L'ouvrage de 184 pages, est une fiction basée sur la réalité. L'auteur relate le parcours d'un comédien ; Hamid Maroufa, connu sous le pseudonyme de Farid Fousi, de son vécu d'artiste. Il vit une histoire d'amour avec Rosa, une critique de théâtre. Ce même roman est ponctué par une série d'étapes, d'escales dans la trame même du roman. C'est en fait, Rosa, qui l'incite à lui raconter comment on doit s'inspirer et pour camper divers rôles (dealer, corrompu...). Lui même finit par sombrer dans le délire. Hamid se confond bien souvent avec le comédien. Et parfois, il n'arrive pas à dissocier le personnage de l'homme. Dans cette trame, on rentre dans un univers, avec des questionnements philosophiques, psychanalytiques, traitant de la morale, et de l'éthique. Ce livre évoque, d'une manière « magistrale » la condition d'un artiste, de l'univers du théâtre à travers des personnages, et notamment des coulisses d'un théâtre. Ici, l'auteur passe « aisément » de l'écriture journalistique à l'écriture romanesque. Dans son livre, Nadjib Stambouli a mis à nu les problèmes vécus par notre société, avec une touche d'espoir. Ce roman nous renvoie aux multiples problèmes de notre société, notamment les passe-droits, la corruption et autre vicissitudes de la vie. Cette fiction met en scène des personnes très différentes par leurs personnalités et comportements. Interrogé autour de la nécessité de la névrose à la création artistique, l'auteur répond : « Non pas forcément. Je citerai l'exemple de Hassan El Hassani qui n'a jamais était touché par la névrose. Ce personnage principal du roman romantique est vulnérable. Il voit sa vie non conforme à ses aspirations, pour fuir cette réalité trouve refuge dans ses délires pour vivre des moments de bonheur pour ne pas sombrer dans la folie. » Dans un autre contexte, il poursuit en expliquant l'idée de l'écriture de ce roman. « C'est mon éditeur, responsable au sein des éditons Casbah, Mouloud Achour, qui m'avait relancé sur l'écriture d'un roman. Je me suis exécuté. En réalité, le roman, on le porte en soi pendant des années voire des décennies. On cherche à écrire et je craignais, pendant très longtemps, l'écriture d'un roman qui nécessite une histoire bien construite, avec une trame littéraire bien balisée. » Il poursuit : « Et finalement, j'ai pu l'écrire d'une manière rapide et spontanée, grâce à ma profession de journaliste qui a injecté une nature de rapidité dans l'écrit. Quant au style, déjà en tant que journaliste, ma pratique ne faisait pas trop de différence entre l'écrivant et l'écrivain, parce que j'ai eu le bonheur d'appartenir à une école, celle d'Algérie Actualités. Et on ne sort pas impunément, en sens positif, d'une telle expérience. On se faisait lire des articles des uns et des autres avec Djaout, Djaad...On a travaillé dans la même rubrique. C'était la rubrique culturelle qui s'est distinguée par la qualité de l'écrit. Ainsi, le passage de journaliste à celui d'écrivain, je l'ai fait de la façon la plus naturelle qu'elle soit. » Dans un style élaboré alliant registre journalistique et littéraire, l'auteur s'attarde sur le vécu de ces personnages, un aspect qui devient le fil conducteur de son premier roman. Né en 1953, Nadjib Stambouli a totalisé une expérience d'une quarantaine d'années d'exercice dans les rubriques culturelles de nombreux titres de la presse nationale. Il a à son actif des œuvres comme « Impact » ou encore « Ma piste aux étoiles ». En tout cas, ce livre mérite amplement une adaptation théâtrale ou cinématographique, au profit du public. La preuve, Sid Ali Sakhri, consultant à l'Anep, témoigne avec fierté : « En réalité, Nadjib Stambouli a réussi son premier roman. » Bravo l'artiste ! Samira Sidhoum « Le Comédien » de Nadjib Stambouli. Roman, 184 pages. Casbah éditions, Alger, septembre 2016. Prix : 800 DA.