Ferhoune, la localité commerciale de la commune d'Akfadou, a vécu du 19 au 22 juillet au rythme du Festival de l'Akfadou qui fête cette année sa cinquième édition. Abritée par l'école primaire Tizamourine, cette manifestation organisée par l'association Bénévolat Thiziri a donné à la région des sons et des couleurs inhabituels. En dépit de la canicule et de sa coïncidence avec la tenue des fêtes familiales, fréquentes en cette période, ce festival a drainé beaucoup de monde, notamment le soir, où il a accueilli de nombreuses familles. «Quotidiennement nous accueillons plus de 1200 visiteurs», déclare dans ce sens à El Watan Amoura Nassim, le président du festival. De tremplin pour faire de la forêt de l'Akfadou un parc national protégé, cette manifestation s'achemine vers une mutation en espace culturel et économique pour encourager le développement local. «Nous avons appris que l'étude concernant le classement de la forêt de l'Akfadou en parc national est fin prête. Nous espérons voir la revendication principale de ce festival concrétisée pour en faire enfin un outil pour le développement de tous les secteurs», nous dit Zidhnane Tarik, le vice-président de l'association. «Pour un développement local durable», le slogan de cette édition, précise de façon manifeste l'intention des organisateurs de diversifier la thématique du festival pour ratisser large et toucher tous les domaines du développement. «La protection de l'environnement est intimement liée au développement. Tout le monde est concerné, c'est l'affaire de tous. Ce festival est une voix qui dit non à la destruction de notre massif forestier, vivement son classement en parc national, et cap pour un développement durable», précise le président du festival. Se voulant de dimension nationale, cette manifestation a été un point de rencontre de citoyens venus de différentes régions du pays qui se sont échangé volontairement leurs expériences et leurs conceptions culturelles et économiques. Le conteur Farès Idir, qui a sillonné plusieurs pays en semant à tout vent, dans plusieurs langues, ses contes, n'a pas caché son contentement de se retrouver sur les hauteurs de l'Akfadou. «Expérience inoubliable» avoue-t-il. Même impression chez Bahadj Mohamed, 74 ans, auteur-artistique du groupe Diwan Gnawa de Blida, qui nous dit de son côté sa joie d'être à Akfadou. Doyen du festival Racont'art et ayant côtoyé dans son parcours artistique de grands noms du monde culturel, il nous explique, exemple à l'appui, ses ficelles pour la réussite et la pérennisation des rendez-vous culturels. A l'exemple de Farès Idir et de Bahadj Mohamed, la majorité des festivaliers ont trouvé les échanges bénéfiques et ont apprécié l'accueil de la population locale à leur égard. Des festivités colorées et plurielles Inauguré mardi passé à partir de 16 heures, par un spectacle de rue animé conjointement par la troupe Diwan de Blida, le Cirque Mimo d'Alger et les troupes de tambourinaires et de danse de l'association Thiwizi de Tizi Ouzou, le festival n'a été clôturé que samedi dernier à deux heures du matin, avec une prestation du groupe artistique Robin Recours, venu de France. Le programme concocté par les organisateurs était à la hauteur de l'événement. Pluriel, polyvalent, riche en sonorités et en couleur… il y en avait pour tous les âges et pour tous les goûts. Les activités présentées ont touché quasiment à tous les arts du spectacle. De la musique avec la troupe Diwan de Blida, la troupe Imekrass Qaraqabo de Ghardaïa, la troupe Idhabalen de Tizi Ouzou, des bals dansants avec la troupe Thiwizi de Tizi Ouzou et la caravane des Indigènes de l'association Timuzgha d'Akbil, Tizi Ouzou, des nuits de contes assurées par Farès Idir et Naïma Mehaïlia, des divertissements de clown, de magie… avec le cirque Mimo d'Alger, des récitals poétiques donnés par Mezouni Khellaf et la troupe Lahna d'Akbou, des représentations théâtrales, Le sinistré, jouée par la troupe Thagarma d'Akbou, Promesse, jouée par la troupe Ithran Uzekka Iayadhen (Chemini), Qui est donc malade, par la troupe Lemri d'El Kseur, des monologues dits par Hakim Lahdiri d'Akbou et Djamel Zireg du Café Gosto… Pour les enfants, en plus de certains programmes quotidiens qui leur sont exclusivement destinés, des toboggans sont installés en face de l'école qu'ils prennent inlassablement d'assaut. A côté de ces activités liées à l'art du spectacle, il y avait des conférences axées sur le développement local et des ateliers dédiés à plusieurs thèmes. Il est ainsi organisé durant ce festival un atelier de secourisme assuré par le Croissant-Rouge de Béjaïa, un autre d'arts plastiques pris en charge par Abtout Zahia, Tirouche Sonia, et Yazid Sofiane, un atelier maquillage artistique, un autre de conte et chant traditionnels abrité par une maison traditionnelle, et des visites guidées au PC de la Wilaya III (village Mezoura) et au dernier moulin à eau (Imaghdassen). En hommage aux artistes disparus de la région, (Youcef Abdjaoui, Hamid Aïvene, Ali Zebboudj, Tahar Oudjedi, Mourad Zougab), les festivaliers se sont recueillis sur leurs tombes avec dépôt de gerbes de fleurs. A noter qu'en parallèle à toutes ces activités, des stands d'exposition proposent à la vente divers produits artisanaux et artistiques (vannerie, bijouterie, bimbeloterie…). En dépit des incontournables couacs liés à l'organisation, presque 90% du programme prévu a été réalisé. «De toutes les éditions que nous avons organisées, celle-ci est de loin la meilleure et la plus réussie», assure le président du festival.