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L'amour et la révolution
Djelfaoui sur les traces d'Anna Gréki
Publié dans Horizons le 06 - 12 - 2016

Mais la nature des épreuves est différente. C'est sur les traces de cette militante communiste qu'est parti Abderrahmane Djelfaoui dans un livre* qui vient de sortir. L'entreprise ne paraissait pas aisée. Une biographie est difficile si l'on ne dispose pas d'un carnet, de lettres et si l'on entretient aucun lien avec la famille du sujet. A tout le moins, une œuvre où l'on peut dénicher quelques indices sur une liaison sentimentale, l'amour parental ou les raisons d'un engagement partisan. De ce point de vue, Anna Gréki a « brouillé les pistes ». Morte très jeune, à l'âge de 35 ans, elle a laissé seulement deux recueils de poésie.
Le plus connu est « Algérie capitale Alger » préfacé par Mostefa Lacheraf paru en 1963 et « Temps forts » édité par Présence africaine à titre posthume. On n'apprendra pas beaucoup de choses sur le parcours scolaire de cette fille, née en 1931, dans le village de Ménéa, au cœur des Aurès où ses parents enseignaient. L'auteur parle très peu de sa relation avec Collo, de sa vie en France après son expulsion.
Il a tenté de contourner l'écueil, du moins pour la partie concernant sa vocation militante et son incarcération pour avoir hébergé des personnes recherchées à Alger, où elle poursuivait des études à l'école des institutrices du boulevard des Martyrs, en s'appuyant sur les témoignages directs de ses campagnes de détention à la prison de Serkadji, comme Claudine Lacascade ou Louisette Ighilahriz. Anna Gréki, arrêtée et torturée, fut internée du printemps 1957 à décembre 1958, mois au cours duquel elle sera expulsée d'Algérie. Ses vers tantôt âpres tantôt doux sont nés derrière les remparts de Serkadji.
Une génération flamboyante
L'ouvrage est traversé par son amour pour Sid Ahmed Inal, un militant du PCA qui quitte en 1956 Paris où il se sont connus et aimés pour revenir dans sa ville natale, Tlemcen. Il tombe en martyr dans la région de Remchi en octobre de cette année-là. « Amour inoubliable, jamais guéri.
Meurent les fusils et les hommes
Meure le soir touffu d'horreurs
Meurent la guerre et la paix
Et le courage et la fatigue
Meurent la mémoire et l'oubli
Tu es vivant plus que vivant
Présent... (Tu es présent en Algérie capitale Alger)
Au-delà de cette passion scandée par des vers mêlant amour et désir de liberté et de justice, Djelfaoui s'attarde sur la grande histoire, ces terribles années où la torture fut pratiquée à grande échelle. Il nous introduit dans les sinistres villa Sesini et la prison de Serkadji, ces « palais des monstres ». Il décrit l'atmosphère d'Alger sous la botte des parachutistes.
Relisons ces vers
« Tendre comme une femme qui soigne
des fleurs
Tu dis à douce voix des mots accusateurs
Ces balles que tu as dû leur tirer au cœur
Pour que vive ce pays qui sait son honneur... »
La vie d'Anna Gréki qu'avait connue Kateb Yacine, Sadek Hadjerès, Mohamed Harbi, Djamel Amrani et Nassima Hablal se trouve mêlée à celle d'une génération dont l'auteur tente de restituer la flamboyance. Le livre n'évoque pas la vie d'Anna Gréki après 1962, où elle enseignera au lycée Emir-Abdelkader jusqu'à sa mort. « J'y étais scolarisée à la même époque, mais je ne me souviens pas l'avoir rencontrée ou connue », dit Djelfaoui. Un autre de ses élèves, le romancier Djamel Mati. Des années plus tard se rappelle « cette charmante dame comme d'un rêve éphémère » (p.185). Le lecteur reste un peu sur sa faim, mais l'auteur promet de revenir sur cette brève existence dans l'Algérie indépendante où elle a continué de semer ses vers.
R. Hammoudi
* Anna Gréki, « Les Mots d'amour, les mots de guerre », Casbah Editions,


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