Moyens - 120 000 personnes sont mobilisées pour mener à bien l'opération de nettoyage des villes. Le Centre d'enfouissement technique (CET) d'Ouled Fayet sera définitivement fermé en 2013. Les pouvoirs publics semblent avoir réduit volontairement la durée de vie de cette décharge pour mauvaise gestion. C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre Tahar Tolba, directeur de la politique environnementale et urbaine au ministre de l'Environnement ce lundi matin sur les ondes de la chaîne III. «Ce centre a une durée de vie et puis l'enfouissement est une option dans la mesure où elle constitue une technologie plus ou moins maîtrisée par l'opérateur de gestion de déchets au niveau d'Alger», a-t-il déclaré tout en précisant que la date de sa fermeture dépend de la mise en place du Centre d'enfouissement technique de Hamissi. Mais une chose est sûre : «La décharge d'Ouled Fayet sera fermée en 2013. L'étude est terminée et le choix de l'entreprise pour la réhabilitation de cet espace a été fait», a-t-il affirmé. La décharge d'Oued Semmar qui, est devenu de plus en plus un danger pour son environnement, est, quant à elle, fermée depuis le 5 juin dernier. Cet espace de 40 hectares passé à 204 hectares depuis sa fermeture, devrait se transformer dans les prochaines années en parc d'attractions. «C'est une compensation pour la population qui a subi les affres de la décharge durant les années 80 - 90», a tenu à souligner Tahar Tolba. C'est aussi une manière, dit-il, «de restituer un milieu sain de villégiature et de distraction pour les enfants». Par ailleurs, pour venir à bout des déchets ménagers non récupérés, les autorités comptent déployer les grands moyens. On parle notamment de l'acquisition d'incinérateurs d'une grande capacité à hauteur de 150 à 200 millions d'euros. Dans ce cadre, on estime la quantité de déchets relevés depuis le lancement de l'opération de nettoiement par le département d'Amara Benyounes à un million de tonnes. Le nettoyage des villes n'est, toutefois, pas «une campagne, mais une opération menée grandement par le ministère de l'Environnement», insiste M. Tolba. «Environ 120 000 personnes sont mobilisées pour mener à bien cette nouvelle politique dont les walis et les directeurs de l'environnement», a indiqué M. Tolba avant de préciser qu'à moyen et à long termes «il y a un travail de réflexion qui est mené au niveau de notre ministère». Ce travail vise à installer des structures pérennes et de réhabiliter le service public, selon lui. Une réhabilitation qui devrait passer par «une autonomie pour les services chargés de la gestion des déchets et la budgétisation du coût de cette gestion». Cette mission est «aujourd'hui confiée au parc communal qui est généralement coiffé par un mécanicien», déplore-t-il mettant en cause dans ce sillage les présidents d'APC auxquels incombe la responsabilité de prendre des arrêtés de fixation de lieux et d'horaires de ramassages des ordures ménagères, ainsi que l'installation d'un service de communication. Ce dernier se doit d'être «le vis-à-vis des collectivités locales, du service nettoyant et de la population», conclut M. Tolba. 2 milliards de dinars en fumée Deux milliards de dinars partent en fumée chaque année faute de récupération de certains déchets. Le recyclage et la revalorisation des déchets demeurent aujourd'hui otage d'un système de tri à la source. L'Algérie produit annuellement l'équivalent de 10 millions de tonnes de déchets ménagers. Ce chiffre est appelé à s'accroître d'ici à 2020, puisque les spécialistes prévoient une production de 17 millions de tonnes. Il existe aujourd'hui 120 centres d'enfouissement technique qui sont en chantier dont 60 sont pratiquement achevés, alors que 54 autres sont en exploitation au niveau national. Ces derniers peignent à résorber toute cette quantité de déchets produits par les ménages d'autant plus que leur durée de vie reste très limitée. Mais, selon le représentant du ministère de l'Environnement, «si on introduit les techniques de récupération leur durée de vie sera plus longue». A l'heure actuelle, le pays ne récupère que 2 % des déchets valorisables. Pourtant, ces derniers pourraient constituer une ressource complémentaire aux collectivités locales. M. Tolba citera à titre d'exemple la déchetterie de Blida qui a récupéré 430 tonnes de plastique en 2011. L'autre problème qui se pose à cette option de récupération est l'absence de transformateurs. Le ministère de l'Environnement par la voix de son responsable de politique environnementale et urbaine, assure encourager les investisseurs intéressés par la transformation des déchets. Pour les ménages, «un investissement dans la communication et dans la sensibilisation s'impose pour le changement de comportement».