Une journée d'étude s'est tenue au sein de la BU pour poser la problématique de la recherche scientifique et de son développement au cours des 50 dernières années. Dans son discours d'ouverture, le conservateur de la Bibliothèque universitaire, Abdellah Abdi, a rappelé qu'au « lendemain de l'indépendance, l'Algérie ne connaissait pas de secteur de recherche, la politique de l'époque donnait la priorité à la formation des enseignants afin d'algérianiser le système éducatif ». En recouvrant sa souveraineté, l'Algérie avait entre les mains une bibliothèque détruite, un taux d'analphabétisme effrayant et quelque 600 tonnes d'archives transférées en France. C'est en 1970 que l'Algérie verra la naissance du ministère de l'Enseignement supérieur. La recherche, elle, ne rejoindra les préoccupations de l'Etat qu'à partir de 1973, selon M. Abdi. Le débat s'est tenu sous un slogan significatif, « pour que la mémoire ne soit pas qu'un simple acte commémoratif : 7 juin 1962 incendie de la BU ». Plusieurs points relatifs au développement de la recherche scientifique en Algérie on été discutés. « L'Etat algérien a mis pour le progrès de la recherche scientifique toute la volonté politique et tous les moyens nécessaires. Cela dit, un problème de compétence humaine et de savoir-faire nous a toujours retardés », affirme M. Réda Berrouk du Cerist. L'incendie de la BU a touché six mille ouvrages. « Seuls 150 ouvrages ont pu être sauvés ce jour-là. Par la suite, un comité national pour la reconstruction de la BU s'est chargé de la reconstitution des fonds, mais certains ouvrages ne peuvent pas être récupérés », affirme M. Abdi. Reconstruire le bâtiment de la BU est plus facile que la reconstitution de son fonds. « Nous avons pu récupérer deux mille ouvrages bien après l'incendie mais quatre mille autres, des manuscrits rares, ont été perdus à tout jamais », se désole-t-il. Réda Oukrine, professeur au département de bibliothéconomie à l'université d'Alger 2, dira : « Nous ressentons une volonté politique pour le progrès de la recherche et nous avons pu remarquer les résultats à travers les années ». En effet, selon les dernières statistiques, neuf mille diplômes de magister et 300 diplômes de doctorat ont été délivrés entre 1962 et 2011. Les chiffres de la quantité sont là, reste la problématique de la qualité.