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Pouvoir d'achat : ce que les chiffres ne disent pas
Etude du snapap sur le coût du panier des ménages
Publié dans El Watan le 26 - 01 - 2008

Djamal gagne 18 300 DA par mois. Avec la nouvelle grille des salaires, il devrait toucher 26 000 DA. Il ne pourra, malgré ce qui est présenté comme une augmentation, subvenir aux besoins de sa famille, composée de cinq personnes, évalués à 34 000 DA par le Syndicat national des personnels de l'administration publique (SNAPAP). Il est une des victimes de la paupérisation que les statistiques officielles refusent de voir, mais que d'autres symptômes révèlent galopante.
L'Etat nous a mis à genoux. Nous sommes écrasés dans notre propre pays. » Djamal, 50 ans, cadre moyen dans l'administration, a la voix qui tremble. Après trente années au service de l'Etat et toujours payé à moins de 20 000 DA par mois, il s'apprête à partir en retraite. « Et je n'ai toujours pas de logement. Je vais devoir trouver un autre travail pour nourrir mes enfants. » Au bureau, entre collègues, les discussions tournent presque toujours autour du même sujet. Le pouvoir d'achat. « Le problème, c'est qu'il n'existe aucun dispositif donnant des statistiques régulières et fiables sur l'évolution des salaires », relève Mohammed Yazid Boumghar, statisticien économiste au Centre de recherches en économie appliquée pour le développement. A défaut, il faut s'accrocher aux données officielles : 3,5% d'inflation en 2007 contre 2,5% en 2006. Des chiffres qui sont loin de refléter la réalité du quotidien des Algériens.
MARUTI À 9000 DA/MOIS
De cette tranche de la population que l'on pourrait, si on était en Tunisie ou en Syrie, appeler classe moyenne. « Sauf qu'en Algérie, cette classe moyenne n'a jamais existé, nous explique Khadija Mohsen-Finan, chercheuse à l'unité Maghreb/Moyen-Orient de l'Institut français des relations internationales. Ni la Révolution, ni le socialisme, ni les réformes sous Chadli n'ont vraiment généré de classe moyenne. Il y a d'un côté les nantis, de l'autre les marginalisés. Et au milieu, le gros de la population éloigné des prises de décision politique et qui ne bénéficie pas de la redistribution de la rente pétrolière. Celle-là même qui devrait alimenter les budgets de l'éducation, du logement, des soins…, bref, de tout ce qui touche au quotidien de la population. » Au quotidien, une classe « oubliée », qui se paupérise chaque jour davantage. Ce que les chiffres ne disent pas, d'autres paramètres le démontrent. Comme l'invasion des petites voitures. « La Maruti est assez symptomatique de la paupérisation de la société, note Mohammed Yazid Boumghar. Dans un pays disposant de 100 milliards de dollars de réserves et dont l'économie fonctionne correctement, on ne voit pas autant de petites cylindrées. » L'endettement des ménages pour s'acheter une voiture ne fait qu'aggraver la situation financière du foyer. « Nous avons tous autour de nous des exemples de personnes qui ont renoncé aux congés d'été parce qu'ils ont contracté un crédit automobile. Certains n'arrivent même pas à débourser les 9000 DA mensuels pour rembourser leur crédit et sont obligés de travailler clandestinement, poursuit l'économiste. Il n'y a qu'à regarder le soir, dans certains quartiers, dans quelles voitures se trouvent les taxis clandestins. »
karentita pour 17 DA
Autre symptôme visible : le développement des commerces de quartier populaire. Type stocks américains, qui ont depuis quelques années cédé la place aux commerces de vêtements chinois. « Prenez un quartier, celui de l'avenue Didouche Mourad, autrefois habité par les Français et la bourgeoisie algérienne uniquement, ajoute-t-il. A partir de 1992, des commerces typiques des quartiers populaires se sont installés. On a vu les cadres moyens des banques et des assurances déjeuner d'une karentita, c'est-à-dire débourser 17 DA pour manger. Un cadre bien payé prendrait un repas à table ! » La part du budget consacré à l'alimentation peut également être une preuve de la paupérisation de la société. Là encore, aucun chiffre ne permet de le dire, mais les observations de terrain donnent à penser que si on avait le détail de la consommation des ménages sur dix ans, on verrait le budget destiné à l'alimentation augmenter. Le rapport du Programme national de développement des Nations unies relevait en 2006 que les dépenses alimentaires représentaient 58,22% des dépenses globales. « La consommation des ménages s'étudie à partir de cinq postes : l'alimentation, la santé, l'habillement et les loisirs. Quand une classe moyenne se paupérise, deux phénomènes apparaissent. Les extrêmes augmentent : le poste alimentation augmente et celui des loisirs tend à disparaître. » En d'autres termes, quand 15 000 DA ne suffisent pas à alimenter les cinq postes, ils servent à assurer juste le minimum vital. Au détriment de l'habillement, des loisirs, et plus grave, de la santé.


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