Un soir qu'il était fatigué d'avoir réconforté tout le monde à chaque instant du jour, le petit lutin vint s'installer devant son écran magique. Tout doucement, la vie s'y anima et il y vit passer des gens tous différents et puis, parmi eux, un ours ! Sans doute l'ours fut étonné de croiser un lutin ! Gentillon, le lutin, décida de l'appeler Berlin : il paraît que cela signifie «petit ours» et pourtant, il était immense ! Berlin engagea une conversation avec Gentillon et le lutin oublia sa fatigue. L'écran s'anima, et le lutin qui savait regarder plutôt que voir et écouter sans juger, vit vivre Berlin. Berlin était un papa ours. Il était grand, mais si grand alors que le lutin était petit, mais si petit ! Papa ours vivait au milieu d'une tribu formée d'une maman ourse et de 3 oursons. C'était une drôle de famille : le papa y faisait presque tout ! Dans ce monde, le papa n'avait plus de travail et était ennuyé. La maman, elle, était souvent par monts et par vaux. Elle aimait mieux aller chez ses amis ours boire un café (sucré au miel… bien sûr !) ou aller à la pêche, comme tous les ours. Pour que la tanière soit agréable à vivre, alors le papa ours enfilait le tablier que maman avait laissé traîner et faisait son possible pour lui redonner un air de bonheur de vivre. Parmi les petits ours, il y avait une jeune oursonne. Elle était amoureuse mais chut… c'était son secret et ça la rendait plus jolie chaque jour ! Puis deux ours, plus petits, deux oursons encore joueurs et avec qui papa ours n'hésitait pas à entamer de longues séances de jeux, des bagarres mémorables, à coups de pattes d'ours petites et grandes, mêlées d'éclats de rire. Mais que venait faire le lutin dans une famille ours ? Pourquoi Berlin, le papa ours l'avait-il interpellé ? Il devait être heureux et pourtant comme son regard était triste ! Gentillon alors lui prêta une oreille attentive et discrète et là.. il découvrit la vraie vie de papa ours. Quand le petit lutin scrutait son écran, il y voyait en effet un papa ours aussi las qu'il était grand. Il voyait Berlin seul, chez lui, assis à attendre. A attendre quoi ? Qui ? Le temps lui glissait entre les pattes, inutilement. Alors, Gentillon vint doucement lui glisser à l'oreille : — Dis, gentil ours, sais-tu que si tu ouvres la fenêtre de ta vie, tu verras le monde ? Tu sais Berlin, il te faut sortir doucement de ton hibernation. Pousse les rochers qui t'isolent de la vie, de la vraie vie. (à suivre...)