, par calcul, par pragmatisme, mais aussi par aptitude. Elles représentent actuellement 80% du nombre total des enseignants, dans les trois paliers. Dans cinq ans, en 2020, cette féminisation atteindra son apogée dans le corps des directeurs d'établissement avec un taux de 100%, d'après des statistiques qui nous ont été confiées par des responsables au niveau de la direction de l'éducation (DE) de Constantine. Les établissements scolaires seront alors entièrement gérés par des femmes.
Une suite logique, eu égard à la féminisation du secteur de l'éducation nationale, au même titre que ceux de la santé et la justice notamment. Des responsables de la direction de l'éducation de Constantine (DE) imputent cela au départ progressif à la retraite des anciens directeurs, recrutés dans les années 1970 et 1980 et qui sont (et seront) graduellement remplacés par des femmes. Celles-ci se présentent massivement aux concours de recrutement de directeurs d'établissement, comparativement à leurs collègues du sexe masculin, moins nombreux, et c'est donc tout à fait normal qu'elles obtiennent plus de postes.
Le futur se conjugue au féminin
Au total, l'on dénombre à ce jour à Constantine, 377 directeurs d'école dans le cycle primaire, dont 136 de sexe féminin, 132 directeurs dans le palier moyen avec une présence féminine de l'ordre de 47, alors que 15 lycées seulement sont gérés par des directrices sur un effectif de 60 chefs d'établissement. «Si au niveau des lycées l'ampleur de la féminisation de la fonction de chef d'établissement n'a pas encore atteint une grande ampleur, cela ne saurait tarder. Avec les départs à la retraite des directeurs en place et des censeurs, généralement des hommes également, il n'y aura pratiquement plus que des femmes à la tête des établissements scolaires », nous confie-t-on au niveau de la DE.
Ainsi, dans cinq ans le futur des établissements scolaires se conjuguera au féminin pluriel de la base jusqu'au sommet, mis à part la persistance d'un certain essaimage du sexe opposé entre apprenants et personnel administratif. Une partie des enseignantes d'aujourd'hui deviendra les directrices de demain. «Cette situation est induite par une multitude de raisons, notamment le désintérêt des garçons pour les études, encouragés en cela par le chômage vécu par leurs aînés et le désir de réussite des filles pour lesquelles les études constituent un moyen d'affirmation sociétale et une échappatoire pour ne pas rester confinées à la maison.
Les études sont leur seul sésame, car les parents acceptent sans difficultés que leur fille fasse des études à condition de rejoindre plus tard les secteurs de l'enseignement ou de la santé, principalement», soutient Karima, une directrice d'école primaire âgée de 52 ans, en fonction depuis deux ans. «Le fait que la femme algérienne exerce un métier, qu'elle soit performante et présente dans plusieurs secteurs d'activité, est un fait avéré et indiscutable.
Ce qui est discutable, en revanche, c'est d'arriver à vaincre le conservatisme de la société pour laisser plus d'espace et de liberté à la femme pour occuper de plus en plus de postes de responsabilités. Ce sera d'autant plus difficile au sein de l'école, otage d'un islamisme profond. Les attaques dirigées contre Mme Nouria Benghebrit, renseignent, on ne peut mieux, sur la haine que certains nourrissent envers la femme dans ce milieu. C'est une véritable dame de fer aux positions courageuses, qui me motive et me donne de l'espoir qu'un jour l'école algérienne retrouvera ses lettres de noblesse», ajoute-t-elle.
S'imposer, l'autre challenge
Cela étant, notre interlocutrice nous a également fait part des difficultés rencontrées avec certains parents irrévérencieux. Dernièrement, elle a dû faire appel à la police et déposer plainte contre un parent d'élève menaçant, qui voulait absolument inscrire son fils en classe de préscolaire, «alors que le délai des inscriptions avait expiré, de plus il n'y avait plus de places».
Les directrices rencontreraient-elles plus de difficultés à s'affirmer auprès des enseignants et des parents d'élèves ? La directrice d'un CEM, rompue à cette fonction depuis plus d'une décennie, met l'accent sur «la personnalité de chacun». «La gestion d'un établissement scolaire n'est pas chose facile. Il faut de la fermeté. Dans le cas contraire, le chef de l'établissement risque de rencontrer des problèmes. Certaines directrices nouvellement nommées, ne possèdent malheureusement pas les aptitudes nécessaires pour occuper cette fonction.
Elles passent d'un coup du tableau à responsable d'un établissement. J'ai vu des directrices se faire crier dessus par des femmes de ménage ou se faire insulter par des élèves. Ce qui compte dans le concours de recrutement des directeurs d'établissement ce n'est pas l'épreuve écrite, qui constitue à mon avis une simple formalité, mais plutôt l'épreuve orale, car elle permet de cerner le postulant et de mesurer ses capacités à diriger un établissement », assure t-elle. A cet effet, cette responsable de collège dénonce la «formation bidon» dispensée actuellement aux nouvelles recrues et préconise de former des administrateurs capables d'épauler le chef d'établissement afin qu'il puisse veiller au bon déroulement des activités liées à la pédagogie. Gérer un établissement scolaire est, en effet, loin de constituer une sinécure.
Au lieu d'être le pivot central de son établissement, le directeur est souvent otage des enseignants, des syndicats, mais aussi des parents d'élèves. Dès lors, la bonne santé d'un établissement scolaire passerait inéluctablement par le renforcement et le confortement des prérogatives des directeurs, ou plutôt des directrices en poste. Bien évidemment, garantir la réussite de cette entreprise, équivaudrait à piocher en amont dans le programme scolaire en l'expurgeant de référents rétrogrades qui réservent souvent à la femme la fonction d'auxiliaire bien qu'elle soit devenue un pivot !


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