Histoire n A l'époque des Turcs, un caïd s'y rendait régulièrement pour percevoir l'impôt sur la production (de figues, de l'huile d'olive, etc.) Ath L'kaïd, situé dans la commune d'Agouni Gueghrane, dans la daïra des Ouadhias, à 43 kilomètres à l'extrême-sud de la wilaya de Tizi Ouzou et à 617 m d'altitude, est l'un des rares anciens villages traditionnels de la Kabylie qui a échappé à la transformation et à l'abandon. Mais depuis quelques années, ses habitants en quête de plus de commodités ont commencé à le quitter en construisant dans la plaine au lieu dit Azaghar abandonnant leurs vieilles maisons qui sont un témoignage de l'ancienne architecture de la maison kabyle. Actuellement, seulement 6 familles continuent d'y vivre et beaucoup de maisons se sont écroulées. La direction de la culture avait introduit un dossier pour son classement en 2007. En tant que patrimoine culturel national, il devait être pris en charge dans un programme de sauvegarde et de restauration. En attendant l'engagement des travaux, de petites opérations peuvent être entreprises grâce à un fond pour les travaux d'urgence qui peut dégager des enveloppes allant de 100 à 300 millions de centimes. Lors de sa dernière session en mars, l'APW de Tizi Ouzou a voté une délibération (n°53), portant «création et délimitation du secteur sauvegardé du village d'Ath L'kaïd», et ce, afin de «permettre aux services du ministère de la Culture l'établissement d'un plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur du village d'Ath L'kaïd», une bonne nouvelle pour les villageois qui tiennent à leur village et ne veulent pas le quitter en dépit de certaines contraintes. Pour ce qui est de l'histoire de la création du village, les habitants racontent que leurs aïeux vivaient dans la plaine en contrebas du hameau au lieu-dit Vouriyache. A l'époque des Turcs, un caïd s'y rendait régulièrement pour percevoir l'impôt sur la production (de figues, d'huile d'olives…). Or, la région a, une fois, connu une période de disette à cause de la sécheresse. Les récoltes suffisaient à peine à nourrir les villageois pour tenir jusqu'à l'année d'après. Face aux harcèlements du caïd, les villageois ont décidé de se révolter et ont tué ce dernier lorsqu'il est revenu prélever l'impôt et c'est de là qu'est venue l'appellation d'Ath L'kaïd (ceux qui ont tué le caïd). Craignant la vengeance de l'administration de l'époque, les familles ont fui leur village et se sont installées sur une crête où ils ont construit leurs maisons adossées au rocher. Pour se protéger de l'ennemi et des voleurs, les concepteurs du village ont prévu un seul accès au hameau qui sert aussi de place du village. Toutes les entrées et sorties sont ainsi contrôlées. Pendant le colonialisme français, un poste avancé a été installé dans une école coranique du village qui surplombe la région. Le village d'Ath L'kaïd, pour peu qu'il soit pris en charge, peut jouer un rôle important dans la promotion du tourisme dans la commune d'Agouni Gueghrane et de toute la région. D. M.