Il n'y a pas meilleur hommage rendu à un des piliers de la comédie satirique algérienne, le regretté Rouiched que de lui dédier un travail. A l'occasion du onzième anniversaire de la disparition de cet artiste, l'association culturelle et artistique «Les amis de Rouiched» a dernièrement organisé une conférence de presse à son nouveau siège, 7 rue Zouaoua, Dely Brahim. En l'absence de la présidente de cette association, Fatiha Berber pour des besoins professionnels en France, c'est Mustapha Ayad, fils du célèbre comédien Ahmed Ayad, connu sous le nom de Rouiched qui a animé cette rencontre. Il a abordé aux côtés des autres membres de cette association, le programme artistique 2010/2011 et le lancement du site électronique de cette association. Il s'agit de la création de deux nouvelles pièces de théâtre. La première s'intitule «La Casbah enchantée». Ecrite par Brahim Chergui, cette production traite du patrimoine culturel immatériel, «des choses que l'on a perdu aujourd'hui», regrette Mustapha Ayad. Une sorte d'hommage à cette cité millénaire, un des joyaux de la culture algérienne. Quant à la seconde pièce de théâtre qui porte le titre de «Au secours», elle est mise en scène par le comédien Zahir Bouzrar, dans laquelle les faits gravitent autour du phénomène social «El Harraga», l'émigration clandestine. La générale de cette pièce est programmée pour la date du 21 avril prochain, date anniversaire de Rouiched. Pour l'ensemble des membres de cette association, «Rouiched est l'un des rares hommes de théâtre qui ont tenté de mettre cet art au diapason des mutations socio-culturelles et intellectuelles du pays». Notons que cette association ambitionne de participer avec ces deux créations à la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011». Créée en 2003, l'association «Les amis de Rouiched», dont l'objectif majeur vise à sauvegarder le vaste patrimoine de l'œuvre de Rouiched, en faisant connaitre ses créations au large public, les jeunes notamment, en les encourageant avec la mise en place du prix «Rouiched» récompensant le meilleur texte, mise scène et interprétation théâtre de l'année. Rouiched, est né en 1921 à Alger et doit, pour survivre, faire mille et un petits métiers. Ses prédispositions artistiques vont lui ouvrir, très jeune, les portes du 4e art où il acquit une grande expérience grâce, dans laquelle il se fait un nom qui va l'aider à camper les meilleurs rôles dans le cinéma. Son premier rôle, en tant que comédien, il le joue dans une pièce d'Abdelhamid Ababsa, intitulée «Estardjaâ ya âassi» (Reviens à toi, inconscient), a fait un «tabac» auprès du public de l'époque qui l'encourage à se lancer dans cette profession. De sa riche filmographie, les cinéphiles algériens retiendront, entre autres fictions interprétées par le comédien, «L'opium et le bâton» (1971), «L'évasion de Hassan Terro» (1974), «Hassan Niya» (1989) et «Ombres blanches», sorti sur les écrans en 1991.