Tout s'inverse dans le champ politique local et l'esprit même d'élections législatives s'estompe, à ce jour, derrière le « moi ». On ne raisonne pas encore en termes de groupe, de parti ou même de secte, appelé à se conforter pour défendre ses principes et servir sa wilaya et son pays. On affûte plutôt ses ambitions au rythme de ses poches et de son petit patelin. Skikda, en tant que wilaya, n'existe pratiquement pas aux yeux de ses politicards, farouches opposants de l'indivision. Skikda n'est alors qu'un vaste champ d'expériences d'égocentrisme et elle continue, d'élection en élection, de souffrir des mêmes ricochets des nostalgiques de l'assistanat. La scène politique locale s'est reconvertie en une immense arène où tout s'entremêle, tout se marchande et se distille au diapason des appétences personnelles. On trouve de tout à Skikda, où la campagne a largement dévié pour battre son plein dans le propre fief des listes, alors qu'elle devait plutôt opposer ces mêmes listes. Les anciens s'opposent aux nouveaux et vice versa, et on peut même trouver un islamiste en campagne pour les laïcs, un ancien Fissiste qui « s'amourache » des porteurs d'eau à la présidence, des islamistes qui révisent en fin de cycle le cours des choses et de la nature, un pyromane qui crie au feu, un fonctionnaire de la politique qui fait dans le racolage, un pollueur qui donne des cours d'écologie, un vieux qui glorifie la jeunesse algérienne… Ce beau monde s'égosille, à qui veut l'entendre, que le salut de Skikda passera par lui. Les recalés qui en voulaient pourtant, partent à la casse et prédisent déjà un malheureux destin à cette même Skikda. Pourquoi tant de brouhaha ? Pour une seule raison : l'Algérie n'arrive toujours pas à se défaire de ses réflexes « socialistes » et se retrouve encore obligée de faire du social. Et puisqu'elle le fait pour les jeunes, pour les pauvres agriculteurs et pour les petits pêcheurs, pourquoi ne le ferait-elle pas pour les politicards qui, par le truchement de ces élections, auront à bénéficier, en contrepartie de « services rendus » et en jurant de garder le bras toujours levé, d'une véritable promotion sociale ? Quant à Skikda…