Mon Dieu que c'était dur et même très dur, de franchir, hier matin, la porte d'entrée du journal El Moudjahid. Cette halte quotidienne, presque obligatoire, qui généralement nous met face au sourire jovial des jeunes journalistes, a pris, en cette matinée brumeuse, l'allure d'un cauchemar. Des visages ravagés par la peine, des yeux ternis par le trop plein de larmes nous laissent déjà présager le pire. Et, puis, la nouvelle tombe telle une lame qui lacère au plus profond de votre être. Fadéla Abba, jeune plume prometteuse, est morte aux premières lueurs de l'aube. L'annonce de sa brutale disparition nous laisse sans voix. Comment donc peut-on mourir de cette manière et à la fleur de l'âge ? Fadéla, celle que l'on appelait (que c'est dur de parler d'elle au passé) Fadéla les travaux publics en raison de sa parfaite maîtrise de ce dossier, a rejoint la vie éternelle. Elle laisse un époux inconsolable, écrasé par le poids de la douleur. Elle laisse aussi des ami(e)s et des collègues abasourdis, sans voix, tentant avec beaucoup de peine à comprendre ce qui arrive. Devant ta mémoire, toi petite sœur dont le bref passage en ce monde a été marqué par ton professionnalisme et ta douceur, je m'incline profondément. Et, je prie Dieu Tout-Puissant de t'accueillir en Son Vaste Paradis