Le manque d'équipements et d'encadrement retarde la mise en service des nouveaux établissements destinés aux jeunes. Dans la wilaya de Boumerdès, il semble qu'il soit plus aisé de réaliser une structure de jeunes que d'assurer sa bonne gestion. Cela est constaté dans plusieurs communes de la région où d'importants établissements devant servir de lieu de refuge et d'émancipation pour la frange juvénile locale sont sous-exploités et désertés faute d'activités et d'animation. La plupart ne sont pas bien loties en termes de moyens matériels et humains en mesure d'encadrer les jeunes et de leur prodiguer des formations à la hauteur de leurs aspirations. A Naciria, certains membres d'associations culturelles et scientifiques parlent de négligence, de laisser-aller et de dysfonctionnements tous azimuts qui caractérisent la gestion des structures locales de jeunes. «Nos membres et adhérents se réunissent parfois en plein air pour concrétiser nos programmes d'action, alors que des salles entières au niveau du centre sportif de proximité (CSP) et la maison de jeunes du centre-ville ne sont pas exploitées. Ces deux établissements réalisés à coups de milliards ne sont d'aucune utilité pour les jeunes de notre commune», dénonce Nabil, un membre de l'association Tamussni. Son camarade, Mourad, estime que les responsables en charge de cet établissement sont défaillants, ajoutant que les jeunes ne s'y rendent guère pour développer leur talent. «L'expérience a été vécue par notre association, qui attend avec impatience l'entame de son programme d'action au niveau du CSP après la signature en juin 2016 d'une convention avec l'ODEJ. Cela fait 3 mois qu'on cherche à voir le directeur, en vain. Ce problème nous a énormément démobilisés et empêchés de lancer les nombreux ateliers prévus dans le cadre de ce partenariat», a-t-il dénoncé. Et d'enchaîner : «L'ODEJ s'est engagé à mettre à notre disposition des salles pour lancer des ateliers de théâtre, de musique, de chorale, un club dédié à l'écologie et à l'environnement, mais cela ne s'est pas traduit dans les faits à cause de l'absence du directeur et la négligence flagrante de ses subalternes.» L'association Tamussni devait, selon lui, entamer ses activités au début de ce mois, chose qui s'est avérée impossible vu le mauvais état des salles, le manque de matériel et l'absence de lumière, de chaises et de bureaux. «A présent, il n'y a que les agents de sécurité qui y assurent leur travail convenablement», dira Nabil, désenchanté, soulignant que la structure n'abrite aucune activité. Même constat au niveau de la maison de jeunes Saïd Rahmouni, du chef-lieu, gérée par un simple agent qui, de surcroît, ne vient que pour de brèves visites. La situation n'est pas meilleure au niveau des villages. Les maisons de jeunes des villages Chender, Boumraou et Boudjellal El Ghorf sont fermées sous prétexte du manque d'équipements et d'encadrement. La détresse de la frange juvénile locale est accentuée par les retards enregistrés pour l'ouverture de la bibliothèque communale, dont les travaux ont été lancés en 2007. Le projet de bibliothèque de Boumraou est également bloqué depuis 10 ans.